‹ Apostolat opportunChapitre 23 sur 64 · LES S KM IN MUES · texte numérisé non relu

LES S KM IN MUES

cœur, c'est la science qui te rendra honorable aux yeux du monde et puissant sur les hommes de ton siècle !

El puis nos petits Séminaires, nos collèges ecclésiastiques donnent plus et mieux que la science. Et c'est ici qu'ils défient toute comparaison et méritent tous les suffrages. Ils enveloppent leurs élèves d'une atmosphère de vertu et de piété. Oh ! combien il est bon, quand une àme doit être vouée à la chasteté parfaite, qu'elle reste toute pure ! Et comment sera-t-elle pure sinon par la piété? Là, dans nos petits Séminaires, on donne au jeune homme une sérieuse instruction religieuse. Là, on l'habitue à des pratiques religieuses, régulières, modérées, bien faites. Là, on lui offre des l'êtes religieuses splendides et des cérémonies touchantes, dont le souvenir profond et tenace ne sera jamais plus effacé par les vagues tourmentées de la vie réelle. Là, la discipline n'est pas militaire comme dans une caserne, mais paternelle comme dans une famille. Elle contient le jeune homme sans le briser. Elle lui inspire le sentiment du respect, et non la sensation de la peur. Elle le traite comme un enfant de la maison et non comme un esclave qui se sent prisonnier. Là, on sait se faire obéir, mais on sait surtout se faire aimer. Là, on élève des hommes

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libres, une jeunesse pure, des chrétiens solides. En terminant nous demandons instamment à tous les prêtres de préparer d'abondantes recrues pour nos petits Séminaires. Faisons pour les autres, ce qu'on a fait pour nous. Pourquoi sommes-nous honorés du signe sacré du sacerdoce? Parce que Dieu l'a voulu et parce que nos familles Font permis? Oui sans doute, mais aussi parce que de vénérables prêtres ont discerné et cultivé notre vocation. Présentez-nous des élèves bien choisis qui promettent de devenir un jour ministres de Dieu. Mettez-vous à l'œuvre, prêtres bien-aimés; faites pour votre diocèse aujourd'hui ce qu'ont fait autrefois pour vous les anciens du sacerdoce ; payez ainsi à vos aînés la dette sacrée de la reconnaissance. A leur exemple, choisissez, élevez près de vous quelques enfants prédestinés, donnez-leur quelque commencement de la lin. Nous vous aiderons, nous y mettrons tous les soins, tout le zèle, tout Y argent nécessaire. Et la grâce de Dieu sera avec nous tous.

La formation du clergé commence dans les petits Séminaires. Elle continue et s'achève dans les grands Séminaires, qui sont pour l'Église ce que l'Ecole polytechnique et l'Ecole Saint-Cyr sont pour l'armée. A Saint-Cyr et à Polytechnique

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on forme de vaillants soldats, au grand Séminaire on forme de bons prêtres.

Les grands Séminaires sont des écoles spéciales de formation sacerdotale absolument nécessaires. En effet, il faut à l'Eglise des prêtres saints, des prêtres instruits, des prêtres zélés. Or, ni la sainteté, ni la science, ni le zèle ne s'improvisent. Donc cinq ou six années de séjour au grand Séminaire sont indispensables pour préparer dans le jeune lévite le prêtre de l'avenir.

11 faut à l'Eglise des prêtres saints. C'est assez clair. Le prêtre est le sel de la terre, c'est-à-dire qu'au milieu d'un monde plus ou moins corrompu il doit garder sa saveur morale et la communiquer aux autres. 11 doit être pur de corps, d'esprit, de cœur et d'affection. Sans cesse il est obligé de vivre dans l'atmosphère empoisonnée du péché et de ne point se laisser gagner par la contagion. Là où tant de victimes sont abattues, il doit rester debout comme s'il était invulnérable. Homme, il faut qu'il vive d'une vie angélique. J'ai dit qu'il fallait à l'Eglise beaucoup de prêtres. C'est vrai. Mais ce qui est plus vrai encore, c'est qu'il faut à l'Eglise de bons prêtres. La vigne du père de famille n'est pas cultivée en proportion du nombre de bras. C'est la qualité qui importe beaucoup plus que la quantité. Un saint vaul des

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milliers d'hommes, et un Curé d'Ars fait plus que des millions d'honorables fonctionnaires habillés de noir. C'est de vie que le monde a besoin et non de gestes et de paroles. Or, pour vivre et faire vivre les autres, il faut s'y préparer de longue main. 11 faut, pendant des années de noviciat, avoir pris l'habitude de marcher pieds nus dans les rudes voies et de porter avec le feu de l'amour le bois lourd du sacrifice. La sainteté ne s'improvise pas. Donc les grands Séminaires sont nécessaires.

Il faut à l'Eglise des prêtres instruits. C'est clair. Pour rendre compte de sa foi, et à sa propre conscience qui l'interroge, et aux âmes tourmentées de doutes qui le harcèlent, le prêtre a besoin d'une science théologique sérieuse. Pour exercer son ministère de docteur en chaire, son ministère de médecin au confessionnal, son ministère d'apôtre dans les conversations, le prêtre a besoin de beaucoup de savoir. Un clergé ignorant serait un fléau pour l'Eglise et les âmes. Sainte Thérèse dit quelque part : « Je préférerais consulter un confesseur savanl qui ne pratique point la prière plutôt qu'un homme de prière qui n'est pas un savanl; car celui-ci ne pourrait pas me conduire à la vérité. » Et ce qui était vrai autrefois esl encore plus vrai aujourd'hui. Aujourd'hui tous les hommes

sont curieux et chercheurs. Ils explorent toutes les régions du savoir. La foi naïve du charbonnier ne suffit presque plus à personne. Tout le monde discute et veut se rendre compte de ses croyances. Ce n'est pas un mal. Mais cela crée au prêtre une terrible besogne. Sans doute on ne peut pas raisonnablement nous demander de connaître à fond toutes les branches de la science profane. Et cependant nous devons au moins en avoir une connaissance suffisante pour prouver au besoin que ni les faits historiques, ni les découvertes scientifiques ne peuvent ébranler les fondements inexpugnables du christianisme, et qu'il y a un accord parfait entre le Dieu de la science et le Dieu de la révélation. Au commencement du siècle dernier, on présentait au Séminaire de Saint-Sulpice un jeune homme bon, mais peu intelligent, et le Supérieur, M. Emery, refusait de le recevoir. « Que m'imp >rte la piété du sujet que vous me présentez, s'il est inintelligent? Au bout de quelques années, la piété s'en va et la bêtise reste; je n'en veux point. » Aujourd'hui plus que jamais il Tant à l'Eglise des prêtres instruits. Or, pour s'instruire, il faut étudier, i! Tant travailler. 11 faut, pendant do années de noviciat, approfondir les sciences sacrées, et un>si, dans une certaine mesure, les sciences profanes qui confinent à l'Ecriture sainte

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et à la Théologie. Pas plus que la sainteté, la science ne s'improvise. Donc les grands Séminaires sont nécessaires.

Enfin il faut à l'Eglise des prêtres zélés. C'est clair. Un prêtre qui ne serait que pieux et instruit ne serait que la moitié ou les deux tiers d'un prêtre. Le prêtre doit se donner aux fidèles d'abord, les prêcher, leur administrer les Sacrements, répondre à leurs requêtes le jour et la nuit, les assister dans leurs besoins, s'approcher du lit des mourants, même au prix de sa vie. Et puis il doit reconquérir les indifférents et les hostiles, aller au peuple, connaître et aimer son siècle, pour des besoins nouveaux créer des méthodes nouvelles. Il faut à l'Eglise des prêtres zélés. Or, pour allumer dans une àme la flamme du zèle, pour préparer un jeune homme à l'apostolat, pour outiller et pour former les ouvriers évangéliques, pour leur apprendre à allier la vie intérieure et le contact du monde, pour les immuniser contre les atteintes du mal et leur enseigner les moyens de faire du bien, il faut du temps, beaucoup de temps. Le zèle ne s'improvise pas plus que la science, pas plus que la sainteté. Donc les grands Séminaires sont nécessaires... aussi nécessaires à l'Eglise que Saint-Cyr et Polytechnique à l'armée. Et les supprimer, les amoindrir, les affamer, les

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empêcher de se recruter, c'est persécuter l'Église au premier chef. Ei les soutenir, les encourager, les faire vivre et prospérer, c'est pour les catholiques un devoir de première importance.

Entrouvrons maintenant la porte des grands Séminaires et considérons la vie des grands séminaristes. Rien u'esl ici à cacher. Vous avez vu ces grandes maisons d'aspect sévère, dont les fenêtres discrètes ne laissent échapper aucun bruit, et dont les portes sont fidèlement gardées contre les invasions du monde. C'est la patrie du silence et du recueillement. Il y a là cinquante, cent ou deux cents jeunes gens soumis à une règle commune, ei groupés autour de quelques vétérans du sacerdoce. Quels sont ces vétérans du sacerdoce? Et quelle esl cette régie commune?

Les Directeurs des grands séminaires sont des prêtres vénérables, instruits, l'élite du clergé par la science et par la vertu. Jusqu'à ces derniers temps ils appartenaient pour la plupart à des Instituts religieux, à Tordre de Picpus, à la Congrégation des Lazaristes, à la Compagnie de Saint Sulpice, que M. Olier a fondée au xvu' siècle et que M. Émery a restaurée au commencement du siècle dernier. Fénelnn «lisait : « Je ne connais rien de plus vénérable et de plus apostolique que Saint-Sulpice. •etM-' Dupanloup: « Le nom de Saint-Sulpice doit m'être cher

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jusqu'au dernier soupir. J'y ai trouvé tous les biens de Dieu. » L'affreuse tempête qui vient de passer sur l'Eglise de France n'a pas respecté ces grandes institutions. Dans nos grands Séminaires, transformés en écoles supérieures de théologie, on ne trouve plus de religieux. Mais on y trouve des prêtres séculiers qui essaient de continuer et continuent, en effet, les traditions et les exemples du clergé régulier. Qu'il nous soit permis de signaler à l'admiration et à la reconnaissance des catholiques la vie de ces hommes qui dirigent nos grands Séminaires. Rien de plus simplement beau. Tous les jours, pendant toute leur vie, ils suivent scrupuleusement la même règle que leurs jeunes élèves. Ils ne disent pas aux jeunes recrues : «Allez! » ils sont à la tête de la colonne el ils disent : « Suivez-nous ! » Ils sont le vivant exemplaire de la perfection sacerdotale. Autour d'eux le monde fait du bruit et les ignore. Eux fout du bien, et restent silencieux. Sous de tels maîtres, les élus de Dieu coulent des années tranquilles et douces et partagent leur temps entre l'étude et La prière.

Une règle sainte les gouverne el les prépare au sacerdoce. Ils obéissent. Il le faut: car demain ils seront prêtres, c'est-à-dire hiérarchisés, soumis à leur évêque, prêts à aller dans n'importe quel

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poste du diocèse, sans consulter leurs attaches ou leurs répugnances. — Ils étudient. Pendanl cinq ans ils se plongent dans les mystères de la science sacrée. Il le faut; car demain ils seront prêtres, c'est-à-dire docteurs, prédicateurs, moralistes, controversistes, obligés par conséquent d'avoir des idées et des solutions, de la précision dans la parole et de la justesse dans les réponses. — Ils prient. Ils se revêtent de la force d'en haut. Ils s'habituent à vivre près de Dieu et avec Dieu. Ils amassent en eux des trésors d'énergie surnaturelle. Il le faut; car de main ils seront prêtres, c'est-à-dire sanctificateurs, et comment pourraient-ils sanctifier, s'ils n'étaient pas saints? Là, on forme en eux la conscience Il le faut; car demain ils seront prêtres, c'est-à-dire abandonnés à leur propre initiative, jetés au milieu d'inévitables périls, chargés d'obligations assujettissantes et des missions les plus délicates. Ils devront agir pour Dieu et non pour les h oui mes, par le seul amour du devoir et non par la crainte des jugements humains. Dans les grands séminaristes on forme l'homme de conscience. — On forme en eux le caractère. 11 le faut ; car demain ils seront prêtres, c'est-à-dire voués à l'action el à la contradiction. Ils n'auront pas à exécuter automatiquement des ordres venus de plus haut ; ils devront entreprendre des œuvres

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et les poursuivre avec persévérance. — Dans les grands séminaristes, on forme l'homme de caractère, l'homme de conscience, et enfin l'homme apostolique. Il le faut; car demain ils seront prêtres, c'est-à-dire faits pour les autres, faits pour les âmes. Ils sont donclegerme de quelque chose de grand. Sauveurs du monde, on les prépare à l'apostolat. C'est ainsi que peu à peu ils montent tous les degrés du sacerdoce : sous-diacres à vingt et un ans, irrévocablement voués par le vœu de chasteté au service de Dieu, diacres et bientôt prêtres à vingt-trois ou vingt-quatre ans, recevant sur leurs épaules, à cet âge encore tendre, mais déjà viril, un fardeau terrible, redoutable aux anges mêmes. Voilà nos grands séminaires, ainsi appelés, parce que c'est là que poussent les jeunes plants qui doivent remplacer dans le clergé les arbres que la fatigue a rendus stériles et ceux que la mort a renversés.

De tout ce qui précède il résulte avec évidence que le clergé français est sérieusement formé. Y a-t-il beaucoup de prêtres qui sont ordonnés sans vocation? Nous ne le pensons pas. Dans l'état actuel de L'Eglise de France, nous avons très peu de biens ecclésiastiques capables de tenter un aspirant aux saints ordres, disons plutôt que nous n'avons plus aucun bien à nous appartenant, puisque

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le peu que nous avions nous a été volé; donc les Vocations ecclésiastiques qui viennent à nous sont îles vocations désintéressées. D'autre part, il y a dans la vie séculière des carrières nombreuses et lucratives, bien plus aptes que le sacerdoce à solliciter l'ambition des jeunes gens. Enfin, dans nos petits et grands Séminaires une sélection s'opère, qui élimine du sanctuaire les candidats douteux. La formation du clergé est longue et pénible. Les âmes sans vocation ne résistent pas à l'épreuve ; les Ames molles ne peuvent tenir la carrière ; les soldats indisciplines sont rejetés hors de la troupe; il n'arrive au but que les coeurs persévérants et loris, en moyenne un seul prêtre pour cinq ou six essais. C'est une garantie de valeur pour Tannée de l'Église. La perfection absolue n'existe pas sur noire pauvre terre; ilnefaut demandera l'humanité qu'une perfection relative; or, sinous comparons la tribu sacerdotale aux autres corporations, nous pouvons affirmer qu'elle se recrute dans des conditions exceptionnellement favorables qui lui assurent une incontestable supériorité. Réjouissez- Vous, catholiques de France: votre clergé est sérieusement formé. 11 est digne de votre estime et de votre confiance. Confiance, c'est par ce mot que nous voudrions conclure.

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Fidèles, ayez confiance dans cotre clergé. Jamais, je crois, le clergé français n'a été plus digne de la confiance du peuple chrétien.

Que peut-on reprocher au clergé français? Serait-ce son manque de savoir? Nous sommes plutôt coupables de trop bien réussir dans l'acquisition et dans la distribution de la science, puisque, pour rivaliser avec nous sur le terrain de l'enseignement, on ne trouve pas d'autre moyen que celui de nous supprimer.

Que peut-on reprocher au clergé français ? Serait-ce son manque de vertu ? Certes, nous ne sommes pas assez saints, et tous les jours les meilleurs d'entre nous demandent à Dieu de n'être pas trop au-dessous de leur sublime vocation. Cependant, au point de vue moral comme au point de vue intellectuel, le clergé français ne fait pas mauvaise figure. Jeté dans un milieu difficile, exposé par son ministère même aux plus grands périls, il est rarement atteint par la contagion commune, et il obtient le respect de tous les hommes de bonne foi.

Que peut-on reprocher au clergé français? Serait-ce son manque de courage ? Représentants de Dieu, nous annonçons sa parole, nous affirmons ses droits, nous promulguons sa loi, en son nom, nous proclamons tout ce qui est bien et nous

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condamnons tout ce qui est mal. Qui oserail dire

que cela est facile? Notre mission est glorieuse, mais elle nous coûte cher. Nous avons le redoutable honneur (rameuter contre nous la colère de l'athée, du matérialiste, de l'impie et du libertin, de tout homme en un mot qui outrage ici-bas par sa parole, par sa plume ou par sa vie, la morale ou la vertu, c'est-à-dire Dieu lui-môme. La cause du Bien est identifiée dans le monde avec notre cause et nous sommes les victimes de la doctrine que nous personnifions.

Que peut-on reprocher au clergé français ? Serait-ce son manquede dévouement ? Notre manque de dévouement ! Mais nous ne vivons que pour les autres, nous ne sommes occupés qu'a faire du bien à nos semblables. Nous semons l'Evangile dans les villes et dans les campagnes, à l'église et en dehors de l'église, par la parole et par L'écriture, partout, toujours et de toute façon. Est-ce un mal ? Nous instruisons les âmes, nous les puritions, nous les sanctilions, nous les consolons, qous les transfigurons. Est-ce un mal ? Nous visitons et nous assistons ceux qui soutirent. les malades, les agonisants, les vieillards, les familles en deuil, les oubliés, les découragés. Est-ce un mal ? Nous nous adressons aux classes riches pour les modérer et les attendrir et aux

classes pauvres pour les apaiser et les relever, ce que nous recevons des uns nous le donnons aux autres, par des œuvres de justice et de charité nous tâchons d'instituer une meilleure répartition du hien-être. Est-ce un mal? Nous construisons des églises, nous ouvrons des écoles, des patronages, des salles paroissiales, nous suscitons des jardins ouvriers et des habitations ouvrières, nous créons des mutualités, nous cherchons et nous offrons du travail. Est-ce un mal ? Où est le politicien qui fait pendant toute sa vie la moitié du bien que nous faisons en une seule de nos années ? Où est le savant, le philosophe, le philanthrope, qui a renoncé à tout pour appartenir à tous et qui, comme le prêtre, ne s'occupe qu'à organiser le bien, à l'étendre, à l'universaliser, aie diversifier à l'infini ? Le dévouement du clergé français est légendaire. Le jour où la France cesserait d'avoir des prêtres, elle n'aurait plus ni les institutions, ni les œuvres qui vivent du sacerdoce, et le vide que nous laisserions après nous serait si profond qu'il ne pourrait pas même être comblé par des ruines.

Notre manque de dévouement ? Mais c'est notre dévouement qui fait notre crime. Au fond, les impies n'ont pas autre chose à nous reprocher. Ils constatent avec effroi la divine fécondité du

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sacerdoce, et reconnaissant qu'ils ne peuvent lutter avec lui sur le terrain de la grandeur morale sur le terrain de la bienfaisance, sur le terrain du désintéressement, ils semblent dire : « Entre vous clergé et nous libres-penseurs l'égalité n'existe pas. Pour tarir vos bienfaits, nous n'avons qu'un moyen, c'est de vous enchaîner. ». L'impiété a une peur effroyable de notre dévouement.

Peu nous importe. Rien ni personne ne nous détournera de notre glorieux service. Dans le don de nous-mêmes à Dieu et à nos frères, nous resterons incorrigibles, inlassables, invincibles. On pourra nous calomnier, mais on ne pourra pas nous empêcher de nous dévouer. On pourra nous tuer, mais on ne pourra pas tuer la passion du bien qui descend du cœur du Christ dans notre pauvre cœur, la passion du bien qui nous dévore, qui nous consume, qui nous surexcite, qui nous exalte au-dessus de toutes les injustices et de toutes les ingratitudes ! Ayez confiance dans votre clergé !

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