DOTE
D'après ces chiffres, il est facile de se rendre compte conibien il est dangereux pour un médecin, appelé dès les premières heures d’une crise appendiculaire nette, d'essayer de pallier à cette crise par la thérapeutique médicale habituelle, car on ne doit jamais perdre de vue que la gestation aggrave le pronostic de l’appendicite aiguë (mort de la mère dans environ 50 p. 100 des cas : Heaton, Boïje). Jerlov avait, en effet, relevé 42 cas de péritonites difluses sur un total de 204 appendicites de la gestation vérifiées par opération ou autopsie, mettant ainsi en évidence une fréquence impressionnante des péritonites généralisées appendiculaires chez la femme enceinte. Il est aussi intéressant de savoir quel est le moment de la grossesse le plus propice à l'intervention; nous avons déjà dit que la période la plus favorable était la première moitié de la grossesse et, en particulier, les tout premiers mois. Tout récemment, Mathieu, dans sa thèse, se basant sur
109 appendicectomies pratiquées du premier au neuvième mois, indiqua les résultats obtenus en mentionnant le pourcentage de morts maternelles et le pourcentage d’interruptions de grossesse. Le tableau qu'il établit nous paraît des plus probants et, par cela même, mérite d’être reproduit.
b Guérison Mois Nombre Morts Pourcentage avec interrupt. Pourcentage
de la grossesse. 2 de cas. maternelles. de morts. de gressésses. d'interrupt. - sn Fe ) ME P. 400 A ; P.100 .
1er mois... RAR "CO 40 # 18 MOIS re erte 11 1 9 2 18 SMOIS ERA 26 2 To 4 15 HALO eee 19 5) 26,3 1 5,26 5e MOIS. .... 45 6 40 1 6,66 GemOIS ver ; 115) 3 20 9 60 HeMTOISE 0 .. 7 il 14,3 ù 71,4 8e mois, ,...... Left 3 42,8 3 42,8 9e mois. ... ... 3 2 66,6 (| 33,9 TOUR. 109 23 21 24 22
On voit donc que pour la femme et le fœtus, les meilleurs résultats sont obtenus par le premier mois. Parmi les autres mois, les plus favorables à la mère sont le deuxième et le
Le ANR
troisième avec 9 p. 100 et 7,7 p. 100 de mortalité. Au contraire, pour le fœtus, on constate que les mois les plus propices sont le quatrième et le cinquième. On se rend'compte facilement que, dans la totalité des,cas, c’est la première moitié de la grossesse qui comporte le moins de dangers pour la femme enceinte et le fœtus; il est vrai que c’est au voisinage du terme que se rencontrent surtout les cas graves et que le chirurgien a, presque toujours, la main forcée pour opérer à ce moment-là; de même, le début du travail n’a-t-il pas une action des plus néfastes sur les lésions appendiculaires qui paraissent endormies et n'est-il pas le grand responsable d’un grand nombre de péritonites diffuses. F
IL est également de la plus haute importance de savoir ce que deviennent les femmes enceintes opérées d’appendicectomie au cours de leur grossesse et comment s'effectue l’accouchement. Dans les différentes observations que nous rapportons, nous nous sommes préoccupé de l’accouchement et des suites de couches de ces opérées. Nous avons pu constater que, lorsque la grossesse continuait, l'accouchement s’effectuait très normalement; par mesure de prudence, on fait une application de forceps pour ne pas prolonger les contractions utérines et, dans les cas que nous avons observés, les suites de couches se passent très normalement.