PRÉFACE. XIII
mées 9 la dictature française ne pouvait se régénérer que quand la secousse républicaine aurait assez développé le régime parlementaire et le journalisme pour faire prévaloir les besoins d'ordre sur les instincts de progrès* Ainsi commença la phase finale du titre de Conservateur, qui , désormais adopté par des républicains dégagés de l'attitude révolutionnaire, peut partout indiquer la disposition à conserver en améliorant Mais ce programme resterait illusoire sans une doctrine capable de protéger le fond en changeant la forme , au lieu de compromettre l'un pour garder l'autre.
Cette synthèse avait pleinement surgi quand une intervention décisive , non moins opportune qu'énergique, fit irrévocablement prévaloir la situation dictatoriale sur le régime parlementaire. Pendant les quatre années écoulées depuis cette transformation, le positivisme a définitivement construit la religion de l'Humanité, seule capable de consacrer et de régler Tordre et le progrès, simultanément compromis par le théologisme épuisé. Les positivistes, ainsi purifiés de leur origine révolutionnaire, peuvent se combiner avec les conservateurs , assez dégagés de leur avènement rétrograde , pour instituer la politique destinée à terminer la grande crise.
Tel est le but de cet opuscule , qui représente la transition finale comme devant caractériser la troisième génération du siècle exceptionnel , dont les deux premières furent, Tune d'abord révolutionnaire, puis rétrograde, l'autre à la fois rétrograde et révolutionnaire. Les deux conditions, religieuse et politique, de cette inauguration, se trouvent séparément remplies : il ne reste qu'à les combiner, d après une suffisante harmonie entre la synthèse universelle et la volonté prépondérante. Vu l'apti-
opuscule, ainsi devenu plus nécessaire. Néanmoins, je dois ajouter que le gouvernement a formulé son refus de manière à témoigner sa disposition à respecter la religion dont sa prépondérance seconda spontanément Tes* sor décisif. Les détours que la dictature bourgeoise employait pour les moindres embarras ont une tout autre signification quand ils émanent d'un pouvoir qui ne sera jamais soupçonné de manquer d'énergie.
11 faut terminer cette préface en complétant l'office ébauché, l'an dernier, dans celle du volume final de ma Politique positive, envers l'appréciation systématique de l'épisode militaire qui continue à préoccuper l'Occident. Par l'accomplissement de ce devoir, l'attitude générale du sacerdoce de l'Humanité se trouvera spécialement caractérisée, en indiquant l'efficacité d'une influence consultative toujours adaptée au cours naturel des événements.
L'intervention résultée de l'incident russe a successivement présenté deux modes opposés, l'un protecteur, l'autre agressif, dont le premier est assez apprécié dans ma dernière préface, écrite à la fin de juillet 1854. Quoiqu'il fût alors récent, il avait déjà manifesté les principaux caractères de l'expédition exceptionnelle où l'Occident voulait irrévocablement surmonter des impulsions perturbatrices. Tous les développements ultérieurs ont essentiellement confirmé cette appréciation, qu'il me suffit ici de résumer.
Un tel épisode a pour résultat direct et général d'éclaircir et de simplifier la situation occidentale en éliminant un élément hétérogène, qui, depuis la paix, aspirait vicieusement à diriger la politique propre au dix-neuvième siècle. Déjà cette épuration est assez ac-