CROIRE A UN ENSEMBLE DE DESSEINS CONCERTÉS CONTRE LUI
et qui, par suite, achève de le décider à la bataille.
1. Kevue Bossuet (25 juin 1906, p. 205). Il faut lire attentivement cet article, sans omettre aucune des notes, fauteur ayant, je crois, travaillé presque aussi efficacement que Bossuet à la défense de Fénelon.
Je n'invente rien qu'une ou deux images. Si l'en-
nble de l'édifice vous paraît médiocre et bas, ne \ Kis en prenez qu'à Fénelon. Monomane de perse-
il ion, jaloux, entête, ambitieux et faux, laissons-le
urir à sa perte.
iNous disons, nous, que nos trois mots : la campagne continue, renversent le fragile monument que l'on a bâti sur ces analyses rudimentaires. Pas de faits nouveaux. La campagne continue. Pas de période critique non plus; il y a bien quelques petites crises partielles que l'on ne pouvait pas prévoir et qui accéléreront la catastrophe, mais qui prises en elles-mêmes ne rendraient pas raison de ce qui va se passer. Au demeurant, c'est toujours la même histoire que nous avons déjà dite, la même conspiration de forces obscures dirigées contre Fénelon et ses amis, le même torrent implacable que la digue imperceptible des conférences d'Issy n'a pas retenu un seul instant. Mystère sans doute, mais auquel nous avons eu le temps de nous faire. Nous ne savons ni le nom de tous les conspirateurs, ni Tobjet précis qu'ils poursuivent, ni même l'exacte nature de l'accord, consenti ou non, qui s'est étabU entre eux. Mais nous connaissons plusieurs de ces personnages. Inspectons le champ de bataille. Nous les retrouverons chacun à leur poste et plus ardents que jamais.
Les politiques d'abord. Après comme avant les conférences d'Issy, on les entend causer à voix basse, dans les galeries de Versailles, sur le danger qui menace l'àme des jeunes princes, livrée à un groupe de quiétistes. La plupart des textes que j'ai donnés
\2H APOLOGIE POUR FKNKLON
il ce sujet ont été écrits précisément pendant la période dite critique, c'est-à-dire, après les conférences d'Issy — dont je vous jure que les courtisans ne se sont guère inquiétés ; — avant la rupture.
Poussons jusqu'aux retraites de Port-Royal où j'ai déjà dit qu'une partie au moins du complot a dû se tramer. iNolre bon ami Nicole agonise. Il mourra en pleine période critique (16 novembre 1695), Diei lui ayant fait la grâce de le retirer du monde « avan| la publication du livre de M. de Cambrai ^ ». Mail quelques semaines avant de mourir, il aura faij paraître sa réfutation des quiétistes. Il n'y a pi de mal à cela. Plusieurs prélats ayant condamnl M""' Guyon, Nicole pouvait bien lui jeter sa petil pierre. Il Ta fait, je crois, pour un saint motif; mais non sans espérer qu'un peu de la honte du quiélisme rejaillirait sur les jésuites. Son livre, du reste, c'est Bossuet qui le lui a fait écrire, et, chose signilicative, au moment même oii le prélat examinait de son côté IVP* Guyon (premiers mois de 1695) et arrivait laborieusement à reconnaître les bonnes intentions de cette femme. Il n'est pas inutile de se rappeler qu'à cette date M. de Meaux allait de temps en temps prendre l'air de Port-Royal. Vers ce môme temps, Tabbé Boileau — il touche au parti et la sœur Rose le tient — continue à déblatérer sur le compte M'"® de Guyon, Bossuet lui-même constate et déplore ces outrances.
Je vois, dans certaines gens, et je vous nomme sans hésiter M. B., un grand zèle, mais faux et une très grande ignorance de la matière 2.