‹ Apologie pour FénelonChapitre 36 sur 250 · Ibid.,p · texte numérisé non relu

Ibid.,p

, 2. Vie de Nicole (à la fm des Essais de morale, t. II, pp. 74, 75). ICe petit livre est fort instructif.

'- 3. M. Griselle a bien voulu me communiquer la copie qu'il a

ifaite de cette précieuse correspondance. Cet érudit auquel j'ai tant

'""très obligations du même genre, se propose de publier le texte

ouvelles dans les prochains numéros de la revue Documents

loire.

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linosiste, c'est-à-dire quiétiste dans les moelles. Laissons le Père Vautier et, pour l'instant, Tadmirable Père Guilloré que nous retrouverons en son lieu. Il nous suffit de voir se dessiner^ sur ces deux exemples, l'orientation de la campagne. De 1679 à 1688, on pourrait, je crois, sans beaucoup de peine, remplir l'entre-deux.

Lorsque éclate bientôt la grande guerre, si les forces de Port-Royal, soit en France, soit à Rome, se massent autour de Bossuet, ce n'est pas, me semblet-il, par suite d'une prévention hostile contre la personne de Fénelon *. On répète, quoique toujours sans ombre de preuve, que celui-ci fut d'abord en coquetterie avec Port-Royal. Quand on saura tout, ne dira-ton pas le contraire et que le jansénisme a patiemment cherché à s'inféoder un per-

1. J'ai déjà dit quelque chose du concours efficace que les jan sénistes, campés à Rome, prêtèrent à l'abbé Bossuet. Pour Bossue lui-même, qu'il me suffise de rappeler ses relations étroites avec Nicole. Il y a là une jolie question qu'on ne pose pas assez souvent Nicole est-il le théologien ordinaire de M. deMeaux, ou M. de Meaux le secrétaire lyrique de Nicole ? Si vous criez au scandale, c'es que vous ignorez le prestige qu'exerçait alors l'auteur des Essai de morale. La postérité remet tout en place, mais il reste vrai qu* dans plusieurs des campagnes théologiques auxquelles il prit part Bossuet n'a combattu qu'au second rang. Pour ce qui est à\ quiétisme, M. de Meaux doit beaucoup à Nicole. L'instruction sur les états d'oraison semble bien n'être, en plusieurs endroits qu'une magnifique paraphrase de la Réfutation des principale erreurs du quiétisme. Ce livre paru en 1695, c'est Bossuet qui 1'. fait presque de force, écrire au vieux et timide Nicole qui sentai sa fin prochaine (f 16 novembre 1695) et n'avait jamais aimé le contestations. C'est donc pendant qu'ilexaminait àMeauxM"" Guyoj que Bossuet pressait Nicole de réfuter les nouveaux mystiques M"« Guyon est en effet restée à Meaux pendant les six premierj mois de 1695. Ce rapprochement a son importance. Cf. Vie d\ Nicole, II, 204-206. On voit comme tout se tient Je reviendrai pluj tard à cette comparaison entre la doctrine mystique de Nicole ej celle de Bossuet. |i

soFinage dont l'étoile paraissait alors si brillante? N est-co pas Jà d'ailleurs la politique ordinaire du jKirli? Combien d'hommes marquants n'a-t-il pas t'ssayé de gagner et de compromettre par ses h manges? Le récent biographe de Pavillon, qui ne \oil guère que parleurs yeux, avoue pourtant sans ambages cette misère et l'étalé par le menu. Qui n'était pas contre eux était avec eux. Après tout, c'est (It' bonne guerre. Ils furent sans doute un peu déçus de voir Tabbé de Fénelon élevé à un poste qu'ils ambitionnaient pour eux-mêmes. Mais le mal se tournait en bien si le précepteur du duc de Bôur- ^ne consentait à se déclarer contre Molina et pour Il grâce « par elle-même ». Personne alors ne pouvait môme prévoir la célèbre ordonnance en forme de dialogue contre le jansénisme et l'ardente résistance que le futur archevêque de Cambrai opposerait pendant vingt ans aux progrès de l'hérésie. Bien au contraire, on se flattait de le convertir pour de bon. Je n'invente rien. Nous avons les lettres qu'il reçut du père Gerberon, soit avant soit après la condamnation des Maximes.

L'n inconnu — est-il dit dans la première de ces lettres — prend la liberté de dire à Votre Grandeur qu'il a lu avec plaisir ce qu'elle a écrit pour la défense du pur amour, et qu'il ne comprend pas que M. de Meaux demeure entêté d'une maxime aussi peu vraie et aussi peu chrétienne que celle qui veut qu'on ne puisse aimer Dieu pour Dieu seul ^

On lui abandonne ainsi Bossuet, on approuve la doctrine mystique des Maximes, mais, en retour, on supplie Fénelon de venir « aux principes du docteur

delà grâce », ot « de ceux qui ont soutenu sa doctrine », lisez, de Jansénius. Au lendemain du Bref d'Innocent XII, le môme correspondant anonymei essaie de tranquilliser le prélat.

Quelque victoire qu'en chantent les adversaires... l'on peut remarquer et dire qu'on n'y condamne point (dans le Bref] les sentiments de M. de Cambrai.

Suivent quelques conseils sur Tacceptation du Bref par le parlement.

Quand on voulut faire recevoir un Bref d'Innocent Xen 1655, contre les jansénistes, M. Bignon s'y opposa, et l'empêcha, pour une raison moins considérable ^.

A Dieu ne plaise que je suspecte la sincérité de Gerberon ! Il ne faut pas chercher malice ou hypocrisie dans tout ce qu'écrit un janséniste et je crois plutôt que ces deux lettres sont d*un admirateur et d'un ami. Mais enfin de tels documents ont une signification qui n'échappe à personne. Si Fénelon avait donné à Port-Royal les gages qu'on attendait de lui, si au lieu d'accepter les services de la Compagnie de Jésus, il avait rompu avec elle, me trompé-je en estimant que Port-Royal aurait tout mis en œuvre pour le sauver?

Ce sauvetage était si facile. Rome ne demandait certainement qu'à ménager le plus possible un prélat qu'elle aimait avec tendresse et de qui elle espérait tant. Il suffisait d'apaiser M. deMeaux. Mais, persuadé parles « disciples de saint Augustin », celuici aurait-il refusé d'ouvrir les bras à l'enfant pro-

i. F., IX, p. 133.

diL;iie, encore un peu trop entêté de Molinos peutôlre, mais si décidé contre Molina?

Force m'est bien d'arrêter là ces indications trop générales. Une équipe de docteurs ès-lettres et de juges d'instruction n'épuiserait pas Tétude infinie de ces trois complots. Pour moi, je n'ai voulu que rendre confusément sensible au lecteur l'atmospbère d'intrigues passionnées dans laquelle va se dérouler la querelle du quiétisme. Ce décor posé, nous pouvons aborder le drame lui-même. Un événement capital, la soudaine faveur de M""' Guyon auprès de Fénelon et de M""' de Maintenon (1689-1690) va surexciter, par l'espoir d'une facile victoire, les forces obscures que nous avons vu fermenter dans l'ombre, fondre ces divers complots en un seul, tendre ces énergies impatientes vers un même assaut.

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