CHAPITRE XIXIII l8g
pha theologiœ sacrosanetœ (i), et orné de plusieurs antres titres, qui semblent estre totalement mis en despit de la religion Chrestienne. D'autant que si une grandlpttrt des choses qui y sont contenues sont orthodoxes, il est certain que nous avons des choses en la bible qui ne sont point orthodoxes : et faut nécessairement choisir ausquels escrits on donnera ce titre, veu qu'en le donnant ayx uns, on Toste aux autres, entant qu'ils se contrarient. Que si quelcun allègue qu'aucuns sont traduits de THébrieu, aucuns du Grec, quand bien fl aura prouvé cela, il n'aura pas beaucoup gangné : car la response est aisée, que le diable peut aussi bien estre diabie en Hébrieu et en Grec qu'en autre langoage. De ma part je me suis attaché à ce Protevan^ gelion plustost qu*â un autre, pourcequ'il est attribué à S. Jacques, cousin germain et frère de Jésus Christ, ainsi que porte le titre. Car la première impression de ce livre (2) qui est en petite forme, avec des apostilles, ha ce titre, Protevangelion sive De natalibus Jesu Christi et ipsius matris virginis Mariœ, sermo historicus divi Jacobi minoris, consobrini et fratris domini Jesu, apostoli primarii et episcopi Christianorum printi Hierosoljrmis. Il est vray qu'en l'impression qui est au volume susdict intitulé Orthodoxographa, on n'a point &ict ce S. Jacques cousin germain et frère, mais seulement frère. Je me suis attaché (di-je) à ce livre, plustost qu'aux autres, â-iin que les lecteurs jugeassent par ceci que ce peut estre des autres. Car si ils ont osé publier telles choses sous le nom de S. Jacques, que peut-on penser qu'ils auront publié sous le nom de
(i) Orthodoxographa : théologie sacro sancta, ac tyncerioris fùei doetorti numéro LXXVI, Ecclesia columima iuminaque cisritnma... Bttiicc, H. Pétri, i555, ia-fol. (pobl. par J. Bittile Hérold).
(3) BtsileK, ap. Oporioum, i553, in-8.
Hêroe (i). et tant d'auires qui sonl caoïenus au
e susdici ? Et encore s'en faut-il bien que tous
;rit5 semblables soient là : car sous ce mesme
e S. Jacques a est^ publia depuis un autre mal-
IX livre. Aussi ont este mis en lumière les actes
■postrcs, composez par un certain Abdias (x), du-
fombien qu'on voye les escriis esire du tout pro-
a point loutesfois eu honte de mettre en la
1 la marge en quelque endroit, qu'il avoït
e S. Luc, ou que S. Luc avoit pris de luy. Outre-
Q esté publiée l'histoire ecclésiastique d'un diable
e nommé Nicephorus Callistus [3). Lequel non
Lse j'appelle diable de moine : car outre ce
ait moine de profession, il se monstre ignorant
un moine, impudent comme un moine, mes-
I et profane comme un moine : ignorant, jusques
lorer ce que sçavent les petis enfans : impudent,
e des mensonges tous évidens : meschant