‹ Apologie pour Hérodote (volume 3)Chapitre 197 sur 221 · CHAPITRE XXXIX igj · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX igj

frères auteurs du miracle. Aucuns disent que Tabus fut descouvert par le moyen d'un gentilhomme, qui se douunt de ce moyen duquel les G>rdeliers usoyent pour luy faire sçavoir les péchez, se confessa de choses que jamais il n'avoit faictes : lesquelles luy estans après redictes par elle, la tromperie fut apperceue. Les autres disent qu'elle fut descouverte par autre moyen. On récite aussi d'un crucefis que les mesmes Gordeliers fiiisoyent pleurer et parler. Du faux miracle ou plustost des faux miracles des Jacopins de Berne et des G)rdeliers d'Orléans, je me contenteray d'en foire souvenir au lecteur, estimant n'estre besoin de luy en faire le récit, veu que ces histoires ont esté imprimées, et outre cela sont en la bouche d'un chacun. Mais il fout noter que devant Tesprit miraculeux des Gordeliers d'Orléans, les Gordeliers d'Évreux avoyent eu le leur, duquel aussi j'ay fait mention ci-dessus.

Voici un autre faux miracle, qui n'est pas de mauvais esprit, et est récité par Jan Menard en son livre intitulé Déclaration de la règle et estât des Gordeliers. Un porteur de rogatons de S. Antoine ayant à prescher sous un noyer, un peu devant sema de poudre à canon le nid d'une pie qui y estoit , et puis y attacha une petite corde, mettant le feu à Tautre bout d'i- * celle. Or ainsi qu'il preschoit ses pardons, la pie sen* tant ceste poudre, se mit à foire grand bruit : luy qui n'attendoit que cela, etpensoit bien qu'il ne s'en faloit gucrc que le feu ne fust monté jusques en haut, vint à dire, * Meschante beste qui empeschcs la saincte prédi- » cation, monsieur S. Antoine te vucille brûler de • son feu. » Et bientost après le feu qui estoit parvenu jusques au nid par le moyen de cette cordette (i), le

(1 1 Ce diminutif a étc omi* par le*; lexicographes, qui ne coooaissonl que coruclic, cordelette, cordeau, cordon.

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îgS APOLOGIE PODR HERODOTE

bmla avec les petis qui estoyent dedans. Ce qui ne fui sans bien crier Miracle, qui luy fit faire une quesu iaa pëcunieuse. Il récite au mesme lieu qu'il a ouy raconict àenx-mesmes ()e di à quelques-uns de ces poneundc rogatons ou questeurs de S. Antoine], que quand t'o[>poituoité se trouvoit, ils cbauSoyeni des p)ctiie$ croix ou îmagesde cu)-vre, f>endaat que la bonne femme leur alloît quehr quelque cbo» au grenier, ou celier : ci quand clli: reioumée avoit offert son don, iU luy iùsoyent baiser ladiae croix ou image : liiquclle esnai trouvée chaude par elle, ils luy donnoyeni une merveilleuse crainte , disans que monsieur S. Antoine monstroU qu'il nesscantemoit du don qu'i;!li> luyt3isoit.et estoii courroucé. Pour laquelle cause la bonae lenxtae retounioit quérir dequoy augmenter son présent, et l'apportant trouvoit l'image refroidie : ce qo'ils disoyeni escre signe que monsieur S. Antoine estoii appaise. Il escrit au mesme passage d'un tour qui avoit esté joué en Italie un peu auparavant | qui pou- Toit estre environ l'an i53o) par un du mesme meitier, ei serviteur du mesme malstre : c'est que ce gtland, despilé de ce qu'on oe luy avoit rien donné chu un laboureur, mit le teu à l'estable de ses vaches, qoi brûla non seulement cest'estable , mais aussi tout le reste de la maison, ensemble tous les biens qui y cstoyeni. El vouloii faire acroire que c'estoit par un miracle de S. Antoine, mais la vérité fut congneue. Q ajousie encores un' histoire qui est fort notable, et a esté descriie par plusieurs, louchant un autre questeur de S. Antoine, qui mil le feu en la toile d'une femme, faisant accroire que c'esioii par vengeance de S. Antoine, ce qu'il dit estre avenu au pays de Vaux, ha autres disent que ce fiit au pays de Calabre : et racontent ainsi l'histoire : Un de ces questeurs allant par le pays, avec un valet qui conduisoit t'asae poi^

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