Aïo^en cowi, ch. xii, édition de Cologne (172tt), p
•2. lettres nouvelles et inéiiles de la princesse palatine (RoUand), p. 314. La lettre est de 17H. La princesse n'avait pas revu Fénelon depuis quinze ans. On dirait qu'elle le voit encore.
Ainsi des autres. Daillours ils ont leurs affaires. L'éducation des princes n'a pas souffert de cette révolution intérieure. Fénelon continue ses fables et ses dialogues, Beauvilliers ses remontrances plus froides. On s'appliquait dès le début, on s'applique plus encore à préparer à la France un roi digne de saint Louis. Ob ! sans grand espoir de régner un jour avec et par lui. Il est si petit encore. A peine buit ans, lors({ue l'affaire commence. Laissez donc mourir Louis XIY et avec lui disparaître M""" de Maintenon ; laissez vivre et mourir le grand daupbin. Quand le duc de Bourgogne sera roi, la bande intrigante aura rejoint les neiges d'antan.
J'ai fixé, en deux mots, tout le ridicule et tout le sinistre de ces francs-maçons du pur amour ; tout leur crime aussi. Non pourtant. Ils ont commis une lourde faute. Je Favoue en rougissant, puisque j'ai promis de tout dire. Faute impardonnable, irréparable et d'oii est venu tout le mal : ils ont dit leurs secrets, ils ont ouvert leur salon mystique à M""" de Maintenon.
C'est en effet avec M"*" de Maintenon que les trois complots unifiés sortent du souterrain oii nous avons vu qu'ils se trament ; alliée malgré elle, dupe et victime des conspirateurs anonymes, c'est à celte femme que revient la douteuse gloire d'avoir donné le branle au drame qui nous occupe; c'est elle enfin qui a déchaîné M. de Meaux contre M"' Guyon et Fénelon, deux chers amis de la veille qu'elle avait portés jusqu'aux nues, mais dont elle avait assez et dontramitié,pourvingtraisons, bonnes it mauvaises, commençait à lui faire peur.
t)8 APOLOGIE POUR FÉNELON
L'heure est trop solennelle pour que j'écoute ma fantaisie. Je n'invente donc rien. En attendant plus de lumière, voici deux textes qui nous suffiront.
Cette princesse du reportage — la seconde Palatine qui, plus sage que les bossuétistes, n'a jamais cru qu'il fûtnécessaire de décrier Fénelon pour rendre justice à Bossuet — «je suis, disait-elle, avec M. de Cambrai et M. de Meaux, comme les enfants qui aimeni papa et maman : je les estime beaucoup tous lei deux \ » — la Palatine, témoin auriculaire des em* portements de M. de Meaux, pendant la querella du quiétisme, nous a dit, en termes exprès, à qui revenait la responsabilité de cette violence :
M. de Meaux, dans la conversation familière, n'est ni fâcheux ni ennuyeux: il n'ajamais fait non plus de mal àpersonne etsi la vieille... (je n'ose pas transcrire ce brutal baragouin) ne voulait pas qu'il persécutât (M. de Cambrai), il Taurait laissé bien tranquille -.
Elle y revient, longtemps après la bataille.
M. de Meaux n'a fait contre l'archevêque de Cambrai que ce qu'on lui avait commandé II est donc excusable 3.
Négligeons les épitbètes et la morale. La princesse ne mérite pas créance quand elle attribue une intention quelconque à sa mortelle ennemie. Seul, le fait importe et ce fait, Bossuet lui-même le reconnaît.
M. de Meaux nous a dit — raconte Ledieu — que l'intention première de madame de Maintenon fut de sauver M. de Cambrai, en le faisant revenir de ses erreurs et de ses préventions pour madame Guyon ; c'est de quoi elle chargea d'abord M. d(