‹ Apologie pour HérodoteChapitre 148 sur 223 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

vons entendre Tacquisition des joyes de paradis. Par les eschaudez nous entendons la foy que nous devons avoir en un seul Dieu créateur du ciel et de la terre, qui est en trois personnes distinctes. Et ceci bien appert en l'eschaudé qui ha trois cornes : toutesfois les trois cornes ne sont qu'une chose par essence de nature. L'on &it des eschaudez d'autre sorte, c'est-à-sçavoir en forme de croissant, n'ayant que deux cornes, signifiant les deux substances qui sont en Jésus Christ, divinité et humanité. Tout ceci devons fermement croire sur peine d'estre damnez : et le doivent monstrer et apprendre les pères et mères à leurs enfans, prédicateurs au peuple commun : et les maistres d^escoles à leurs disciples: mesmement au sainct temps de caresme, selon la similitude des eschaudez, qui en celuy temps aux jeunes enfans sont donne;^ à manger. » Un peu après : t II est de deux manières de vin, blanc et rouge. Le blanc signifie Tespérance qui est en Jésus Christ, et le rouge la charité qu'il nous a monstrée quant à l'acquisition des gloires dessusdictes. Le pain duquel est faicte mention, a esté cuit au four de ceste charité, qui est son costé précieux, de l'amour d'humain lignage totalement embrasé. Retournons au vin, et congnoissons sa nature. Le vin outre ces deux couleurs est fort et savoureux : aussi par la force pouvons entendre la charité de laquelle Dieu nous a aimez, tellement qu'il a mise son ame pour nous : et par la saveur, l'espérance qu'il nous a donnée de parvenir, si nous voulons bien ouvrer et faire modéreement là-sus en paradis. » Un peu après : « Ce vin est de deux couleurs, blanc et rouge. Parquoy il est dict, Dilectus meus candidus et rubicunduSy electus ex millibus. Le blanc nous donne l'expérience d'aller en paradis : car il fait bon courage, jambes de vin et audace de joyeuseté : et le rouge fait le bon sens, réduisant en mémoire que le précieux sang

de Jésus Christ a esté tiré tout rouge de son costé pour nostre salut. Ce vin est esleu et choisi entre toutes liqueurs : Electus ex millibus, »

Au chapitre xnii : « De ce vin dessusdict est faict le bon et savoureux hipocras, claré, et pigment. Le Roy Salomon le fait et le vend, comme il est dict en ses cantiques, Dabo tibi vinum conditum. Le marchand et institeur (i). qui a baillé les drogues, espices et confi* tures aromatiques, est monsieur sainct Paul, qui de loin comme vray marchand les a apportées, c'est à-sçavoir de paradis. Par ces drogues, espèces diverses et mixtures précieuses, comme sucre, canelle, grene de paradis, cinamomum, et autres choses délicates, nous entendons les diverses espèces et multitudes des gloires de paradis, que ledict sainct Paul apporta de là-sus quand il fut ravi au troisième ciel : et tant en apporta qu'oncques ne peurent renger en l'humaine boutique du cueur humain, comme il est dict : Vidit arcana quœ non îicet homini loquiy nec in cor hominis ascendit quœ prœparavit Deus diligentibus se. Monsieur sainct Paul vit des gloires en paradis et en telle multitude, sumpr tuosité et contemplation, que le cueur de l'homme ne les peut par méditation recevoir. Ces joyes célestes vend l'apostre sainct au Roy Salomon, vray appticaire, c'est à-sçavoir à l'homme pacifique, cueur mansuet et con-templatif. »

Au chapitre xvi : ^ A fin d'avoir bons potages, et viandes bien appareillées, il est requis avoir bons cuisiniers à gens de bien, seigneurs et marchands. Les bons cuisiniers qui nous doivent servir en caresme, sont les monitions de nos bons anges, inspirations et persuasions, ausquels nous devons croire, spécialement

(i) Latinisme, d'institor^ vendeur. Littré ne donne que. l'adjectif institoire*

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