‹ Apologie pour HérodoteChapitre 121 sur 223 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

estant nécromancien), Henri Steniecker receveur. J'ay laissé plusieurs meschancetez notables que le lecteur pourra lire en liiistoire qui en a esté escrite au long. Et maintenant je le prieray de considérer comment ces malheureux estoyent enragez après ceste question quand ils cerchoyent tels moyens pour la confermer. Ce qui ne leur procédoit point de quelque zèle, mais d'ambition laquelle les faisoit crever de despit de ce que l'opinion des Cordeliers leurs adversaires avoit la vogue.

Oyons maintenant le prescheur Barelete(i), comment de sa part aussi il renvoyé loin les Cordeliers avec leur opinion, les appelant cemulôs de son ordre. Car ayant dict qu'il y quarante-neuf docteurs de son opinion ( dont il nomme une grande part) vient à dire, Quid vobis videtur, cives mei, super hoc ? Quare omnes religiones non pugnant pro doctoribus suis ? Ecce quoi doctores, quoi sapientes hoc affirmant. Sed dicunt œmuli nostri quod fuit privilegiata, quia a peccato prœservata, Ostendant illud privilegium^et eis fidem dabimus. Et entr'autres passages allègue un d'Alexandre d'Ales où il met son opinion contraire à celle pour laquelle l'esprit susdict apposté par les Jacopins de Berne donnoit à entendre qu'il estoit tourmenté en purgatoire : Si beata virgo Maria non fuisset concepta in peccato originali, non fuisset obligata peccato, nec pœnœ^ nec habuisset reatum peccati, Sed qui non habet reatumpeccati, non indiget redemptione (quia redemptia est solutn propter obligationem peccati y velpœnce^ et propter reatum peccati), Ergà beata virgo non indiguisset redemp' tione : quod non est secundum catholicam fidem ponendum. Or si ainsi estoit, ledict esprit aposté par les Jacopins de Berne avoit grand tort de faire ainsi

(i) In festo Conceptionis, feuill. 223, col. 3.

tourmenter ce povre homme en purgatoire, puisqu'en ce passage il accordoit tout ce qu'ils demandoyent Mais je laisse le débat à Barelete, qui avoit aussi dict au commancement, Non solum antiqui doctores^ sed etiam posteriores, tenuerunt et in scripturis reliquerunt quod virgo beata.et omnes homines (praeter Christum) in sui conceptione peccatum contraxerunu Quod patet triplici Ustimonio imprcesentiarunt, primo ecclesice doctorum, secundo canonistarum, tertio religionum.

Au contraire Ollivier Maillard en un sien presche(i) introduit par forme de dialogue deux dames qui disent leur opinion de cest article, Menterie et Vérité. Et premièrement Menterie tient ce language : Je di que la vierge Marie a esté conceue en péché originel, et qu'en ce temps-là ell'estoit fille du diable, et maudite de Dieu, au regard du péché originel : et que si elle n'eust esté rachetée par la passion de Jésus Christ, ell'eust esté damnée. Et qu'ainsi soit, j'ay plusieurs autoritez et raisons. Premièrement, David dict, J'ay esté enfanté en iniquité, et ma mère m'a conceu en péché. Et après que Menterie a allégué quelque nombre d'autres raisons, Vérité vient à parler ainsi : Beau père, mes oreilles ne peuvent porter que la vierge, qui a rompu la teste au diable, qui a esté dès le commancement esleue mère du Dieu et homme, ait esté un seul moment de temps sous l'ire de Dieu. En la fin. après que Vérité a dict qu'il est bien vray que la vierge Marie estoit en danger de tomber au péché originel, maisqu'ell'a esté privilégiée, il luy demande, Mais que respondez-vous, madame, à ce que disent tant de docteurs, sainct Bernard (2), Thomas d'Aquin, Bonaventure, Guido, et autres ? A cela elleiait

(t) De conceptione^ sermo XVIII, feuill. 53, col. i. (2) La lettre que S. Bernard adressa, en 1140, aux chanoines de Lyon {Epist, 174, éd. Mabillon), et dans laquelle il leur reproche

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