‹ Apologie pour FénelonChapitre 7 sur 250 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

I)«AMATI8 PERSONit: 7

Pour Féneion.

M. Trunson. Lo bossuétisme nous a habitués aux aflîrmalions les plus invraisemblables, mais je ne sache rien do plus prodigieux que les efforts que l'on a tentés pour enlever à Féneion Tappui de son maître le plus vénéré et le plus cher. On a découvert des abîmas de malice dans la lettre si confiante qu€ celui-ci écrit au précepteur du duc de Bourgogne, paur l'exhorter à l'humilité. A mots couverts, M. Tronson révèle, paraît-il, l'ambition forcenée de son élève. Et de même, à mots couverts, il laisse voir, pendant toute l'affaire du quiétisme, qu'il est contre lui. Qu'y a-t-il de vrai? Moins que rien. Septuagénaire, infirme, au moment où s'ouvrent les conférences d'Issy, abîmé dans son néant devant les illustres ]>rélats qui lui font l'honneur de venir chez lui, très défiant le lui-même, M. Tronson a pu avoir parfois quelque peine à -^uivre les subtilités de la discussion. Mais enfin, une chose l'st sûre. Féneion a fait modifier, comme il l'a voulu, les articles d'Issy. Qui l'a soutenu, qui lui a gagné cette victoire contre M. de Meaux? Noailles n'était pas de force. Reste M. Tronson. Viennent les Maximes. Sont-elles, oui ou non, en opposition avec les articles d'Issy, M. Tronson se le demande, peut-être, mais d'une façon très vague. Il dit que cela est trop haut pour lui. Il faut l'en croire sur parole. S'il n'approuve pas le livre, il ne le désapprouve pas non plus. Il ne prononce pas, parce qu'il ne voit pas. S'il avait vu que Féneion était dans l'erreur, et sa franchise ordinaire et son affection lui auraient fait un devoir strict de le lui dire. Et Féneion, qui a corrigé son livre sur les indications du D' Pirot, l'aurait remanié de fond en comble sur une parole de M. Tronson. Remarquez bien aussi l'attitude de ce saint homme dans l'affaire Guyon. iMême réserve d'abord — parce qu'on lui objecte des autorités considérables — mais aussi même courage. Un doute lui reste peut-être sur la personne, parce qu'il n'imagine pas qu'un religieux comme Dom le Masson puisse tant accuser sans un soupçon de preuve, mais, pour ce qui le regarde, et d'après l'examen qu'il a conduit lui-même, il trouve cette femme innocente. Les explications qu'elle donne de sa doctrine lui montrent non pas que le Moyen court est un livre de tout repos, mais que M^"" Guyon n'a pas voulu enseigner l'erreur quiétiste. Il soutient cette femme, il l'encourage. Elle aussi, sur un mot de lui, elle fait tout ce qu'on veut. Noble et vénérable figure, très supérieure à la légende

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ridicule qu'on lui a brodée, M. Tronson, l'homme modéré par excellence et ([ui rumine tous ses mots, reste celui qui a dit : « M. de Cambrai est le prélat de tous les prélats de France, que nous estimons le plus^ »

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