CHAPITRE XXXqL 4o
fut changé en riséô, et en moquerie de ce povre S. Pierre d'estain : car il en fut appelé sainct Pierre des boudins.
Je produiray un autre exemple sans partir dudict pays.. Au temple du chasteau hors la ville de Bourges, avint qu'un oiseau (un pigeon, selon aucuns) saignant d'un coup qu'il avoit receu , se vint poser sur la teste d'une Nostre-Dame du chou : dont avint que le sang découla par la face de ladicte Dame. Et alors ce fut à qui crieroit plus haut Miracle. Mais le lieutenant du roy ayant £Edct visiter ceste teste, on trouva encore des plumes de l'oyseau avec le sang dedans le creux d'icelle : et pourtant le miracle qui avoit esté crié bien haut, fut descrié tout bellement.
J'ay ouy aussi parler d'une Nostre-Dame dicte Nostre-Dame la neuve, laquelle ayant esté descouverte miraculeusement, fit pareillement force miracles, ou pour le moins on luy voulut faire acroire qu'ell'en faisoit. On Tavoit enfouye sous l'herbe, laquelle on avoit arrosée d'eau salée : ce qui fut cause que les vaches en broutant la descouvrirent.
Aussi a esté fort renommée la fausseté du miracle du crucefîs de Muret près de Thoulouze. Car on fit accroire à ce crucefis il y a environ trent'ans qu'il pleuroit, et faisoit plusieurs miracles â l'endroit des boiteux, des aveugles, et autres, qui ont tels maux surmontans l'art de médecine. Or quant à l'artifice duquel on usa pour luy faire sortir de Feau des yeux qu'on disoit estre des larmes, il y en a deux opinions : les uns disent que c'estoit par le moyen de quelque mistion d'eau avec de l'huile : les autres disent qu'on avoit mis un sep de vigne dedans la teste dudict crucefis au temps qu'elle jettoit sa sève, ou (selon que parlent aucuns) elle pleure. Mais le miracle dura plus long temps que ceste saison de l'année, et pourtant encore qu'on eust usé de ceste
n temps, it eust esté besoin d'en I
Or il laut noter que les moyens pour faire ei quelque cruCL-fîs ou quelque saînct en crédit, eOo tels : mais pour l'entretenir et augmenter on ato quelque? bons gueus de l'ostière (i) pour contre! les boitoux, ou les aveugles, ou faire semblant à'e venus malades de quelque bien dangereuse mai: et s'en reiourner guaris. Quelquesfois aussi ils oso seulement de ce moyen-là pour donner bruit à sainct. Di; laquelk- tromperie souvent ont esté veu exemples i et pour ceste heure tae souvient de t Le premier est de S. Renaud h Paris, aus fàus-h Je Nasirt-Dame des champs, auquel lesmoineidu voulurent faire acroire qu'il estoit sainct, et le habile fai-;i?ur de miracles qui fust à cinquante lieu ta ronde. r,t pour cest effeCl ils avoyent apposté < quL's boiiLUX, et quelques aveugles, et autres coi