‹ Apologie pour Hérodote (volume 3)Chapitre 136 sur 221 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

ils ont eu l'esprit encore bien plus agu en quelques autres contemplations : comme quand par icelles ils ont trouvé es deux cornes des mitres épiscopales le^ vieil et le nouveau Testament (i) : quand au capluchon des moines (2) ils ont trouvé simplicité et innocence : quand aussi ils ont trouvé autres choses semblables, que nous verrons tantost.

Et s'il faut venir jusques aux expositions mystiques de tous les ferrcmens et de tous les tourdions de la messe, ne feudra-il pas confesser que là-dessous y a de la subtilité si grande que les meilleurs esprits et meilleurs jugemens du monde sont ceux qui y entendent le moins? Car n'est-ce pas bien subtilizé que de faire jouer à un mesmc homme en messatizant, vint ou vint-cinq personnages? à-sçavoir de Christ, et de la vierge Marie sa mère, de tous les apostres, et nommeementdu traistrc Judas : du larron pendu, du centurion, du publicain, et autres? Et comment peut-il représenter tant de personnes? Une partie avec des seules croisades (3l. Car notamment par une des croisades qui se font sur Thostie et une de celles qui se font sur le calice séparcement, il joue deux personnages, de Christ et de Judas. Par trois autres qui se font auparavant il représente le Père, le sainct Esprit, et ledict Christ, estant par soy et par eux livre à la mort. Mais ce seroit peu de chose si c*estoit ici tout le secret des croisades : escoutons donc. Après ces deux

(11 \'o>. Poj[|;c. notre édition, p. ?.

j: Cdfluchnn e*l le diminutif de Capeluche fvoy. ce dernier mot dan« le Itict fr, italien d AI^erti'. de vn^mc que capuchon c^t le diminu'if de capuche, et non raucmcntatif cummc le veut I.ittrc. I.e «uffite on e«t auf:ment«i!it en italien et en espagnol . il e^t diminutif en pruvensil et en français. I^-^ deux «ignifuations contradutoircx <e rcfiiTontrent dan* meJaillon, \o\. harmestcter, /v la i*»ts;::i n actuelle des mnts nouveaux, p. 11 v

'1 Signe* de croix.

APOLOGIE PODR HERODOTE

roisaJcs faktes ainsi sépareemcni, et après que L Broisadcur a entendu ses bras (en quoy il figure Chris |stcndu en croix) et qu'il a levé son hoMic en hau r la faire aiiorer (ce qu'ils appellent lever Dieu) pa rais croisades qu'il fail, l'une sur l'hostïe, l'nutr jr le calice, la tierce sur soy-mesmes, il joue le per annafîc des trois estais, à-sçavoir de ceux qui sont ai ici. en purgatoire, et en terre. Et quant aux cini roisades qui viennent après les trois premières, outr L.' que de ces cinq les deux, estans scpareement faicte une sur l'hostie, l'autre sur le calice, ont telle signifi ation que nous avons dict : toutes ensemble sîgntfien ncore beaucoup d'autres choses : cl premièremeni le linq jours d'intervalle depuis le jour des ramcaus jui au jour de la passion : après, les cinq playes d [hrisi, deux aux pieds, deux aux mains, et une ai i dexire. Encore n'est ce pas tout, car de ces cini trois premières qui se font sur le calice et su Ihosiic enscinblcement. figurent la livraison de Chri;

cHAPmtE xxxyii 2j5

Item tin certain Philo, et autres. Car Taube du prestre messatizant déclare la conversation de Jésus Christ en sa chair, selon aucuns : et selon les autres, la purité de son corps incarné au ventre de la vierge : et selon les autres V la robbe blanche présentée par Hérode à Christ, quand il fut renvoyé comme un fol à Pilate : selon les autres, la fermeté de la très-reluisante lumière. Quant au lin duquel est composée Taube, ils rinterprètent la subtilité des Escritures. Ainsi en prend-il â l'amict comme à Taube : car aucuns entendent qa'il représente le voile duquel Christ estoit cou- Tert lors que les Juifs se moquans de luy en la maison de Caiphe le souffletèrent : aucuns pensent qu'il si<» gnifie la divinité de Christ cachée sous Thumanité : aucuns disent qu'il tient la place de Tephod Judaïque. Je laisse la zone, le manipule, l'estole, qui sont aussi diversement interprétez. Quant au feu et cierge allumé, aucuns disent qu'il nous figure Christ, comme estant le feu qui consume la rouilleure (i) de nos pécbez : les autres sont d'opinion que le feu signifie le feu de charité environnant le peuple Chrestien : et le cierge allumé, la lumière de foy, et la joye de la venue et incarnation

cordelicrs de Loaytin, pais, étant à Rome, passa dans l'ordre des ctpvcin». n moarat, selon Le Mire, en i353. Gilbert Cousin et Érasme oat écrit contre loi.

Gabriel Biel, natif de Spire, fut l'un des fondateurs de rCniversité ie Tobingue. Il accompagna avec Nauclerus et Reuclilin le duc Eberhard de Wurtemberg à Rome ; dans les dernières années de sa via il entra dans l'ordre des frères de la vie commune; il mourut en 1495 comme chanoine du couvent de St-Pierre dans la forât de Schocnau, et c'est là qu'il fut enterré. Les passages de ses écrits où il s'écarte de Topinion régnante et déplore la corruption des mœurs l'ont à tort fait placer fMir quelques auteurs parmi les adversaires de la papauté. Il a laisaé : Sacri canonis mitsct expositio resolutissima litteralis et mytticm^Tub. 1499, in-fol.; publié sous divers titres. L'édition 4# 1S99, dont Clément mit l'existence en doute, se rencontre k Erfurt.

(1) Rouille ou rouillure, dit Rob. lîsticnne. • Rouillure est le même que rouille et est proprement dicte du fer. • Nicot.

APOLOGIE POUR KESODOTE

Lhrist, La patène aussi figure selon le jugeaient de Jluei'Ulis, la divinité de Christ, aussi bien que CI ; selon aucuns elle figure autre chose. Item, le tu in excelsis, estant prononcé de voix douce i%sii, représente (selon aucuns) la voix puérile et inte de Jésus Christ estant encores au berceau : Ion quelques autres docteurs, il représente queliire chose. Mais quelle subtilité sçauroit-on de- ItJer pluï grande que ceste-ci, d'avoir songé que die rot niL-ssatizam alors qu'il ne sonne mot? Bref abysme de subliiizations, et y a bien d'avansi que )e ne parle que de la l'arce qui se joue à lOnnagc ; or je vous laisse penser que c'est de t ïe joue à trois, à-sçavoir quand le messatiiant compagnons le diacre et soodiacre. Car quand iroji que ceci d'avantage, que le diacre (selon n), quand il joue son roulet (i), en chantant llque passage découpe de l'évangile, et se tournant ■slenorih] [il, déchasse par sa

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