‹ Apostolat opportunChapitre 7 sur 64 · DU PEUPLE CHRETIEN · texte numérisé non relu

DU PEUPLE CHRETIEN

communique à l'Ame humaine une vie nouvelle, la vie divine elle-même, et sous l'impulsion de cette vie l'âme humaine s'illumine, s'élève, se transfigure; elle ne recule ni devant la rigueur des préceptes, ni devant la perfection des conseils; elle a des élans qui lui font braver les puissances du mal ; elle produit des actes qui dépassent le pouvoir habituel de la nature; en un mot, elle se sanctifie. Et là, dans la sanctilîcation des Ames, réside en dernière analyse le remède à tous nos maux, le salut des peuples. Les peuples, en etïet, ne sont pas dos troupeaux qu'on améliore en changeant leur pacage. On aura beau ajouter des progrès nouveaux aux progrès anciens et rendre plus faciles pour tous les conditions de l'existence, on n'aura rien fait, ou à peu près rien, si la volonté morale des individus, c'est-à-dire si l'âme n'a pas pris une direction supérieure. — C'est sur l'àme qu'il faut agir tout d'abord. Ce qui importe plus que tout le reste, c'est le relèvement spirituel, le salut, la sanctification des aines.

Nous savons d'ailleurs comment les âmes se sanctifient : par la prédication, par la prière et par les sacrements. Le peuple chrétien, et j'entends par là toutes les classes de la société, le peuple chrétien manque d'instruction religieuse. Quelques années de catéchisme, à l'âge de la légè-

reté etdes passions, ne lui ont donné qu'un lambeau insignifiant delà grande science du christianisme. Il faut donc étaler sous ses veux un développement continu d'instruction. En apprenant à connaître, le peuple apprendra à aimer. La foi lui viendra de l'audition de la parole de Dieu : fuies ex audit u. Et puis, à l'instruction qui atteint l'esprit, s'adjoindra le culte, la prière qui s'adresse au cœur, un culte majestueux, solennel, touchant, édifiant, des pompes religieuses qui font rayonner la majesté de Dieu et qui intéressent toutes les nobles facultés de l'homme. Le peuple a désappris les fêtes de l'Eglise, il ne court plus qu'après les fêtes du siècle; c'est un malheur. Il faut lui rendre ses antiques solennités avec tous les prestiges d'autrefois et tous ceux que nous pouvons y ajouter aujourd'hui. Le temple catholique est en même temps la maison de Dieu et le palais du peuple, les magnificences purement profanes et les pompes exagérées ne doivent pas trouver place dans nos églises ; mais des cérémonies très dignes favorisent grandement le recueillement, la prière, la contemplation, la dévotion, le repentir, l'amour de Dieu, la ferveur religieuse, la sanctification des âmes. Éclairé par la prédication et entraîné par le culte, le peuple chrétien s'oriente vers les sacrements, cette source de la grâce, cet aliment et

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