îbid., p. 246 (lettre du 15 avril
Meaux qui dans ce dessein travailla à cette affaire dans un secret impénétrable depuis le mois de septembre 1693 qu'il en fut cliargé seul jusqu'(aux conférences d'issy)... Dès lors fût-il (Fénelon, en 1696) tout à fait abandonné de madame de Maintenon qui recommanda nommément à M. de Meaux de tourner tout son travail à la réfutation de ce nouveau quiétisme ♦.
Voilà le grand secret de M. de Meaux, dont il parle constamment dans ses écrits polémiques. Madame de Maintenon veut, ou croit vouloir désabuser Fénelon. Elle confie cette mission à M. de Meaux. Fénelon irrite madame de Maintenon en restant fidèle à madame Guyon. Madame de Maintenon charge M. de Meaux de le poursuivre. Tel est le fait précis, indiscutable, gros de conséquences et qu'il s'agit de commenter.
Que s'est-il donc passé ? Pendant plus de deux ans, elle a tenu la doctrine de madame Guyon pour excellente et sa personne, pour sainte. Hier encore, l'abbé de Fénelon, son ami à elle aussi, son conseiller, presque son. directeur, lui paraissait sage entre les sages. Quelle révélation lui a-t-elle soudain dessillé les yeux? On peut répondre à cette question.
Rappelons-nous d'abord que, en 1693, on pouvait avoir encore des doutes sur la conversion définitive de Louis XIV. Aussi pieuse que belle. M""" de Maintenon lui avait fait aimer la dévotion. Ils avaient lu tous deux, avec une componction appliquée, les livres de saint François de Sales et môme — queM. de Meaux leur pardonne ! — les manuscrits de l'abbé de Fénelon. Mais le roi s'ennuyait vite de tout. Saluons en passant l'épouse inquiète, inlassable, la nurse