LA CONFECTION ET L'ENTRETIEN DES ORNEMENTS D'ÉGLISE
Les femmes chrétiennes doivent d'abord se sanctiiier pour mieux sanctifier les autres. Elles doivent se livrer ensuite à l'apostolat. Mais de quel côté faut-il orienter leur activité ? Nous voudrions indiquer ici une première œuvre, une œuvre intéressante et pieuse qui leur convient particulièrement et qui a pour but l'entretien de nos églises et de nos ornements d'église.
I. C'est mal comprendre la charité, c'est la comprendre à la manière des hérétiques et de tous les cerveaux étroits, que de la restreindre à l'amour de F homme. Les catholiques de tous les âges ont aimé Dieu plus que leurs frères, et tout en jetant leur manteau sur la nudité des pauvres, ils n'ont pas oublié la nudité de leurs temples; ils ont jeté sur nos églises le riche manteau des verrières, des fresques, des sculptures, des tableaux, de l'or, de l'argent et des pierreries. Ils ne se sont pas lassés d'embellir l'Epouse de Jésus-Christ, et les vrais
catholiques ne s'en lasseront jamais. C'est notre devoir de parer immortellement cette immortelle amie de nos âmes.
D'autant que le temple n'est pas seulement la maison de Dieu ; il est encore la maison de l'homme. Comment donc ne pas l'aimer? S'il fallait dire à un iilsde soigner le sanctuaire de la famille, d'y conserver religieusement les images des ancêtres, les portraits d'un père et d'une mère ; s'il fallait dire à des citoyens, à des magistrats de soutenir et de maintenir dans leur dignité les édifices où s'agitent les destinées de la patrie et où se conservent les souvenirs de sa gloire... tout serait perdu, car il n'y aurait plus d'esprit de famille et plus d'esprit national.
D'ailleurs, ne nous faisons pas d'illusions, l'ornementation au moins convenable de nos églises est une condition nécessaire de la conservation de la foi dans nos populations. Le temple catholique est le véritable asile des classes laborieuses. C'est là que le peuple vient chercher le repos de ses fatigues, le délassement de ses tristesses, la patience pour souffrir, le courage chrétien, ses titres de noblesse, ses plus chers souvenirs, la cendre de ses pères, les fonts sacrés où furent baptisés ses enfants, la table sainte où ils tirent leur première communion, le sanctuaire où lui-même