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C. La Religion avance

Elle avance là- ha s aux États-Unis. Il y a cent

APOSTOLAT Ol'I'ORTLW. — 2.

ans, dans la grande République américaine, il y avait à peine cent mille catholiques : on en compte actuellement quinze millions, et non pas des catholiques de nom et de surface, mais des catholiques pratiquants.

La religion avance là-bas en Extrëme-Orieni. Voici que se fonde à Tokio une Université catholique sous la direction des Jésuites. Bientôt la capitale du Japon deviendra un centre de science et de foi catholique. Le flambeau de l'Evangile ne s'éteint pas, il change de place; il laisse dans la nuit les civilisés qui le repoussent, et il va éclairer des races neuves qui ne le connaissent pas.

La religion avance là toul près de nous, en Angleterre, où l'on compte à peu près dix mille conversions par an, et des conversions préparées et mûries par de longues réflexions, des conversions qui se recrutent surtout dans les classes les plus cultivées et les plus influentes.

La religion avance là tout de près de nous, en Allemagne, où le Centre catholique vient de remporter une victoire qui lui assure au Reichstag une place prépondérante.

J'ose dire que même chez nous, dans notre cher pays, en apparence et officiellement athée, la religion avance. Toutes les parties pourries de la nation s'en vonl à la libre-pensée. Mais de plus

Al'uKTOLAT OPPORTUN

en plus, Vèlite, les meilleurs esprits, les esprits les plus élevés et les plus réfléchis, les meilleures âmes, Les Ames les plus honnêtes et les plus indépendantes, se rapprochent du catholicisme. Des écrivains de première valeur travaillent à la diffusion de la vérité religieuse. La philosophie chrétienne trouve des interprètes dignes d'elle. Des historiens remettent dans leur éclat nos grands âges catholiques. Les découvertes de la science Lussent intacts nos dogmes et nos Livres Saints. La vraie sociologie rend justice aux principes de L'Evangile, et Léon XIII a dit sur la question ouvrière plus de choses que les novateurs ne pourront en réaliser d'ici longtemps. Dès maintenant, la religion avance dans l'élite, dans les parties hautes, dans les parties fortes de la nation. Elle avance même dans la foule. La foule commence à voir clair, à comprendre que l'impiété in1 lui a lait aucun bien et qu'au contraire elle lui a lait beaucoup de mal — que l'impiété a déprimé sa vie morale et n'a pas amélioré sa vie matérielle. El voilà que le soir, à la table de famille, /<• père ri la mère reconnaissent ensemble qu'il serait sage de donner à leurs enfants une éducation chrétienne. Et voilà que dans les champs les paysans s'aperçoivent que la cessation du culte serait la mine du bourg, et, constatant

autour d'eux rabaissement des caractères et des mœurs, ils regardent du coté de leur vieille église depuis trop longtemps oubliée et délaissée. Et voilà que, dans leurs comptoirs et à leurs bureaux. les industriel* et les commerçants se disent que la guerre menée contre la religion n'est bonne qu'à troubler les affaires déjà si précaires et si difficiles. Et voilà que, dans leurs ateliers et sur leurs chantiers, les travailleurs se murmurent les uns aux autres qu'on leur a beaucoup promis et à peu près rien donné et qu'en devenant moins religieux, ils ne sont pas devenus plus heureux. Et voilà que, dans la conscience réveillée de la multitude, s'annonce l'avènement d'un ordre meilleur et une orientation vers les croyances et les pratiques religieuses. — La religion sort vivante du cercueil où croyait l'avoir ensevelie l'incrédulité méprisante, et elle reprend son empire dans des milieux qui semblaient lui avoir échappé à jamais. Elle vit, elle résiste, elle avance. Confiance donc, mais aussi courage, courage pour lui préparer un avenir meilleur encore, et une action plus profonde.

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