‹ Apologie pour HérodoteChapitre 147 sur 223 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

signifie charité en Fescriture saincte. Geste charité devons avoir en Dieu, Taimer de tout nostre courage : ou autrement toutes nos opérations ne sçauroyent proufiter. Si linguis hominum loquar et angelôrum : charitatem autem non habeam, nihil sutn. Par les grains qui sont enclos en Torenge, j'enten les secrettes aumosnes. » Un peu après : « Les grains de Torenge nous remonstrent, qui sont mussez dedans, la pomme de charité. Parquoy je di (et est vray) que Dieu aime fort ce noble fruit. La couleur luy en plaist : fais-luy en donc présent. Le goust en aime Tame : donne-luy en à manger à ton disner spirituel. »

Au chapitre viii : « Mes dames, vous sçavez qu'il n'est chose plus honneste dedans la main d'une femme qu'un beau bouquet. Ce mois de Mars est ouvrier de présenter les beaux bouquets : car communeement en Mars croist la belle violette de couleur céleste, d'azur et de pers (i). Voulez-vous porter durant ce caresme, pareillement en tout temps un beau bouquet qui vous donnera bonne odeur? prenez la violette de Mars. C'est à-sçavoir la vertu d'humilité : car je vous asseure que c'est une vertu qui moult plaist à Dieu, et à l'ame proufite. La violette de Mars, etc. »

Au chapitre ix : « Les pruneaux sont aussi nécessaires pour faire le disner bien complet : pourtant il en faut avoir. Par ces pruneaux, qui sont noirs et de bonne substance, j'enten les abstinences

au Dictionnaire Devic : écarlate se décompose en l'arabe-persan sar» lack^ laque de Sar ou de Tyr. Virgile, Georg. II, 5o6 : Ut gemma bibat et Sarrano dormiat ostro. Ad quod Servius : Quœ nunc Tyrus dicitury olim Sarra vocabatur.

( i) c C'est un azur couvert et obscur qu'on prétend être venu dfc Perse ou d'une couleur de pêche persienne. » Dict. de Trévoux. On disait autrefois pars :

Sur un beau velours pars choisi.

Martial d'Auvergne.

de péché, mortification de la chair, et jeusnes corporels. »

Au chapitre x t a En après pour un autre mets l'on appose sur la table des figues, qui sont moult bonnes et proufitables : car elles tiennent Testomach fort et de bonne odeur. Par ces figues pouvons entendre la mémoire de la saincte passion de Jésus Christ, qui est une chose qui tient Testomach fort et de bonne disposition contre toutes tribulations, tentations, ennuis, labeurs, mélancolies, et qui fait bonne odeur. »

Au chapitre xi : « Ce n'est pas tout pour bien se rassasier en caresme : car il £aut encores manger les amendes. Les médecins disent que les amendes amères sont plus proufitables que les douces : parquoy je veux de ceux-ci parler. Je di que nonobstant que les amendes soyent amères, si n'en faut-il pas laisser à manger. Il y en a qui prennent les douces et laissent les amères : elles ne sont pas si proufitables. Ce qui n'est pas bon à la bouche, peut estre bon au cuev^r. Par ces amendes amères j'enten la mémoire de la mort, du jugement et des peines d'enfer, qui doivent accompagner nostre disner en caresme. »

Au chapitre xii : « Le miel est une chose précieuse pour les dames spécialement, lequel se mange en caresme. Le philosophe dit que le bon miel est à l'or semblable. Par le miel je n'enten autre chose que la conversation céleste, que tous devons avoir : mesmement au sainct temps quadragésimal, la conversation laquelle nous devons avoir, doit yenir, procéder et distiller du ciel, comme le bon miel précieux. »

Au chapitre xiii : a Puis après le pain blanc, les eschaudez, et le vin, ne se doivent en oubli mettre : car c'est le principal du disner. Par le pain et le vin pou-

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