‹ Appendice à l'ouvrage intitulé Histoire de la vie et des ouvrages de RaphaelChapitre 11 sur 33 · TABLEAUX DE RAPHAËL A FLORENCE · texte numérisé non relu

TABLEAUX DE RAPHAËL A FLORENCE

A Florence on a découvert, dans le réfectoire des nobles comtesses de Fuligno, au couvent de Saint-Onofrio, supprimé depuis 1800, une peinture à fresque d'environ vingt-six pieds de long, représentant la Cène. Cette peinture était restée ignorée entièrement par la clôture rigoureuse de ces dames. La restauration a fait découvrir sur la bordure de la tunique d'un des apôtres le nom de Raphaël, l'âge de dix-sept ans qu'il avait alors, et la date de i5oo. Dans la Revue des Deux Mondes se trouve un article très-curieux et fort intéressant, dans lequel M. Vitet, de l'Académie française, fait un brillant éloge de celte première grande fresque de Raphaël. M. Jesi, de Florence, en exécute la gravure.

Le tableau de la Vierge dite du Grand- Duc est placé dans les appartements particuliers du palais Pijtli. Cet ouvrage, d'une exécution pleine de charme et de suavité, est sous ce double rapport une des plus ravissantes productions de Raphaèi; ce tableau, peint sur bois, est d'une parfaite conservation. On le voit très-difficilement. Il y en a une copie sur porcelaine, de la même grandeur que l'original, exposée à la manufacture de Sèvres. Elle a été exé-

A L'OUVRAGE SUR RAPHAËL. 3i cutée par M. Constantin de Genève. Ce tableau a été gravé par M. Lorichon.

M. Quatremère de Quincy a remarqué, avec sa sagacité habituelle (V. P. 88), qua en juger par les nombreuses répétitions qu'on a faites du tableau de la Vision d'Ézéchiel, il est difficile d'admettre que ce tableau soit un original. Cela me fait croire qu'il n'a trouvé aucune de ces répétitions assez parfaite pour lui accorder l'originalité. Je crois pouvoir corroborer son opinion, sachant qu'il existe en Angleterre un carton original de Raphaël représentant cette vision, et dont les figures sont grandes comme nature. Raphaël n'a jamais répété en petit ce qu'il avait exécuté en grand, du moins je n'en connais pas d'exemple. Je me rappelle qu'à l'époque où le tableau de la Vision cTEzéchie/, provenant de la collection du palais Pilti, et passant pour le plus parfait, était exposé dans le musée du Louvre, j'eus le désir, vers 1810, de le graver. J'en traçai le calque; tout en admirant cette sublime composition, je n'y trouvai pas la perfection d'exécution de Raphaël, ce qui m'ôta toute idée d'en faire la gravure. J'ai revu ce tableau au musée Pitti, à Florence, dans les années 1818 et 1 833 ; il est d'une parfaite conservation cl peint sur bois. Il y a beaucoup de répétitions de ce petit tableau. Il en existe une très-remarquable chez sîr Thomas Baring, à

Londres, provenant de l'ancienne galerie d'Orléans;

c'est celle dont parle M. Quatremère.

On connaît plusieurs très-belles répétitions du célèbre portrait du pape Jules II, de Raphaël. L'original est au palais Pitti. J'ai trouvé une de ces répétitions dans la galerie de Florence, une autre dans le palais Corsini à Rome, une autre encore à Londres,

On voit au palais des Beaux-Arts une miniature (jue j'ai faite lorsque le tableau original du palais Pitti était exposé au musée du Louvre.

On trouve dans le palais du prince Corsini, à Florence, le carton original de Raphaël du portrait du pape Jules II. J'ai puisé ce renseignement dans l'ouvrage de M. Valéry (i), car je n'ai pas vu ce carton.

Dans les salles du palais Pitti, il existe plusieurs portraits de cardinaux peints par Raphaël. Depuis l'année 1819, on y a exposé plusieurs portraits exécutés par ce maître; j'en ai compté quatre en i833, trois de femmes et un d'homme; ils sont généralement remarquables par la pureté du dessin et l'éclat de la couleur.

Je n'ai pas vu l'admirable portrait de Bindo Ato-

(1) Intitulé Voyages hU toriques et littéraires en Italie pendant les années 1826, 1827, 1828.

A L'OUVRAGE SUR RAPHAËL. 33 vitis peint par Raphaël, dont Vasari fait le plus grand éloge, et dont M. Quatremère dit dans son ouvrage (V. P. 197) qu'il a été acheté 160,000 fr. par S. M. le roi de Bavière dans l'année 181 1. Dans le courant de l'été de i833, je me suis présenté au palais Atoviti, à Florence ; on m'a assuré que le tableau n'y était pas. Étant à Munich en i84r, je n'ai pas trouvé ce portrait au musée appelé la Pinacothèque, et je n'en ai pas entendu parler par MM. Schnorr et Henri Hess, peintres très-habiles, ni par M. Schwanthaler, statuaire mort trop jeune pour les arts. J'ai été voir ses divers travaux, entre autres son Bouclier d'Achille, plusieurs frontons en ronde-bosse, et le modèle de la statue de la Bavière, figure qui a cinquante-quatre pieds de haut. M. Dufourni, membre de l'Institut, me dit, en 18 1 6, que le portrait Atoviti avait souffert quelques altérations.

Dans la galerie de Florence on voit la copie faite d'après Raphaël, par Alexandre Allori, du tableau représentant le duc de Nemours et Laurent de Médicis. Cette copie, ainsi que la gravure, font présumer que le tableau original doit être d'une grande perfection. Je n'ai jamais vu ce tableau ; je le crois en Angleterre.

Raphaël, en 1^07, dans un de ses séjours à Florence, fit les portraits d'Agnolo Doni et de IVTa-

34 APPENDICE dalena Strozzi, sa femme. Ces tableaux ont été souvent transportés ; d'Avignon, où on les admirait encore il y a quelques années dans la famille d'Agnolo Doni, ils ont passé au palais Pitti.

La Vierge dite au Baldaquin, palais Pitti.

La Vierge dite au Chardonneret, galerie de Florence.

Une sainte famille, peinte sur bois, attribuée à Raphaël, même galerie.

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