LÉSIONS PULMONAIRES ET INKECTIEUSES
M. Le Gendre (') a récemmciiL appelé l'atleiilion sur les complications du côté de l'appareil respiratoire qu'il a rencontrées plusieurs fois. Constiluéespar delà congestion pulmonaire, de la splènopneimionie, elles seraient analogues à celles qui surviennent à la suite de l'étranglement herniaire, du volvulus, de la septicémie intestinale. Ces complications, rares du reste, ne doivent pas contre-indiquer l'inlervenlion.
6° Lésions infectieuses diverses. — On
a encore observé dans le cours de l'appendicite des endocardites, des ahcès cérébraux, des paroiidites suppnrées, des ahcès du rein, des phlébites de la Jambe, des abcès de la rate. Toutes ces localisations dérivent de l'infection générale de l'organisme ; elles ne sont que de simples épiphénomènes au milieu des S3'mptùmes graves d'une septicémie qui se manifeste par de la prostration, un amaigrissement rapide, un teint cacliectique, du délire, une anurie parfois complète, une température élevée à grandes oscillations, et qui est la cause réelle de la mort.
Heureusement la septicémie généralisée est rare dans l'appendicite. Cela tient, comme l'a
(>)Lk Gen DRE (P.). — Ti/phliles et cippeudicilei, « liiill. do la Soc. méd. des hnpitaiix », iSçj\, p. 8r)9.
COMPLICATIONS
purfailcmenl montré Roux, à co qii'iiu jourd'hui on opère plus lôl ; à ce que l'alTeclion non soignée et à marche rapide aboutit Irop vile à une terminaison quelconque pour que les mélasiases aient le temps de se produire; ù ce que, enfin, si l'évolulion est lente, la maladie est le j)lus souvent bénigne et tend à r'.'sler locale.
APPiuXDlClTt^ CITIIONIQUE (')
APPENDICITi'] A lŒCHUTKS, APPENDICITE A RÉPÉTITION
Un malade qui a eu une atlaque aiguë d'appendicite reste exposé à de nouvelles et semblables atteintes. C'est là un fait clinique de connaissance aujourd'hui vulgaire.
Il s'explique aisément si l'on veut bien se souvenir que, comme nous l'avons dit plus haut, il peut persister, à la suite d'une crise aiguë, dans l'appendice lui-même ou autour de lui, des lésions plus ou moins accentuées. On
(') Nous avons déjà décrit (p. iç) et p. no) les lésions de l'appendicite chronique. On trouvera plus loin ce qui a trait à son pronostic (p. i')0) et à son traitement (p. i8o).
comprend qu'il suffise d'une cause souvent l)anale — écart de régime, fatigue, refroidissement, etc. — pour déterminer dans ce foyer une nouvelle poussée.
Roux, dans son langage imagé, dit à ce propos : « Celui dont l'appendice a servi une fois d'éponge pour l'infection y restera sujet comme l'amateur de maux de gorge dont les amygdales ont été une première fois enflammées. Le professionnel de l'appendicite garde dans son tissu adénoïde, peut-être à l'étiit latent de Verneuil, tous les éléments nécessaires pour contracter une nouvelle appendicite à l'occasion des moindres causes ».
Tl faut ajouter que les rechutes peuvent dépendre aussi des lésions péri-appendiculaires — exsudais plastiques, séreux ou même purulents — qui demeurent après une première attaque, et sont parfois le point de départ de nouvelles crises.
Si ces crises ne se reproduisent qu'à de longs intervalles, et si la santé est bonne pendant la période intermédiaire, on dit qu'il va récidive; si, au contraire, elles sont très rapprochées, et s'il n'y a jamais retour complet à l'état normal, on dit qu'il s'agit de rechutes. Cette distinction absolue entre l'appendicite à récidives et l'appendicite
RKCIDIVE OU HECIlUTK 12o
il ivchutes, adiniso par beaucoup d'aulcurs, ne nous semble pas justinée. La récidive suppose (pi'il n'est rien resté de la première atteinte et qu'une nouvelle cause morbide vient créer de toutes pièces une nouvelle lésion ; il s'agit alors d'une nouvelle maladie évoluant pour son propre compte. Les rechutes, au contraire, se rattachant les unes aux autres, sont dues à l'évolution de lésions produites par la même cause. Cette seconde éventualité paraît être de beaucoup la plus fréquente, et il faut admettre avec Damaye (') — le long temps écoulé entre deux attaques n'étant pas une raison suffisante de distinction — que, si la récidive, au sens où nous avons pris ce mot, n'est pas impossible, elle doit être infiniment plus rare que la rechute.
On désigne donc sous le nom d'appendicite à rechutes, ou mieux encore A' appendicite à répétition, une forme particulière de l'inflammation appendiculaire, caractérisée par des poussées revenant à des intervalles plus ou moins rapprochés, et due au réveil de lésions latentes, reliquat d'une attaque antérieure.
C) Damaye (L.). — I)h trailenietit chirurgical, de l'appendicite à répétition dans Vintervalle des crises. « Thèsede Paris », 189").
126 APPKNUICITE CIinOMQUE
Quelle esl, la fréquence de l'appendicile ù répélilion ? L'étude des dilïérenles slalisliques publiées conduit ù conclure que, dans environ •ib 7o des cas d'appendicite, il s'agit de rechules.
Les rechutes peuvent se présenter, comme la première attaque, sous des formes cliniques différentes, que nous n'avons pas à décrire ici de nouveau : appendicite simple, appendicite avec péri-appendicite plasiique, avec péri-appendicite suppurée, avec péritonite généralisée, secondaire ou d'emblée.
La crise [)cut aussi n'être, pour ainsi dire, qu'ébauchée : douleur ordinairement vive, quelquefois peu considérable, révélée surtout par la palpation, apparaissant subitement dans la fosse iliaque droite, avec quelques troubles généraux sans importance. Le tout est de courte durée, parfois de quelques heures seulement. Il faut le souvenir d'atteintes antérieures plus accentuées pour reconnaître, en pareil cas, la véritable nature du mal.
Quelle que soit la forme des rechutes, leur nombre est illimité. Elles peuvent survenir à des époques extrêmement variables : plusieurs fois par an, tous les mois, plusieurs fois par mois ; parfois elles sont subintranles. Plus rarement, on a observé des intel-valles de douze,
rVPE INTERMITTENT. TVI'K IlÉMlTTENT 127
quiluo ans et davanlagc entre deux crises d'appendicite.
Durant la période de calme la guérison peut être en apparence complète ; c'est là le lijpe intermillenl. de l'appendicite, improprement appelé appendicite à récidives.
Plus souvent persistent des symptômes locaux : le malade ressent de temps en temps dans la fosse ilia(]ue droite quelqnes douleurs qu'on exaspère ou qu'on réveille par la pression du doigt et qui présentent ordinairement un maximum dans cotte région. La palpation est souvent négative ; dans d'autres cas on constate, au niveau du point douloureux, la présence d'une tumeur phis ou moins nette dans laquelle il est Lien rare que l'on puisse reconnaître les caractères de l'appendice hypertrophié et dilaté. Fréquemment aussi existent des trouhles digestifs, dénotant un catarrhe chronique de la muqueuse intestinale. Cette seconde forme constitue le ti/j)!^ réviillent de l'appendicite, auquel on a voulu à tort réserver la dénomination d'appendicite à rechutes.
Nous devons encore signaler, comme consé^ quences éloignées des attaques aiguës d'appendicite, des accidents pouvant se produire, même
Al'rENDlClTE CHHONiyUE
après une inlervcnlion chirurgicale heureuse, (;l ([u'\ ont été groupés sous la dénomination de post-appendicites : — douleurs plus ou moins vives, dues sans doute à des tiraillements d'adhérences — phénomènes d'occlusion incomplète ou absolue, consécutifs à la compression d'une anse intestinale par une bride — troubles digestifs divers, constipation ou vomissements faciles, que l'on rattache à un certain degré de parésie intestinale, probablement d'origine réflexe, ou aux lésions d'entéro-colile qui persistent, etc.
Ces faits sont encore mal connus et appellent de nouvelles recherches.
DIAGNOSTIC