DORE
est au moins exagérée. L'auteur rapporte, il est vrai, une observation probante, dans laquelle on trouvà, du côté des trompes, des lésions vettement tuberculeuses, tandis que, du côté de l’appendite adhérent, touché lui aussi, mais d’une autre façon, on ne put déceler la présence d'aucun tubercule. Cet exemple prouve que la théorie de l'infection par contiguité à la faveur de néo-anastomoses n'est pas toujours vraie, mais ne prouve pas qu'il faille toujours la rejeter. Cette hypothèse explique certains cas, nous l'avons vu, elle ne les explique pas tous : voilà certainement quelle est la note juste.
D'autre part, l’auteur fait jouer un trop grand rôle aux adhérences intestinales en général, lesquelles d'après lui, produiraient la colite, cause de l’appendicite. Or, si l’on songe à l'extrême fréquence des adhérences intestinales dansles suppurations annexielles et dans la péri-métro salpingite séreuse, l'appendicite serait assurément plus fréquente qu’elle ne l’est en réalité. Cette théorie trouve certainement son application dans certains cas où les anses intestinales sont englobées et touchées bien avant l’appendice ; mais elle laisse sans explication apparente les faits où un point isolé de l’appendice, à l’exelusion de toute anse intestinale, adhère à une trompe malade.
Dans ces cas, nous le verrons, une appendicite en quelque sorte anatomique est constituée. Là encore, la cause prédisposant réside dans la formation d’adhérences annexielles immobilisant l’appendice sur une hauteur variable ; là encore c’est le bactérium coli qui vient définitivement constituer la lésion.
C’est une phase initiale, c'est une association spéciale des deux affections qui ne doit pas être passée sous silence et mérite d'être étudiée au point de vue pathogénique.
Pour être clair, nous reprendrons la question tout à fait au début.
En réalité, nous nous trouvons là en présence de deux organes qui ne sont reliés anatomiquement par aucun ligament, par aucune communication vasculaire constante et qui, normalement, ne sont nullement en contact immédiat : l’un situé daus la fosse iliaque droite, affleurant le bord du détroit supérieur, l’autre enfoui dans les profondeurs du pelvis. ”
Or, dans toutes les observations que nous rapportons, les deux
organes malades sont plus ou moins adhérents et cette fusion ne peut s s’expliquer que par suite d'un rapprochement quelconque.
Avant tout, il convient done de montrer comment ce contæct est possible et de donner les raisons qui permettent des rapports immédiats entre ces deux organes. C’est à le point de départ et c’est à tort, à notre sens, que les auteurs en font à peine mention.
Ce contact peut se faire de deux façons:
a Dans un cas, (le plus fréquent), c’est l'appendice qui se rapproche des annexes. L'anatomie nous en a donné les raisons en nous montrant la fréquence de la situation pelvienne de l’appendiee en nous faisant voir que souvent sa pointe se met en rapport avec la face postéro -supérieure du ligament large, avec la trompe, l'ovaire, voire même le fond de l'utérus.
b Dans un cas (plus rare). Ce sont les annexes qui se rapprochent de l'appendice. Iei c’est la pathologie qui nous fournit lexplication.
Prenons l'exemple d'une femme qui, dès les premiers jours de ses couches, fait une infection. Que linflammation atteigne les annexes, qui, à ce moment, ont accompagné l'utérus dans son déve- Joppement el occupent alors une situation lombo-iliaque, loin du plancher pelvien, il se forme des poussées de péri-salpingo-ovarite, des adhérences, en un mot, qui fixent les annexes en un lieu élevé et les mettent en rapport plus ou moins immédiat avec le diverticule appendiculaire.
Dans ces deux circonstances, le. rapprochement est établi entré les organes.
Il nous reste maintenant à montrer comment, de ce simple contact, il peut en résulter deux lésions simultanées. -
À. — Dans un premier stade, il y a seulement adhérence entre un organe primitivement touché et un organe sain, La lésion première en prépare une seconde.
1° Appendice sin el annexes malades. — Nous confondrons ne une seule et même description les deux cas suivants : da. Appendice, resté en place, et annexes fixées préalablement en iatoh lombo-iliaque.
b. Appendice en situation pelvienne, venu au confact d'une “annexite normalement placée.