TRAITEMENT
Quelle sera la conduite du praticien en présence d’un cas d’appendicite chronique forme atrophique?
Le traitement sera médical où chirurgical.
On pourra avoir recours au traitement médical dans les formes chroniques d'emblée avec troubles digesufs prédominant, et surtout quand 1l existe de l’entéro-colite muco-membraneuse, coexistant avec des phénomènes appendiculaires peu nets. Comme nous lPavons vu, le diagnostic est parfois impossible à faire. Dans ce cas, le traitement médical visera surtout le régime, et à ce point de vue, l'indication principale est de diminuer les fermentations intestinales. Le lait écrémé, les pâtes, les viandes blanches en pelle quantité, constitueront la base de l’alimentation (Brin). Il faut proscrire énergiquement les viandes rouges, les aliments gras, les mets épicés, le vin, le café (Wagon). Les malades resteront étendus pendant une heure ou deux après les repas; on leur conseiller a emploi fréquent de petits lavements pour assurer la liberté du ventre. En cas de recrudescence douloureuse, le malade sera mis au repos, immobilisé avec une vessie de glace sur le ventre.
Si, au contraire, les phénomènes douloureux et les troubles digestifs sont très accentués, non influencés par le régime, s'ils s'accompagnent d’amaigrissement
Eh Eee
rapide et de perte des forces, il faut alors recourir au traitement chirurgical et ne pas compter sur la guérison spontanée. Roux de Lausanne dit à ce sujet : « Tout appendice enflammé, guéri cliniquement, reste anatomiquement taré », et Terrien ajoute « il porte en ses parois la menace permanente d'accidents nouveaux. » C’est aussi l'opinion de Walther, Jalaguier, Schwartz, Ricard, Brin et on peut dire, d’une façon générale, de la plupart des maîtres qui connaissent le mieux l’appendicite.
Nous sommes d'autant plus convaincu de la nécessite de l'intervention chirurgicale, que létude des .suiles opératoires montre toujours, sinon une disparition complète de tous les symptômes douloureux ou digestifs, du moins leur amélioration très manifeste. D’après la thèse de Riou sur les suites de l’appendicectomie dans la forme chronique, les douleurs, les vomissements, les troubles dyspeptiques, la constipation, disparaissent dans les jours qui suivent; les malades amaigris reprennent de Pembonpoint; tant qu’à la colite muco-membraneuse, bien que Marfan soit d'avis qu'elle persiste le plus souvent après l’ablation de l’appendice, nous trouvons dans les observations de Schwartz, de Walther, de Broca, de Brin et de Riou, qu’elle disparaît dans un bon nombre de cas. La guérison complète s’observerait dans un quart des cas pour Erhmann, Broca et Barbet.
Nous citerons, en terminant, les conclusions de Faure sur le traitement de l’appendicite chronique : « Dans les formes frustes, chroniques, légères, qui ne sont pas toujours les moins graves, il est à peu
: En pE on
près impossible, lorsqu'elles sont accompagnées de typhlo-colite, de dire la part qui revient à l’appendicite et celle qui revient à l’entérocolite; — 1l est aussi diffieile d'affirmer que le malade n’a pas d’appendicite, que d'affirmer qu’il n’a pas d’entéro-colite — ou que d'affirmer enfin qu'il a les deux affections réunies.
« Et c’est pour cela que dans ces conditions, nous pensons que la sagesse, que là prudence, que le devoir commandent d'opérer. Si Fopération était grave, on aurait le devoir d’attendre. Elle est d’une telle bénignité, que les risques à courir du fait de l'opération sont béaucoup moins grands que ceux qui tiennent à la possibilité d’une explosion subite d’ac-. cidents suraigus. Quand il y a une douleur dans la fosse iliaque droite, au point classique, on ne sait jamais exactement quelles sont les lésions qui la provoquent. Elles peuvent être légères, elles peuvent être très graves. Nous devons agir comme si elles étaient graves. Nous devons opérer ».