CHAPITRE XXXII lyS
Or ne se sont contentez ces docteurs d'abuser de TEscriture ou pour en tirer du plaisir, comme quand ils convertissoyent quelques passages à sornettes : ou pour en tirer du proufit (comme quand le cordelier prenoit pour son sainct François ce qui avoit esté dict de nostre seigneur Jésus Christ, ou le Jacobin le prenoit pour son sainct Dominique] : mais par estre accoustumes à une desbordée licence de se jouer de TEscriture, faisoyent venir les passages d'icelle à propos des spéculations qu'ils songeoyent, encore que d'euxmesmes ils n'y vinsent non plus à propos que Magniicat à matineSy pour user de leur proverbe. Il est vray que d'autant plus volontiers faisoyent-ils ceci, qu'ils s^en voyoyent acquérir beaucoup plus grand bruit, comme monstrans ainsi une beaucoup plus grande subtilité que les autres. Et de ceci se trouvent des exemples quasi autant qu*il y a de fueillets es livres des prescheurs susdicts: mais je me contenteray de deux ou trois : commençant par Barelete. Ce gentil prescheur sur ce passage du dernier chapitre de S. Luc, ES'tu seul pèlerin en Hiérusalem, qui ne sçaches point les choses qui y ont esté f aides ces jours-ci? dit que Jésus-Christ a esté pèlerin en trois choses (car pour bien s'accommoder â son propos, il me faut traduire
prises arec uoe bande de loaps dans une fresque de Simon Memmi i l'édite de S. Maria Novella A Florence. Dans Rabelais, le vieux poète Rocniiu^robis. sous les traitsduqael les commentateurs ont cru rccon- ■altre Goill. Crétin, demande au moment de mourir, que Ton écarte éa cberct de son lit « un tas de villaines, immondes et pestilentcs bcstes noires, guarres, fauves, blanches, cendrées, gri volées, lesquelles laisser ne le roaloient A son aise mourir. • Pantagruel, III, XXI.
L'an en corbeau se rest pour triste signe : L'aaltre s'habille à la façon d*un cîgne : L'aoltrc s'accoustre ainsi qa'un ramoneur : L*aaltre tout gris : l'aaltre, grand sermoneur, Porte sor soy les couleurs d'une pie.