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148 APOLOC.IE POUR FKNEF.ON
jyfme Guyon pendant les quelques mois apeurés que la pauvre femme va vivre, fuyant de cachette en cachette et résignée, chaque matin, à voir paraître la police du roi.
Je pris la résolution (pour ne pas compromettre sa famille et ses amis) de ne point quitter Paris... et de me dérober généralement à la vue de tout le monde. Je passais les jours, seule, à lire, à prier Dieu, à travailler. Mais sur la fin de l'année 1695 (27 décembre) je fus arrêtée, toute malade que j'étais, et conduite à Vincennes. Je fus trois jours en séquestre chez M. des Grez qui m'avait arrêtée, parce que le roi, plein de justice et de bonté, ne voulait point consentir qu'on me mît en prison, disant plusieurs fois qu'un couvent suffisait. On trompa sa justice par de plus fortes calomnies; on me peignit à ses yeux avec des couleurs si noires, qu'on lui fit même scrupule de sa bonté et de son équité; il consentit donc qu'on me menât à Vincennes ^
Nous ne pouvons contrôler ce qu'elle dit ici de Louis XIV, mais tout le reste est d'une exactitude absolue-. L'iniquité de cette persécution ne peut faire doute à personne. Pour expliquer cet invraisemblable recommencement de l'affaire Guyon, on ne peut alléguer, et de fait, on n'allègue que deux prétextes, misérables tous les deux, alors môme qu'ils ne seraient pas formellement démentis par l'histoire. Premier prétexte : M'"*^ Guyon s'est évadée du couvent de iVIeaux. Nous avons vu ce qu'il fallait penser de cet absurde mensonge. Si, par malheur, Bossuet avait — je ne dis pas provoqué, — mais laissé courir sans protestation une accusation pareille, je vous délie de trouver une excuse à pareille lâcheté.