‹ Appel aux conservateurs [microform]Chapitre 36 sur 53 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

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raent secondées, d'après laconformité naturelle, de mœurs et même de situation, entre les philosophes et les prolétaires. Vu l'abnégation fondamentale du clergé positif envers le commandement et la richesse, son existence, longtemps précaire, d'après les libres subsides émanés des vrais croyants, le fera spécialement sympathiser avec la vie populaire, sans altérer la dignité sacerdotale. Les prolétaires et les philosophes se trouveront ainsi conduits à mieux sentir leur concours nécessaire au but général de la réorganisation spirituelle : apprécier le mérite personnel à travers la position sociale, mais en respectant la hiérarchie des offices spéciaux. Un tel classement convient surtout aux plébéiens, dont les travaux laissent le cœur et l'esprit assez disponibles pour développer la valeur individuelle, dissimulée, chez les patriciens, par l'importance des services. Mais le sacerdoce peut seul régler une tendance qui deviendrait aisément subversive : il est exclusivement apte à fournir les principes d'une appréciation destinée à perfectionner l'harmonie universelle d'après un contraste continu.

L'affinité spontanée qui doit toujours seconder l'influence des philosophes sur les prolétaires, et surtout pendant la transition organique, se trouvera spécialement prononcée au début, où l'élimination des lettrés exigera plus d'efforts. Car, le positivisme, quoiqu'il doive finalement obtenir l'ascendant politique, ne peut d'abord aspirer qu'à la prépondérance philosophique, jusqu'à ce que le sacerdoce de l'Humanité puisse avoir assez préparé l'opinion publique et régénéré les hommes d'Etat. Pendant ce préambule décisif, tous les vrais serviteurs du Grand-Être , tant pratiques que théoriques, se tenant soigneusement éloignés de toute domination

temporelle, ils devront mieux obtenir du prolétariat une confiance spirituelle qu'il refusera de plus en plus à l'ambition des lettrés.

Mais, quelle que soit l'aptitude directe du positivisme à rectifier les tendances populaires, il ne pourrait y suffire sans une sage participation des conservateurs qui doivent continuer à gouverner jusqu'à ce que le sacerdoce ait suscité les chefs pratiques de la transition finale. La politique provisoire ne saurait se borner à maintenir avec énergie Tordre matériel, ni même à seconder avec prudence le développement industriel. Ces deux conditions, dont les conservateurs empiriques ont assez senti la connexité, doivent être complétées par une troisième, non moins nécessaire, quoique plus méconnue jusqu'ici : respecter scrupuleusement le mouvement intellectuel, quelque déréglé qu'il devienne. Sans un tel complément, directement relatif à l'issue d'une révolution plus philosophique que politique, la transition organique ne pourrait jamais être assez instituée. Il est spécialement exigé par l'obligation universelle deproclamer, comme base nécessaire de l'ordre et du progrès, la séparation, d'abord spontanée, puis systématique, entre l'influence théorique et l'autorité pratique. Puisque les conservateurs reprochent, avec raison, aux révolutionnaires de chercher des remèdes politiques à des maux uniquement susceptibles de guérison morale, ils deviennent inconséquents en refusant le libre essor de la solution spirituelle. Une telle contradiction n'aboutit qu'à seconder l'ambition subversive des lettrés , seuls adversaires réels de la séparation normale entre le commandement et le conseil.

Rien ne justifie le pouvoir temporel de comprimer la

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