‹ Apologie pour Hérodote (volume 3)Chapitre 196 sur 221 · CHAPITRE XXXIX igS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX igS

> cal. » Mais il n*y avoit pas pour rire quand le prestre ne desbridoit pas la messe assez viste au gré des auditeurs : ains alors le diable y estoit à pied et à cheval. Au diable sois tu donné messire Jan. Haste toy de par le diable : on desjeunera sans nous. Tes fièvres quar* taines, messire Jan, tu ne sçais pas lire à demi. Lesquels suffrages ne sont encore rien au pris de ceux qui forent dicts par des gentilshommes François à un prestre, qui au lieu de leur épitomizer ou abbréger leur messe extraordinairement, la leur alongea de toute la passion. Ce qui avint par leur faute, car au lieu de luy demander une messe de chasseur, ils luy demandèrent une messe de gendarme, pensans Tavoir encore plus courte. Luy, après avoir long temps songe quel évangile faisoit mention de gendarmes, en la fin s'avisa de ces mots de la passion cum fustibus et armis, et pourtant mit toute la passion dedans sa messe, faisant cependant despiter et renoncer tant le sacrifice que le sacrificateur messal à ses auditeurs, qui estoyent jà bottez, et avoyent jà leurs chevaux tous prests, et se morfondans à la porte du temple.

Ces exemples sont [à mon jugement) plus que sufiisans pour prouver ce que j'ay tantost dict : à-sçavoir, que celle qui s'appeloit la mère saincte église ne cachoit aucunement ses meschancetez à nos prédécesseurs, mais les leur faisoit voir, au moins à tous ceux qui n'estoyent aveugles, et ouyr à tous ceux qui n'estoyent sourds. 11 est vray que ces exemples monstrent spécialement comment ils profanoyent ce qu'ils tenoyent pour une vraye et saincte religion. Car de leur meschante vie et de leur fausse doctrine, il en a esté parlé plus amplement en quelques autres chapitres. Mais quant à nos prédécesseurs, pour un qui se plaignoit de leur fausse doctrine, cinquante se plaignoyent de leur mauvaise vie : et la plus part du

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monde les accusoit de choses fort légères, leur basant passer cepeadani de grans crimes, &am ea mol dire. Comme quand ils ne les accusoyeni p»s de leuti maléfices en ce qu'ils lenoyeni des beaéfices co telle B telle sorte, mais de tenir des béne'fices incompatiblo. ou d'en lenir trop grand nombre : ainsi qoe qodi lisons que le roy Louys xii dîci h un e'vesque qu lu; dcmandoit quelque bénéfice outre plusieurs qu'il av«l desjà, n Je vous en donneray lani que le diable empot* • tera tout, » Tôt dabo libï {comme le récite MeoDii quod diabolus portabil amnia. Lequel prescheur, avec ses compagnons alléguez souventeslbis ci-desiUS, peoi fournir autres exemples de ce dernier point.

Je vien aux taux miracles, dont les uns ou esté descouverls du temps de nos prédécesseurs, les autra de nostre temps : et commanceray par Jaune, b satocte pucelle d'Angleterre. Cesie pucelte ftit icnue long temps pour saincle et pour prophéiesse par la subtile invention des Cordeliers : qui mesmes falsoyeai Bcroîrc qu'eU'estoil descendue du ciel : et donnoyeni à enteDdre (à iïn que cela fust plus vray semblable) qu'elle ne mangeoit ne beuvoii, combienqu'en cachette elle bosqueiast et paillardasi fort et ferme avec les sainctettj des beaux-pères. Entr'auires choses, ils pcrsuaJoycnt au povre peuple qu'elle sçavolt les péchez de toutes personnes : et de faict, à chacun qui alloit vers ellf, elle disait les péchez qu'il aroit commis. Mais les Cordeliers usoycnt de ce moyen pour les luy faire sçatoit, c'est qu'ils ne laîssoyent aller vers elle que premièrement on ne se fust confessé : or pouvoir elle eniendrt aiseement du lieu où ellestoît tout ce que disoii un chacun en sa confession, les Cordeliers luy syam choisi un lieu très-commode à cela. En tin l'abus esum dcscouvtrt I après avoir abu^é un nombre infini de personnes), clic fut exécutée à mort avec les boni

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