‹ Appel aux honnêtes gansChapitre 6 sur 9 · PIÈCES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

PIÈCES JUSTIFICATIVES

Les procès-verbaux relatifs aux conciliations entre patrons et ouvriers formeraient seuls un volume. £n publiant les quelques pièces ci-jointes, on a voulu montrer quelle était la confiance inspirée par la Commission au\ patrons tout aussi bien qu'aux ouvriers, et, en même temps, par quelle simplicité de moyens se trouvaient si rapidement résolues, à la mutuelle satisfaction des deux parties, des questions auxquelles les pouvoirs actuels ne trouvent guère d'autres solutions et d'autres remèdes que les grèves, les collisions, les emprisonnements et les condamnations judiciaires, la ruine commune des patrons et des ouvriers.

La Commission ne s'est jamais imposée, mais son officieuse intervention était toujours au service de ceux qui croyaient devoir l'invoquera II n'est pas sans intérêt de faire remarquer que presque toujours ce furent les patrons qui prirent l'initiative des demandes d'arbitrage, et de nombreuses lettres que l'auteur garde en sa possession témoigneraient au besoin que les chefs du commerce et de l'industrie savaientalors apprécier les services rendus par la Commission des travailleurs.

Eu présence des déchmations furibondes de la presse

~ 150 — réactionnaire, contre le Luxembourg et son influence subversive , nous avions eu la pensée de transcrire ici quelques-unes des innombrables demandes en cession d'établissement , qui nous furent adressées dès les premiers jours de mars ; plusieu s sont signées des noms les plus haut placés dans l'industrie. On y aurait vu la preuve manifeste que la crise commerciale ne date pas de la Révolution de Février, qu'elle eût éclaté sans cela, et d'une manière non moins terrible; que le Luxembourg, par conséquent, n'y fut pour rien. Nous avons craint qae cette publication pût porter atteinte à la solidité d'établissements qui se sont peut-être relevés de leurs désastres. Nous nous bornons à reproduire une lettre qui fut envoyée à l'appui d'une de ces demandes, par M. Portalis, alors procureur général de la République. La position prise par M. Portails en certaines circonstances donnera quelque intérêt à sa lettre.

]V° t. Cabinet du Procureur général.

Citoyen, membre du gouvernement ,

M. L. , manufacturier à M. et à C, me prie d'appeler votre attention particulière sur deux articles ci-joints, qui parlent de l'ordre observé dans les établissements, et sur sa proposition d'aliéner au profit du gouvernement et en recevant du 3 p. 100 en itayement , ces deux intéressantes entreprises de C. et de M.

L'expéritneniation qui pourrait être ainsi dirigée par voire pensée supérieure, donnerait des résultats pratiques d'une

haute importance , et la France n'aurait qu'à gagner à ces travaux modèles, qui ouvriraient une nouvelle et plus sûre voie à l'organisation du travail.

Salut et fraternité.

Signé : AUG. PORTALIS.

Paris, le 23 mars 1848.

\° 9. Mécaniciens.

Extrait du Moniteur du 26 mars 1848.

Ce matin, à huit heures, a eu lieu, au Luxpmbourg, sous la présidence de M. Louis Blanc, une réunion d'ouvriers, représentant les ateliers d*i MM. Derosne et Caii, Lî, en présence de ce dernier, on a discuté longuement sur le système provisoire à adopter pour la reprise immédiaie des travaux, ainsi que sur un svstèmequi peut être définitif. Après avoir envisagé la question sous tous 5es aspects, la réunion a adopté, quant au système provisoire, le proj« t suivaat :

Système provisoire à établir.

1° Les ouvriers mécaniciens de l'atelier Derosne et Cail forment entre eux une association basée sur ce principe adopté dès à présent, que s'il arrivait que la masse des travaux à exéuter ne fût pas en rapport avpc le nombre des tra* ailleurs, e le sera répartie de manière à ce qu'aucun d'eux ne soit privé de travail, c'est-à-dire de pain.

Les ouvriers eux-mêmes détermineront lequel de ces deux systèmes il convient de choisir :

Ou bien égalité dans la répartition des salaires et du bénéfice à la fois ,

Ou bien égalité dans la répartition du bénf'fice seulement.

2" La somme des salaires actuellement payée aux ouvriers mécaniciens ne sera pas changée ; seulement l'entrepreneur s'engage à y ajouter sous forme de bénéfices un onzième du prix des façons, calculé sur la moyenne des prix de chaque pièce, depu'S le commencement de la commande jusqu'à ce jour, à condition toutefois que cela sera possible, c« qui sera examiné par le commissaire délégué à cet effet , et auquel seront adjoints une commission nommée par les ouvriers et un ingénieur.

3° Le commissaire, la commission nommée par les ouvriers et l'ingénieur auront à s'occuper, par mission spéciale, de jeter les bases du système définitif à adopter, en partant de ce principe, qu'il est de la plus haute importance de sortir du provisoire le plus promplement possible. M. Vidal est nommé commissaire aux iins ci-dessus sur la désignation même des ouvriers présents.

25 Mars 1848.

Ch. Derosne et Cail, Drevet, Lavoye, Collin.

Le maire du 1*^' arrondissement y A. Durand Saint-Amand.

Approuvé :

Page 1