‹ Apologie pour HérodoteChapitre 163 sur 223 · CHAPITRE XXXVIII 3l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII 3l

goutte, c'est pource que caste maladie se loge volontiers au genou. Quant à S. Agnan (ou Aignan), il est vraysemblable que ceux ou celles qui pronoiiçoyent S. Tignan, ont faict ce povre sainct estre médecin de ce vilain mal qu'on appelle la tigne. On a eu le mesme esgard (selon mon jugement) en assignant les mestiers à quelques saincts : comme (pour exemple) quand on a faict S. Crépin cordonnier et patron des cordonniers, je me persuade totalement qu'on s'est souvenu de cre-' pida, mot Latin (pris du Grec) qui signifie pantoufle : tellement que S. Crépin seroit autant à dire en bon François que S. Pantoufiier. Quanta S. Medard (i), duquel le mestier est (si mestier se doit nommer) de rire du bout des dens, non plus ne me pourroit-on oster de la fantasie qu'il ne vienne du mot Grec meidatij qui signifie rire. En quelques autres saincts

rarioSy penuria scilicet aquarum. Majanus petit a Domino ut sibi de aquis prospiciat: deinde sur gens scipionem in terrant defigitj eoque rétracte, erumpere videt fontem aqua vivœ qui hodie etiamnum celebris est ob virtutem sanandi morbum medicis psoram dictum, ihilgo malum S. Majani... > A. Sanct. 21 Jun. Mean, bret., gall. maen, veut dire pierre, voy. Legonidec, Dict.

(i) « Quia priusquamtemplumœdificaretur,erat super sepulcrum Sancti cellula minutis contexta virgultjs et dedicato temple hatcfuit amota, dignum est ut de ipsius ligni tenuitate magnum aliquid proferamus. Nam sœpius de eo hastulce factœ parumpter acutœ dolori dentium remédia contulerunt. Hcec audiens Charimeris qui nunc referendarius Childeberti régis habetur, dum de hoc dolore laborarety basilicam Sancti expetiit ut sumturus ex ligno a virtute Sancti medicinam mereretur accipere : sed veniens, ostium reperit obseratum. Confisus ergo quia virtus Beati ubique sit prœsenSy extracto cultro hastulam excutit ab ostio. Statimque ut dentés adtigity noxius dolor abscessit. » Greg. Turon. de Gloria Conf.y cap. XCV. Voici maintenant ce qu'on lit dans le Thésaurus au mot (jLEiSdcco : Subridere, quod vulgo dicimus jocantes (Rire du bout des dents}. Ideoque Medardi nomini (quod ab hoc [xeiSàv deductum esse liquet) optime convenit ejusmodi risuSy qualem vulgus nostrum ei tribuit ac meorum Parisinorum vulgus pratsertim. Saint Médard qui rit du bout des dents. > Médard se décompose en mathy hart = honor^ durus; voy. FOrstemann, Namenbuchy I, 917.

je croy qu'on a eii considération des maux dont ils ont esté persécutez pendant qu'ils estoyent en ce monde. Dequoy nous avons exemple en S. Susanne, qui fait profession d'avoir pitié des personnes ausquelles avient le mesme opprobre qu'on luy fit pendant qu'ell'estoit sur terre, ou quelque autre semblable. J'ose bien aussi asseurer que pour ce mesme esgard on a faict Job médecin : mais on a eu grand tort de le faire médecin des vérolez (i), comme si la gale qu'il a eue avoit esté vérole : laquelle maladie nous sçavons n'estre née qu'un peu devant nostre temps . Quant à plusieurs autres saincts et sainctes, je pense qu'on s'est réglé par leurs légendes, quand il a esté question de leur assigner leur office ou mestier. Comment qu'il en soit, je mettray ici le rôle des autres que je n'ay point nommez en ce dernier catalogue, sans oublier leurs dictes offices ou mestiers. Comme S. Crépin est cordonnier, ainsi S. Roch (qui guarit aussi de quelque maladie) est save-

(i) Il y a messe de Saint Galle, parce que c'est pour les galeux Et saint Job est pour les rogneux :

Et pour dire en une parole, n guérit bien de la vérole, Et d'autant que le benoît Saint De soy-même seroit mal sain, Sans le prendre en mauvaise part, Il est en une chambre à part :

Autrement seroit en danger De tous les autres Saints anger.

^Inventaire des Messes^ attribué à Hans Knobloch.

« C'est une impudence scandaleuse que de dire que la maladie de Job était la grosse vérole. J'avoue que dans l'Eglise romaine il est le patron des véroles, mais cela ne conclut rien pour l'autre supposition. Il était vénéré dans cette Eglise avant que la vérole fût connue dans l'Europe. » Bayle, Dict. Cf. Guy Patin, lettre 368, p. 102 du t. III; Molanus, Medicorum ecclesiasticum diarium, Lovanii, iSgS, in-8, p. 68; Gisb. Voôtius, Disp. iheolog., t. III, p. 435 ; Acta Sanct., Maii, Vl'et VII«vol.

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