I. Quand doit-on intervenir
Nous dirons deux mots seulement de l'indication opératoire dans le cas d’appendicite aiguë primitive, compliquée d'une annexite secondaire. Dans ces faits, la salpingo-ovarite passe au deuxième plan, l’idée d'appendicite prime tout dans la décision du chirurgien et nous nous ferons l'écho de tous en préconisant, l'opération hâtive et précoce ; les chances de guérison étant d'autant moins aléatoires qu'on intervient à une époque plus rapprochée da début des accidents.
Attendre, a dit Czernv, c’est compromettre la situation présente par les chances d’une suppuration où d'une péritonite par perforation, c'est compromettre l'avenir en exposant la malade aux dangers de l'appendicite chronique.
Nous n'exceptons de cette règle absolue que le cas rare, mais authentique, où on hésite entre une première crise d’appendicite aiguë sans tuméfaction et une poussée banale de salpingite catarrhaie aiguë, pour ‘laquelle tout acte chirurgical est inutile et contre-indiqué. Dans ces conditions, l’expectation armée, etnon l'abstention, est permise 24 ou 48 heures au maximum. Si, au bout de ce laps de temps, la détente presque classique de la poussée périto néale d'origine annexielle ne s’est pas déclarée, sila situation ne s'améliore pas, le chirurgien a le devoir d'agir et d'agir vite.
Certains pourraient nous blâmer de cette conclusion. Aussi, tenons-nous à bien spécifier ce que nous entendons exactement par expectation armée. Cela équivaut à une surveillance attentive de la
Roue
malade qui doit être suivie et bien observée, en condition sus opérée d'urgence, s'il le fallait.
Nous arrivons maintenant aux indications opératoires en pré. sence d'une appendicite chronique et scléreuse,ou mieux de l SRppsre dicite d'origine annexielle.
En thèse générale, on ne doit penser à l'intervention qu ’après diagnostic posé, c'est-à-dire après examen attentif et du patient et à la lésion, enquête qui met une étiquette précise sur l'affection.
Dans Ja question qui nous occupe, le diagnostic complet a une importance d'autant plus grande que nous nous trouvons en pré: sence de deux affections, qui, au point de vue opératoire, sont totalement différentes.
Qu'il s'agisse, en effet, d'une annexite bilatérale oubiets, mais isolée, rien ne presse dans la majorité des cas. On pourra être appelé un jour ou l’autre à intervenir si lPindication se précise, c'est-à-dire si les poussées aiguës se répètent avec tenacité et inten= : sité plus grande, si une collection purulente devient saillante et évidente. Quoiqu'il en soit, dans bon nombre de cas, telle patiente a le droit de conserver des lésions dont la présence ne constitue pas un danger immédiat pour son existence.
Qu'une spoendiite se surajoute à celte lésion génitale et l'intervention se pose.
a. — Le diagnostic est posé ou soupçonné, quelles sont les indications nécessaires el suffisantes pour le chirurgien ?
En octobre 90, le professeur Berger (4) s'exprimait ainsi à la Société de chirurgie: « Une simple et première crise d’appendicite ne suffit pas pour légitimer l'ouverture du ventre et l'excision du processus vermiculaire, car cette crise peut parfois être unique et le mal peut ne pas réparaître. »
Nous partageons pleinement cette opinion. Il est bien certain - qu'une première crise appendiculaire simple et nettement constatée ne doit pas entrainer fatalement l'intervention et qu’il est plus sage, comme le veut Trêves, de n’intervenir que quand les atttaques se répètent et s'accroissenten fréquence et en intensité. Mais ce qui constitue la difficulté ici, c’est l’insidiosité extrême de l’affection et de ses crises si frustes et si difficiles à distinguer des crises salpingiennes ou pelviennes. Cette insidiosité est telle qu’il est
‘(4) BERGER, Soc. chir., Oct. 1890.