‹ Apologies [microforme]Chapitre 3 sur 9 · LS EL · texte numérisé non relu

LS EL

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quelque oiseau dans un matin gris perle, un automne lent à mourir, tels sont les thèmes qu’il exploite et enrichit. Un poète acharné à poursuivre le reflet des choses et leurs relations les moins prochaines, et qu’une mélancolie secrète, portée avec la vie, prédisposait à une sorte de féminité sentimentale, devait trouver, dans la nature qui se découronne avant de mourir, le motif de larmes distinguées. Pourtant, il ne refera pas la complainte lamartinienne. C’est à cette limite imprécise où l'été consume son dernier flambeau et où l’automne n’est pas encore, que sa promenade à travers bois s'effectue. Il y veut être à l’aurore avant que ses petits hôtes ordinaires aient bu toute la rosée. Qu'est-ce qu’une fleur de la solitude qui n'offre pas au poète, dans son calice épanoui, le joyau merveilleux déposé par la nuit finissante? Et qu’il se hâte de contempler une dernière fois la source avant qu’elle ne soit obscurcie sous les feuilles tombées et ne ressemble, par l'anarchie des éléments qui la troublent, aux existences chargées des scories du rêve:— tristes larves végétatives, privées de floraison; symbole parfait de ces algues remuantes, qui, au fond des eaux, étalent une vie chétive d’où

pas une fleur ne s’élance.

A côté de ces paysages de nature et d'âme où il mêle l’expression du sentiment abstrait à la vie fourmillante, le poète célèbre l'amour. M. Lozeau n’est qu’un homme et il fait son métier d'homme. Il chante l’amour terrestre. Et c’est très bien. Nous sommes assez faillibles et assez grands pour le subir et l’éprouver en profondeur. Quel est le poète de génie qui n’a pas consacré ses plus magnifiques vers à le glorifier” Lamartine, le plus pur poète du dix-neuvième siècle, a dépassé en beauté ce monologue unique, sublimisé par la voix des musiques intérieures, éternel par-delà les jours et la mort.

M. Lozeau est humain; il devine combien un cœur d'homme est puissant dans l'amour. Il n'empêchera pas sa muse d’approcher les tentations de la terre et de s’y laisser, du moins, effleurer. Sur la tapisserie de sa chambre, il a vu le drame, l’illustre drame dont on n’a pas encore appris s’il fallait déplorer davantage l’affreux égoïisme de l’homme ou l’inconsciente légèreté de l’animal féminin. Au profit d’une idée étrangère, divine uniquement, il ne confond pas des sentiments qui, très beaux, très forts, ne s’unis-

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