‹ Appel aux honnêtes gansChapitre 7 sur 9 · LOUIS BLANC · texte numérisé non relu

LOUIS BLANC

Membre du Gouveruement provisoire.

Président de la Commission de Gouvernement

pour les Travailleurs.

Extrait du Moniteur rfw 29 mars 18ù8.

Nous nous empressons d'annoncer que, par suite-de l'intervention de la Commission de gouvernement pour les travailhurs, le travail a complètement etimmédiaU.ment repris dans les ateliers de M.Vi. Derosne et Cail, constructeurs de machines, cpai occupent un si grand nombre d'ouvriers. Des demandes d'arbitrage sont adressées de toute part à M. Louis Blanc par les travailleurs et les patrons. Les demandes sont toujours accueillies avec empressement et plaisir, et de cette mutuelle confiance sort presque toujours la conciliation. Les ateliers sont aussitôt rouverts. C'est ainsi que, par le bon, le noble esprit de tous, se réalise chaque jour ce mot, prononcé dès le premier jour, l'ordre dans la liberté.

AI" 3. Boulangers.

Lettre des délégués du syndicat de la boulangerie au président de la Commission de gouvernement pour les travailleurs.

Citoyen représentant,

Deux des représentants du syndicat de la boulangerie de Paris ont à vous faire une communication uigHite au sujet de graves appréhensions concernant la fabricaton du pain CL SOIR ; ils ont eu hier deux conférences avec le citoyen préfet de police ; ils doivent retourner près de lui à une heure et demie. Peut-être vous trouvercz-vous àlacoafé-

rence. C'est ce motif qui rend d'autaut plus indispensable la communication qu'ils vous prient d'entendre au nom de la tranquillité de Paris.

Ils sont, etc.

Signé, Part. Ch. Pécourt.

Samedi, 26 mars, 1 1 h. 3/4.

Extrait du Moniteur du 28 mars 1848.

L'intervention officieuse de la Commission de gouvernement pour les travailleurs a encore été invoquée aujourd'hui ; mais cette fois dans des circonstances exceptionnelles. Il s'agissait de l'une des industries (la boulangerie de Paris ) dont les moindres perturbations peuvent avoir les plus graves résultats pour la subsistance de la capitale. Les' ouvriers boulangers forment le corps d'état dont les souffrances appelaient les palliatifs les plus prompts et les plus efficaces. Le vif sentiment du sort douloureux qui leur était insensiblement échu au sein d'un régime de travail devenu généralement intolérab'e, les exaspérait enfin , et leur avait inspiré des résolutions extrêmes. Paris était menacé de manquer de paio dans quelques jours, demain peut-être.

La conciliation, cependant, et une conciliation entière, a été aussitôt accomplie que demandée ; les délégués des patrons et ceux des ouvriers sont venus ce matin soumettre leur litige à l'arbitrage du président et du vice-président de la commission. Un tarif nouveau est sorti d'une courte et amiable discussion contradictoire , et il a été consenti avec un même empressement par les deux parties. La masse des ouvriers boulangers stationnait dans la cour du Luxembourg, attendant avec une impatience pleine d'émoiion l'issue de la démarche. M, Louis Blanc est venu lire la délibération qui

a été acclamée sans réserve et avec enthousiasme. Des témoignages de la plus sincère gratitude, apportés par les délégués des deux intérêts en présence, ont amplement récompensé la Commission de son infatigable sollicitude.

Tandis que les patrons envoyaient remercier la Commission, un ouvrier, que ses camarades avaient délégué d'un mouvement spontané, s'approcha vivement ému de W. Louis Blanc, lui pressa chaleureusement la main et lui offrit, en leur nom, 2 francs sur la plus prochaine journée de travail de chacun d'eux, pour le montant de ce don être luis à la disposition du Gouvernement provisoire.

Ces faits ont une grande signification, car iis ne sont point isolés.JSous ne rappel'erons pas les cas difficiles que la Commission a déjà arbitrés; la plupart ont été l vrés à la publicité ; hier encore, par d'opportunes démarches auprès de la compagnie du chemin de fer de Lyon, la Commission aplanissait les difficultés qui menaçaient de prolonger le chômage désastreux des ouvriers mécaniciens de l'établissement Farcot, de Saint-Ouen ; et ce matin les ouvriers recevaient l'assurance qu'ils pouvaient reprendre leurs travaux et qu'ils allaient retrouver leurs salaires.

Par suite de cette conciliation parut un arrêté du préfet de police, concernant le travail et le salaire des ouvriers boulangers, arrêté qui commence ainsi :

« Sur l'avis motivé de la Commission de gouvernement pour les travailleurs, du commun consentement des repiéseutants des ouvriers et des délégués maîtres, mis en présence et entendus;

» Considérant que, de toutes les industries, celle qui est et qui doit être, par sa nature, le ()lu.s directement soumise à l'action du pouvoir, est celle des boulangers ;

» Considérant que, de toutes les professions, il n'en est

pas de plus pénible que celle des ouvriers boulangers ; qu'il est dès lors aussi équitable que nécessaire de pourvoir à l'amélioration de leur sort ;

» Le préfet de police croit devoir prendre les dispositions suivantes.... »

Signé, le Préfet de police y Caussidière.

Approuvé :

Les Président el Vice -Président

de la Commission de Gouvernement

pour les Travailleurs,

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