V.p. 34S, d'après Martial
en terre, ei priant Dieu pour les pécheurs, esiani pieds nuds. Le Seigneur les ayani ouys derrière soy, tourna le visage vers eux, et leur dici : • O mes enfans, \e » voy bien que vous venez ici pour me prendre ei 0 mettre à mon : mais je vous prie de me laisser en- > cores un pt'ii vivre. Je suis encore pour un peu de ■ 1 temps avec vous, etc. Ne vous souciez : tout vient ii » point qui peut attendre. En bref vous ferez de moy » tout ce que bon vous semblera. = Alors voyans ses paroles si douces et son visage si amiable, tous d'un accord se mirent h genoux devant luy, dcmandans pardon de leurs fautes, de leur hardiesse, présomption et félon courage. Et retournèrent en Hiërusatem à leurs maistres, qui leur demandèrent : « Où cst-il ? ne 0 l'avez-vous-poini trouvé ? — Si-avons. — A quoy a-il » donc tenu que vous ne l'avei amené? Ne %-ous avions- ' nous-pas donné commission de l'amener ou mort ou " vif? Dites-nous, ne vous est-il pas eschapé? comme
• souvent il nous a joué de tels tours? — Eschapé ■ dea ? non non : mais aussi tost que nous avons esté » devant luy, il nous a si bien preschcr que nous avons u esté tous estonnez : el nous a donné de si beaux » enseignemens que jamais homme ne parla si bien. ■> — Comment? estes-vous gens pour vous laisser " abatrc de paroles ? — O messeigneurs nos maistres,
• que vous parlez bien il vostre aise! Plust à Dîcu 11 que vous eussiez esté avec nous quand nous estions " devant luy! Il est tant doux et gratieux. O vray D Dieu, qui ne t'aimeroit? Quand nous avons esté ' auprès de luy, il n'a dict à personne de nous, u Qu'est cela? mais il nous a saluez humblement, 0 cl s'est offert promptcment à nous. • Alors les Juifs leur respondirent : — n Les diables luy sont familiers, u qui luy font faire cela. Il vous a enchantez et su- B bornez. •