DE SEE
lors établi. Le processus de cette infection consiste donc dans la formation de néo-membranes et par leur intermédiaire de néoanastomoses lymphatiques.
Certains auteurs sont partis de cette théorie pour admettre une salpingite d'origine intestinale. C’est M. Pozzi (1), le premier, qui a émis cette opinion.
IL observa trois cas, où, en l'absence de toute autre éliologie, l'infection des trompes paraissait remonter manifestement à une ancienne lésion de l’intestin et à l’appendice cœcal enflammé. Nous ne discuterons pas cette hypothèse qui est vraisemblable , qui est dictée par une loi de pathologie générale : formation de neoanastmoses vasculaires dans les adhérences unissant deux
organes enflammés. Nous savons, en effet, qu’à côté de ces cas de
salpingites d’origine intestinale pure, il existe des cas d'infection possible de pyo-salpinx blennorrhagiques ou puerperaux par le tube digestif. Schauta (4 fois), Hartmann et Morax (4 fois), Raymond (6 fois), Girod (2 fois), Jayle (6 fois) et d’autres encore ont rencontré le bacterium coli commune dans les salpingites suppurées d’origine nettement blennorrhagique ou puerpérale ayant contracté des adhérences avec diverses portions de l'intestin.
Dans l'observation XXVIT où il existait une appendicite suppurée et une salpingite droite également suppurée. Le bacterium coli commune a été retrouvé des deux côtés à l’état de pureté.
Dans l'observation XX VI on trouve, et dans le pus appendiculaire et dans le pus salpingien, le coli et le streptocoque associés.
Voilà des exemples qui prouvent la possibilité d’une infection salpingienne consécutive à une appendicite.. La bactériologie prouve qu’il y a eu fusée microbienne du premier vers la seconde par voie lymphatique de nouvelle formation. Ces faits semblent correspondre en clinique aux cas rares où il ya collection appendiculaire et suppuration salpingienne droite, c'est-à-dire nettement unilatérale.
Ce qui prouve encore que la trompe droite n’a été atteinte que secondairement, que c'est lappendice le coupable, c’est d'une part l'anatomie, et de l’autre la clinique.
La lumière centrale de la trompe gauche, son orifice intrautérin sont plus larges que ceux de la trompe droite (2). Donc,
(4) Pozzi, loc. cilat.
(2) BINKLEY, Americ. J. Obst.F. N. Y. XXIV. 1894.
anatomiquement parlant, une infection utérine aura tendance à gagner la trompe gauche de préférence à la droite, c’est-à-dire à pénétrer par la plus grande porte. Si-la lésion doit être isolée, c’est à gauche qu'elle siégera. Si elle doit être bilatérale, elle siège dans la grande majorité des cas à gauche puis à droite. Les américains, avec Binkley surtout, insistent: tous avec raison sur ce détail anatomique et la clinique vient confirmer le fait avancé.
En effet, quand il s’agit de lésion septique des annexes, n’est-on pas frappé de la fréquence du début de la douleur à gauche? Le maximum des symptômes et des lésions se trouve de ce côté, la partie droite n’est atteinte que secondairement. Ce n’est pas là une règle, mais la chose. est trop fréquente pour que quiconque n'ait pu le remarquer.
À côté de ces cas où une appendiciceinfecte une trompe, en est-il où la fusée microbienne a lieu de la trompe vers l’appendice toujours par néo-anastomoses ; existe-t-il des observations dans lesquelles le microscopé puisse déceler dans l’appendice le microbe hôte de la trompe? Il n’y a aucune bonne raison pour mettre obstacle à cette hypothèse.
Hunter Robb rapporte une observation (Obs. XXI) où des cultures et préparations sur lamelles, provenant de la trompe. droite et de l’appendice, obtenues immédiatement après l'opération, donnèrent des cultures pures de streptocoques pyogènes, le même Strepto étant retrouvé dans le pus de la trompe gauche.
L'appendicite à streplocoques, sans coli-bacille, existe, mais elle est rare, de plus la présence du même agent pathogène à gauche semble en faveur de l'infection appendiculaire d’origine annexielle.
W. Duncan (1) admet, lui aussi, non-seulement la salpingite d’origine intestinale, mais il prétend en outre que l'infection utéroannexielle, franchissant l'orifice abdominal de la trompe, peut donner lieu à une variété gonococcique possible de l’appendicite. Nous ne connaissons point de faits assez probants pour appuyer celte opinion.
Quoi qu'il en soit, cette théorie d'infection par Contiguité est soutenable, elle est basée sur des faits bactériologiques nets. Elle peut expliquer certains cas, mais elle ne les résume pas tous; elle laisse sans solution par exemple les cas fréquents où l'examen
(1) Duncan. Lancet, janv. 1897 n° 3.897, DA