PREMIÈRE PARTIE
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nés qui peuvent seuls assurer le bonheur et le devoir. L'organisme politique, dont le sacerdoce est l'âme, doit ainsi devenir, comme l'organisme domestique condensé chez la femme, l'extension décisive de l'organisme individuel , représenté dans le tableau cérébral. Une telle connexité se trouve directement consacrée par le culte universel du Grand-Être, où les treize mois de l'année positiviste sont respectivement voués à célébrer d'abord les six liens fondamentaux, puis les trois états préparatoires, enfin les quatre fonctions normales. Dans cette dernière partie, la sociolâtrie idéalise à la fois la providence humaine et la constitution sociocratique. Après avoir adoré la providence morale qu'exerce la Femme, on y glorifie, suivant la dignité décroissante , la providence intellectuelle du sacerdoce, laprovidencematérielle du Patriciat, et la providence générale qui doit spontanément émaner du Prolétariat.
Je ne puis ici faire assez comprendre comment le positivisme institue l'harmonie normale des quatre éléments nécessaires du régime humain. Le but de cet opuscule me permet seulement d'indiquer la solution religieuse du principal problème politique, concilier l'ordre et le progrès. Elle émane de la Famille dans l'éducation universelle , et se trouve complétée d'après la systématisation de la Patrie.
Mais, avant de caractériser cette solution, je dois spécialement rappeler qu'elle exige, par-dessus tout , une pleine et constante séparation entre le sacerdoce et le gouvernement. Or la division des deux puissances, prématurément ébauchée au moyen âge , ressort spontanément de la nature, spirituelle et temporelle, du régime positif, dont elle constitue le fondement général. Elle
n'y peut jamais être gravement compromise par le pouvoir pratique^ qui fit directement avorter la noble tentative du catholicisme. Les seuls dangers qu'elle doive finalement redouter, résulteraient d'une vicieuse ambition du sacerdoce, abusant de son ascendant normal sur le prolétariat pour faire dégénérer la sociocratie en théocratie, ou plutôt en pédantocratie , en opprimant le patriciat. C'est afin de prévenir cette altération que le clergé positif doit autant renoncer à la richesse qu'au commandement, en fondant toute sa subsistance, même chez le Grand-Prêtre de l'Humanité, sur de modestes annuités, librement émanées des chefs civiques.
Ainsi garantie de la corruption, l'autorité morale que le sacerdoce puise dans le complément encyclopédique de l'éducation universelle peut systématiser l'harmonie nécessaire entre les patriciens et les plébéiens. Il doit, pour cela, développer à la fois le dévouement des forts aux faibles et la vénération des faibles envers les forts. Malgré la connexité normale de ces deux sentiments, le premier devient le plus actif sous le régime qui discipline les forces, au heu que le second prévalut pendant qu'elles surgissaient. Néanmoins, c'est dans la vie publique que le positivisme développe le mieux son aptitude caractéristique à ne régler qu'en consacrant, déjà sensible envers la vie privée, et même pour l'existence personnelle. Car, il fait partout comprendre que l'accomplissement habituel des grands devoirs exige la concentration et la stabiUté des forces correspondantes.
L'éducation universelle est surtout destinée à constituer l'opinion publique en instituant des mœurs systématiques, non moins opposées à la sédition qu'à la servilité. Faisant toujours sentir les avantages de la soumission,
elle représente l'orgueil et la vanité comme des infirmités radicales, aussi nuisibles aux prolétaires qu'aux femmes. C'est seuTerÀerit parmi les chefs, pratiques et théoriques, que la sagesse humaine transforme ces vices naturels en conditions artificielles d'un développement exceptionnel de l'activité cérébrale, impossible, surtout au début, sans de telles stimulations.
En systématisant l'évolution sympathique et la vie subjective, l'éducation positive dispose les plébéiens à mieux aspirer que les patriciens et les prêtres à la véritable félicité, résultée surtout de l'existence domestique, dont les deux pouvoirs doivent leur assurer le paisible essor. A des prolétaires ainsi préparés, la puissance pratique, seule habituellement enviée pour la richesse qui la caractérise , se présente sous son vrai jour , comme le ministre nécessaire de la providence matérielle du Grand-Être envers tous ses serviteurs. Les dignes patriciens deviennent les organes sacrés de la volonté qui, résumant la vie objective, comble la seule lacune propre à la nature, essentiellement subjective, de la suprême existeïice, suivant l'àxiome :
Pour compléter les lois il faut des volontés.
Une telle prépondérance trouve son côtitrôle normal dans la double sollicitude spontanément éniariée du prolétariat et systématisée par le sacerdoce. L'ensemble du régime positif conduit les plébéiens au digne exercice de la disponibihté mentale et morale qui résulte de la facilité des opérations et d'une faible responsabilité. Surveillants naturels d'une administration destinée surtout à garantir leur existence pour assurer leur service, leur situation les pousse aux vu,es générales, comme le cœur