‹ Apologie pour FénelonChapitre 70 sur 250 · F., IX, p · texte numérisé non relu

F., IX, p

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Nous, évêque de Meaux... déclarons, en outre, que nous ne l'avons trouvée impliquée en aucune sqvt^ d^Rs Jes ^.]^qipinatJops 4p ^fiQlÎRPS 014 autres poijçfampées alljeurs et n'avons entepdu la compi'endre dans la mention qui en a par nous été faite dans notre ordonnance du 6 avfil 169^). Donné k Meaux, le premier "uillet i,695.

J. ^ÉNiGNE, évêque de Meaii^'-

Par ^Iqnseigï}eur, Le fijEuf.

Fénelon s'est tenu rigourpusement dans les limites fixées par ce docurnent solennel. Il n'a jamais dit autre chose que ce que M. de i^pau^ vient de dire. C'est là le grand scandale me M. de Cambrai a donné à l'Eglise.

Oui, un scandale, ^u dire du moins de M""^ de ]yiaintenon, et demain, de M. de Meaux lui-même. Obstinée elle aiisgi — car d.ans tputp cette affaire, il n'y a de souple et de changeant que Bossuet — elle exige de Fénelon un acte public, un désaveu for-

1. Cf. F., IX, p. 68. Il faut lire aussi la formule (Je soumission <Joppée p.axpig..(ia^e G.^ypn à Bossuct ejl; qije celiii-cji jugea suffisante. Tous ces papiers que Bossuet avait en vain tâche de reprendre, le gênèrent singulièrement au cours de la polémique. Voici, par exemple, de quelle invraisemblable façon il atténue, il réduit à néant l'attestation que l'on vient de lire. « Il y a un point où je lui ai laissé déclarer ce qu'elle a voulu pour sa jystjfic9j,ion et son ^xcuse, jBt c'esjt cçjui des abominables pratiques de NJolinos... C'est qu'en effet je ne voulais pas entamer cette matière pour des raisons bonnes alors etc., etc. » L., XX, p. 193, cf. I9. Jettrie à ^a Brouç citée plus haut.

mel, éclatant, impitoyable et qui redresse Tattestation beaucoup trop indulgente de M. de Meaux. Car c'est bien là ce qu'elle attend de lui. La disgrâce de Fénelon est certaine s'il ne se décide pas à condamner et la doctrine et la personne de M™*^ Guyon, c'est-à-dire, à imputer à cette femme « les abominalions de Molinos ».

Or même sur la simple question de doctrine, de quel droit le presse-t-on de se déclarer? Tout au plus pourrait-on lui conseiller amicalement d'arrêter pai un acte quelconque la campagne de diffamation qi a été organisée contre lui. Vos ennemis répandenl Monseigneur, que vous n'acceptez pas les ordonj nances pastorales qui ont censuré les livres de votri amie. Ils ont tort, sans doute, puisque enfin ni \o\ paroles ni votre conduite n'ont laissé voir la moindre' velléité de révolte. Mais cette perfide rumeur se propage. On l'exploite habilement contre vous et vos amis de la cour. Ne serait-il pas opportun de fermer la bouche à vos calomniateurs?

M. Tronson et d'autres personnes sages ont donné ce conseil à Fénelon. Conseil funeste, à mon avis, demi-mesure qui ne satisfera certainement pas M""® de Maintenon et qui ne désarmera pas les conjurés. Au point où en sont les choses, quoiqu'il dise et quoiqu'il fasse, Fénelon est perdu s'il ne trahit pas M""® Guyon. Il ne la trahirait à aucun prix. Mieux valait se taire.

On lui proposa, sans ironie, de publier un mandement contre les livres de cette femme. M""*" de Maintenon tenait déjà du moins quatre ordonnances dans ce sens : Paris, Meaux, Chàlons, Chartres.

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Cambrai aurait fait la plus belle pièce de la collection.

Qui ne mépriserait Fénelon s'il avait obéi à ce ridicule caprice ?

Je ne lui conseillerais pas, écrit le sage Beauvilliers à M. Tronson, quand il le voudrait, de faire une condamnation formelle de madame Guyon. Il donnerait aux libertins de la cour un trop beau champ, et ce serait confirmer tout ce qui se débite au préjudice de la piété. Quoi ! dans un temps où M. de La Reynie vient, pendant six semaines entières, dinterroger madame Guyon sur nous tous, quand on la laisse prisonnière et que ses réponses sont cachées avec soin, M. de Cambrai, un an après MM. de Paris et de Meaux, s'aviserait tout d'un coup de faire une censure de livres inconnus dans son diocèse ! Ne serait-ce pas donner lieu de croire qu'il est complice de tout ce qu'on impute à cette pauvre femme, et que, par politique et crainte d'être renvoyé chez lui, il s'est pressé d'abjurer?

Non, Fénelon ne pouvait pas commettre cette lâcheté. Chacun entend ces choses-là à sa manière. Pour moi c'était un devoir d'honneur. Il ne faut pas dire : voyez comme il l'aime ! il lui sacrifie sa fortune. Allons donc ! Sans l'ombre d'un sentiment pour cette femme, il aurait agi exactement de môme, assuré que les gens de cœur seraient avec lui.

Il y allait encore, Beauvilliers le dit fort bien, de sa propre dignité, de sa réputation personnelle et, si vous voulez, de son orgueil. Étant donné le honteux caractère des erreurs que l'on imputait à cette femme, Fénelon, après tant d'années d'intimité avec elle, ne pouvait pas la discréditer par un acte éclatant sans se déshonorer lui-même. Il se devait de dire très haut que M'"'' Guyon était innocente des

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erreurs que ses livres tétiïerïhaidht, et le disatil, bien loin de faire taire les ennemis par une dis-» lincliotî où bëtix-ci tt'àtihàîënt vil qil'tine })éi*fidie nouvelle, il aurait plutôt aiguillonné lëiiv z61e et donné une apparence de fondement à leurs calom-

Le projet de rhàhdènient àiriëi ëë£trlé, {)tiièt|tl'ort Veut que Fénelon rassure l'Eglise sur sa propre doctHrife, rëStëht dëUx Sdlùtiotis^ fatalement instîffiaarlteâ étant doriné lés circonstances, la preltJlè^ë iriofferisive^ la seconde désastreuse. Sur le conseil de ses âfflis, Fétlëloil lël^ aëfee{)te^£l tdutes lefe deux.

La piremière serrible âvcili* été pi-OfiiOséC, dé gtiferl^ë lasse^ par l'évoque de Chartres. Le î^^ mars 1696, M. Tronson écrit en effet à M. de Cambrai :

Égt Tévêqiië dfe Chartres^ rtiotiseigneul-, vint liier au soir ici et lut votre lettre et me dit qu'il ne s'agissait ni de condamner madame Guyon, ni de faire une censure de ses livrés... mais que tout ce que l'on derhdtidctit est i|ile, dctti^ les dcfcâsiotis ah l'tiii fjarletait de Cette datrie, vous témoignassiez qu'on avait eu raiéon de lés censurera

M™^ de Maintëiloh âvètit cël-tainëtilëtit attendu et exigé davantage. S^ësUelle ërifiri rëhdilë âiik raisdtis de f'ënelori, voit-ëllë cju'ëlle est allée trdp loin^ veut-elle passët^ Tépdflg-ë sUr tdUtë tëtte affaire si mal eritaifiée, je serais tëhté de le ët-oifë. Ndtiâ toiictions en effet âii tiioiiiërit dû M"'^ de Mdititehdh — fetigue, remords, itidifîérencë ? — va laisser le premier rôle à M. de Mëâ.Ux et s'installer âti pàl*ierre pour y suivre paisitlemëtlt l'évolùtidtt de ce drame.

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