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LA CAMPAGNi: CONTINUE 131
que imprudence de ce genre, soyez bien sûr qu'on nous l'aurait dit. Reste M""" de Maintenon et les conspirateurs anonymes, ceux-ci travaillant dans l'ombre les sentiments de celle-là, laquelle du reste n'a plus besoin qu'on la stimule.
Mille gens do la cour (ceci est mieux vu) lui font parvenir par des voies détournées des discours empoisonnés contre nous parce qu'on croit qu'elle est déjà mal disposée.
Elle Test certes, et je trouve touchant que Fénelon hésite encore à le croire. Mais voici le résumé de vingt entrevues :
M. .l'évêque de Chartres et elle (intervertissez l'ordre des facteurs) sont persuadés qu^il n'y a rien de fait si je ne condamne la personne et les écrits ; c'est ce que Tlnquisition ne me demanderait pas; c'est ce que je ne ferai jamais que pour obéir à l'Eglise, quand elle jugera à propos de dresser un formulaire comme contre les jansénistes. Qu'importe que je ne croie madame Guyon ni méchante, ni folle, si d'ailleurs je ItiJbandonne par un profond silence, si je la laisse mourir en prison sans me mêler jamais ni directement ni indirectement de tout ce qui a rapport à elle ? On ne peut vouloir me pousser plus loin, qu'à cause qu'on croit qu'il y a quelque mystère dangereux à ma répugnance à la condamner. Mais tout le mystère se réduit à ne vouloir point parler contre ma conscience, et A NE VOULOIR POINT INSULTER inutilement à une personne que j'ai révérée comme une sainte, surtout ce que j'en ai vu par moi-même ^
Si le lecteur veut bien se rappeler ce que nous avons dit plus haut, il n'aura pas de peine à se représenter cette scène, souvent répétée entre VI"" de Maintenon et Fénelon, pendant la période critique oii Ton nous répète que ce dernier s'agite seul. Hermione, dévote^ Arsinoë, mère de l'Eglise, madame de Maintenon s'acharnant à ruiner une autre