PREMIERE PARTIE
la monogamie par l'obligation morale du veuvage éternel, aussi copforme à la religion de l'Humanité que contraire à la foi théologique. Faute de ce libre engagement, la sainte influence de l'épouse cesserait au temps où la mort lui procure sa principale efficacité. Le mariage subjectif devient également nécessaire à la suprême domination, qui, composée surtout d'actions posthumes, ne serait point assez sentie si les liens moraux étaient dédaignés quand ils perdent leurs sièges physiques.
En tant que mère, la femme doit toujours présider à l'ensemble de l'éducation humaine, où le sentiment ne pourrait autrement prévaloir. Ce privilège est directement incontestable envers la première phase septennale, dont là destination , essentiellement affective , ne laisse aucun doute sur une attribution d'où dépend tout le succès de notre préparation. Mais l'ascendant maternel ne convient pas moins à la période plus équivoque qui s'étend de la dentition à la puberté. Là commence l'essor régulier de l'intelligence, à la fois spontané quant aux faits et procédés de tout genre qui seront ultérieurement coordonnés, et systématique envers les principales études esthétiques. Devant surtout consister en exercices habituels, celles-ci peuvent toujours se rattacher au culte intime, qui s'organise alors ; en sorte que la mère peut encore suffire à tout diriger, si sa propre éducation Ta convenablement préparée à sa destination.
Il en est autrement pour le complément septennal où l'essor théorique doit consolider l'initiation domestique, d'abord affective, puis esthétique, en la liant à l'appréciation fondamentale de l'ordre universel que l'Humanité subit et modifie en le résumant. Ce noviciat èystématique, dont chaque année nous fait monter le degré correspon-
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dant de Téchelle encyclopédique, peut seul nous faire assez sentir rensemble des lois abstraites, pour instituer des convictions sans lesquelles les meilleurs sentiments ne sauraient résister aux perturbations habituelles. Mais Il n appartient qu'au sacerdoce d'établir la liaison fondamentale de l'homme au monde par le Grand-Être pendant la dernière période où la providence civique' complétant la tutelle domestique, nous préserve des sol' hcitudes pratiques. Normalement commune à tous les rangs, et même aux deux sexes, cette préparation pose, dans chaque âme, les bases nécessaires de l'influence systématique que le pouvoir spirituel doit ensuite exercer sur toute l'existence humaine. Toutefois, la surintendance maternelle, toujours respectée par le sacerdoce, est spécialement convenable envers ce complément de l'éducation universelle, pour éviter ou réparer les dangers moraux qui resteront propres à la culture théorique, quels que soient les progrès de la discipline philosophique.
^ Relativement au sexe dirigeant, le positivisme consolide et développe la constitution domestique en étendant l'autorité maritale et paternelle par la double faculté de tester et d'adopter. La femme devant toujours être dispensée du travail extérieur afin de pouvoir assez remplir ses deux offices intérieurs, elle doit librement abandonner les dots et les héritages qui, n'ayant plus de motifs matériels, nuiraient à sa mission morale, en suscitant de vicieuses aspirations. Ainsi s'établit la concentration normale des capitaux chez les serviteurs pratiques de l'Humanité, pour que leur puissance et leur responsabilité reçoivent toute l'extension convenable. Mais cette condensation, indispensable à l'efficacité sociale du tré-