Lebarq, VI, p
Voici encore, dans les Méditations cette fois, certains principes qu'on ne pardonnera pas non plus à M. de Cambrai.
C'est un transport de l'âme qui sort d'elle-même tout entière pour s'unir à Dieu... qui ne s'aime que pour Dieu. Il faut s'aimer soi-même pour Dieu et non pas Dieu pour soi. S'il fallait pour plaire à Dieu s'anéantir^ et qu'on sût que ce sacrifice lui fut agréable, il faudrait le lui offrir sans hésiter'.
S'anéantir ! Mais si chacun de nos actes tend fatalement, consciemment à notre propre bien, comment consentira cette « supposition impossible »? On distingue, on interprète, je le sais bien, mais pourquoi ne pas permettre à Fénelon d'interpréter à son tour?
(L'âme) ravie de la perfection infinie de Dieu ne s'estime heureuse que parce qu'elle sait que Dieu est heureux et qu'il ne peut jamais cesser de l'être : ce qui fait que le sujet de son bonheur ne peut non plus jamais cesser. Voilà sa vie, voilà sa nature, voilà le fond de son être-!
Je veux bien certes, puisque je crois en Fénelon. Mais vous, Bossuet, que venez-vous d'écrire ? « Le fond de son être » ! Mais alors vous changez l'enfer en un paradis. Les damnés sauront bien, je pense, que « Dieu est heureux et qu'il ne peut jamais cesser j de l'être. »
Là, dans Famour de Jésus, on conçoit un amour infini pour! toutes les âmes et on ne veut penser a la sienne que par l'amour sans bornes que l'on désire d'avoir pour toutes enj général et pour chacune en particulier. 0 Jésus, par la soif ; ardente que vous avez eue sur la croix, donnez-moi d'avoir soif de toutes les âmes et de n'estimer la mienne que par la sainte obhgation qui m'est donnée de n'en négliger aucune 3.