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172 APOLOGIK POUR FÉNELON
Bossuet a pu s'aveugler au point de demander à Fénelon une signature que celui-ci se trouvait dans l'impossibilité de lui accorder. Qu'auriez-vous fait à la place de Fénelon? Gomme lui, n'auriez-vous pas dit :
Le moins que je puisse donner à une personne de m( amies qui est malheureuse, que j'estime toujours et de qui n'ai jamais reçu que de l'édification, c'est de me taire penj dant que les autres la condamnent i.
D'ailleurs, il avait pris position longtemps avanj d'avoir feuilleté le manuscrit de Bossuet.
J'ai dit, écrit-il à W^"" de Maintenon, j'ai dit en mêmi temps à MM. de Paris et de Giiartres, et à M. ïronson," que je ne voyais aucune ombre de difficulté entre M. de Meaux et moi sur le fond de la doctrine; mais que s'il voulait attaquer personnellement dans son livre madame Guyon, je ne pouvais pas l'approuver. Voilà ce que j'ai déclaré il y a six mois. M. de Meaux vient de me donner son livre à examiner (juillet 1696). A l'ouverture des cahiers, j'ai trouvé qu'ils sont pleins d'une réfutation personnelle ; aussitôt j'ai averti MM. de Paris et de Chartres et M. Tronson, de l'embarras où me mettait M. de Meaux.
Est-ce qu'il se monte la tête, est-ce que son attachement pour cette femme le fait délirer? Écoutez encore.
Que les autres qui ne connaissent que ses écrits les prennent dans un sens si rigoureux et les censurent ; je les laisse faire... Pour moi, je dois, selon la justice, juger du sens de ses écrits par ses sentiments que je sais à fond, et non pas de ses sentiments par le sens rigoureux qu'on donne à ses expressions et auquel elle n'a jamais pensé. Si je faisais autrement, j'achèverais de convaincre le public qu'elle mérite le feu. Voilà ma règle pour la justice et pour la vérité. Venons
à la BIENSÉANCE.