CHAPITRE XXV 9I
estre crucifié, la vierge Marie Teust crucifié dé ses deux mains. Il est vray que chacun allègue son auteur, et ajouste que ce vouloir luy fust procédé de la grande affection qu'elle portoit au salut du genre humain. Mais d'autant que ce propos pourroit sembler incroyable, je mettray leurs propres mots, et cotteray aussi le fueillet où ils sont. Premièrement donc es sermons de Menot, au fueill. 169, col. 3, un peu devant la fin, où il y a Finis evangeliorum quadragesi" malium, nous lisons ce qui sensuit : Audivi ab ore magistri Huet in conventu Parisiensi prœdicantis, quod si non alius se obtulissçt, yirgo Maria tanto fjfelo amabat redemptionem generis humani, quod propriis manibus filium crucifixisset. Quant à Barelete, ,voici comme il parle de la vierge Marie, au fueill. 1 13, c. 2 : Quia iempore passionis; quanvis sut dolores essent intensif videndo filium affligi^ tamen volebat filium mori pro humanœ generaiionis salute. Et ut dicit archiepiscopus^ Si alius modus non fuisset, ipsamet filium proprium occidisset. Quia non minor erat chantas sua quam Abrahce qui filium suum erat paratus occidere. Ge mesme prescheur dit que les Apostres vindrent à la vierge Marie se plaindre de ce que Jésus-Christ son fils ne leur tenoit point promesse quant à envoyer le sainct Esprit : et mesme que pour ce il y eut dissension entre le Père et le sainct Esprit, qui craignoit qu'on le traitast comme on avoit traité Jésus-Christ. Unde isto mane ad Mariam veniunt, dicentes, Heu filius tuus nobis promisit mittere Spiritum sanctum : hodie sunt decem dies quod ascendit, et adhuc Spiritum sanctum non misit. Et Virgo, Non dubitetis quod hodie omnino mittet : nec ante mittere debuit. Et ratio, Quando Deus traxit populum de captivitate JSgypti, quinquagesimo die descendit in forma ignis in monte Sina^ dando legem : fuit figura
quod quinquagesimo die resurrectionis suce nos Hhe^ raret et vivificaret. Vnde ponamus nos in oratione. Petrus cum aliis se ad unam partent posuit : La^arus cum Lxxii, ad aliam : et Magdalena cum aliis mulieribuSj ad aliam : et virgo Maria in medio. In cœlesti palatio facta est dissensio inter Patrem et Spiritum sanctum. Opater ( inquit Filius ), promisi Apostolis meis paraclitum et consolatorem : tempus advenit ut promissionem attendam, Cui Pater, Sum contentus : indica Spiritui sancto. Cui Spiritus sanctus, Die mihi quomodo te tractavere, Cuifilius^ Vide me per charitatem, Ostendit ei latus et manus et pedes perforatos. Heu mihi ! Sed vadam in aliam effigiem, quod non audebunt me tangere. Qui descendit cum maximo strepitu. Factus est repente de cœlo sonus tanquam advenientis, etc. Voyez au fueillet 178, col. i.
Oyons un discours du mesme prescheiir, plein dé blasphèmes encore plus incroyables que les précédens, veu mesmement que par iceux est profané le principal mystère de la religion Chrestienne. Il est au fueillet 229, col. 4, Quanvis ab œterno Deus prcedestinaverit, etc. Car d'autant qu'il est long, il me suffira d'en mettre la traduction Françoise, en abbrégeant toutesfois quelques lieux. Combienque Dieu (dit- il) eiist de toute éternité prédestiné Tincarnation de son fils et le salut du genre humain, il a voulu toutesfois qu'il fust impétré par les prières de nous et des saincts personnages. Tellement que les saincts Pères avec larmes ont requis ce jour : et nous appert par les Escritures combien grand a esté leur désir. Or voyans, Adam, Enos, Enoch, Mathusalem, Lamech, Noé (desquels chacun a vescu si longtemps), qu'ils n'obtenoyent point ce qu'ils demandoyent, ils prirent une résolution d'envoyer des ambassadeurs : premièrement Esaie, disant en son chapitre 16, Seigneur, envoyé Pagneau domi-