‹ Apologie pour Hérodote (volume 3)Chapitre 40 sur 221 · CHAPÎTRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPÎTRE XXV

luy disoit, « A la messe, de par tous les diables, à la » messe. » Dequoy le fils sçavoit bien faire son proufît, reoongnoissant que son père disoit mieux qu'il ne pcnsoit dire. Mais pour retourner à nos blasphémateurs, nous trouvons que les vicaires susdicts ne faisoyent IKMnt conscience de s'attribuer (les uns à bon escient, les autres en risée, comme il me semble ) les passages de l'Escriture, èsquels celuy duquel ils se faisoyent vicaire, parloit de soy. Comme nous lisons qu'Alexandre V dit en mourant à ceux qui estoyent autour de luy les mesmes mots qu'avoit dict Jésus Christ à ses Apostres, « Je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix, » Aussi sçeut bien Pape Paul III faire son prou fit de ces mots de S. Paul, t Je voudrois estre séparé de Christ pOÊtr mes frères^ qui sont mes parens selon la chair, » Car luy estant une fois remonstré par les Cardinaux en plein consistoire qu'il ne pouvoit donner aux siens Parme et Plaisance sans se damner, il leur sçeut trèsbien rcspondre : — « Si S. Paul a porté telle affection f â ceux de sa nation, lesquels il a appelez ses frères, t qu'il a désiré d'estre séparé de Christ à-fin qu'ils • fussent sauvez, pourquoy ne porteray-je telle affec-

■ tion à mon propre fils et à mes neveux, que je m'cf-

■ force les faire grans au danger d'estre damné ? » Quant au propos du Pape Léon, il est plus conforme k celuy que nous avons raconté le premier, du galand qui disoit, « N'en pleurez point : peut estre n'est-il pas » vray. » Car ce Pape respondit au Cardinal Bembe, qui luy alléguoit quelque passage du nouveau Testameot, — « Que de biens nous a acquis ceste fable de

■ Jésus Christ (i)! • Lequel blasphème peut estre attri-

(1' • On Toit ce conte dans le Mystère d'iniquité (de Dup1e»«is Momay) et dans une infinité d'autres livres, touiours sans être muni de citation ou n'ayant pour toute preuve que l'autorité de Kalcus : de sorte que trois ou quatre cents auteurs plus ou moins qui ont

bué non seulement à ce Pape, mais à la plus pan de ses compagnons, si par leurs actes nous voulons juger du cueur.

Il y a plusieurs autres sortes de blasphèmes, qui sont proférei par ces messieurs tant en leurs disputes qu'en leurs sermons, et en leurs escrits : desquels blasphèmes aussi nous amènerons des exemples. Un certain Evesque disputant contre quelques autres, vint à dire qu'il s'esbahissoit comment on ne s'esioit point apperceu d'un passage du nouveauTestament |t) fort propre pour rembarrer les Luthériens en ce qu'ils disent que la seule foy justifie. « Voylà ■ (dit-il) « les Apostrcs sur i> la mer en une petite nassellc fort agitée des vens : j> oti S. Pierre, estant Luthérien, et croyant que la » foy luy suffit pour le sauver, dit à Christ, Com- . mande que je vienne à toy. Et après que Christ luy " a dict qu'il vienne, il saute en la mer avec sa foy, et " peu s'en faut qu'il ne se noyé. Et r i> noyé, si Jésus Christ par miracle n - le remettant en la nasselle, et le faisant r 0 auK œuvres : c'est à-sçavoir à tirer à l'aviron. Or . aillent avec S. Pierre ceux qui voudront s'appuyer a sur leur foy : de ma part, je n'ay pasdélibe'ré d'aban- " donner la petite nasselle, mais y veux demeurer » tirant la rame, c'est à dire prenant peine de faire des I. bonnes œuvres, " Quand nous n'aurions autre exemple que cestuy-ci, il nous donnerait suffisamment à congnoistre comment ces messieurs se jouoyent ilc l'escriiure saincte : mais on en trouve un nombre infini d'autres. Entre lesquels est assez commun ccluy d'un

iibUÉ uIh en » copEini Les uni Ici aurr». iaiicW hn réduits lun

Page 1