Maurin. Loc. cit., p
deux intestins à leur face inférieure. C'est une dépression à peu près constante et parfois très profonde. ({ Elle peut admettre d'ordinaire, dit Trêves, deux doigts jusqu'à leur première articulation. » Elle s'ouvre en dehors, le sommet correspondant à la jonction de l'iléon et du cœcum, l'intestin limitant un de ses côtés, la tête du côlon, l'autre côté.
On doit se demander si, dans certains cas, l'appendice ne peut pas venir s'engager et s'emprisonner dans la fossette de Trêves ; cette disposition anatomique deviendrait ainsi une cause d'appendicite, ou plutôt de colique appendiculaire. Il ne paraît pas cependant que cette déviation anormale du diverticule ait été notée au cours des nombreuses recherches faites dans ces dernières années pour préciser les rapports de l'appendice.
4*^ Fréquence des lésions appendiciilaires. — Ces recherches ont toutefois établi la fréquence des lésions qui se produisent d'une manière plus ou moins latente à l'intérieur ou à l'extérieur de l'appendice. Hektoen, de Chicago, et Maurin se sont contentés de noter les altérations extérieures. L'un, sur 280 autopsies, a relevé 42 fois des adhérences, vestiges d'une péri-appendicite antérieure, soit une proportion de 15 pour 100. Maurin, sur 112 autopsies, a trouvé 16 fois des adliérences péri-appendiculaires, reliquat de péritonites localisées, « sans que rien, dit-il, dans les antécédents des malades eût attiré notre attention de ce côté )k
Les examens de Toft ont porté à la fois sur l'aspect extérieur et sur la cavité intérieure de l'or-
APPENDICITE ET PÉRITYPIILITE.
Fréquence
des lésions
appendiculaires
en rapport
avec des formes
légères
ou curables
spontanément.
gane. Sur un total de oOO autopsies, Toft a noté des signes évidents de lésions appendiculaires dans la proportion de 56 pour 100.
La proportion indiquée par Ferguson est moins forte. Sur ses 200 examens, 7 fois seulement il y avait évidence de lésions anciennes ou de perforation. Dans trois de ces cas, on a pu établir positivement qu'il y avait eu en effet 'perforation à une date antérieure. Dans 15 cas, il existait des corps étrangers dans le canal de l'appendice, noyaux de fruits, scybales, etc.
En réunissant ces différentes statistiques, on peut donc conclure que 20 fois sur 100 on rencontre des lésions appendiculaires, internes ou externes, à l'autopsie de sujets ayant succombé à des affections diverses.
Ces lésions anciennes, intra^.ou extra-appenïhsulaires, sont-elles restées absolument latentes^îfiÊwi dant la vie ? Se sont-elles traduites, à un moment donné, par des symptômes plus ou moins nets d'une affection abdominale? Il est impossible de le dire, puisque les statistiques ne nous fournissent aucun renseignement clinique. 11 nous semble difficile cependant d'admettre, étant donnée la susceptibilité de la séreuse péritonéale, que ces lésions soient restées complètement silencieuses pour le sujet. D'autre part, Maurin a eu soin de noter que rien dans les antécédents de ses 16 malades ne faisait prévoir les lésions trouvées à l'autopsie. Si donc il a existé chez ces malades des symptômes abdominaux, ces symptômes ont dû être assez peu graves pour ne laisser dans leur esprit qu'un souvenir
LES LÉSIO^'S. 41
incertain dont ils n'ont pas jugé à propos d'entretenir le médecin.
On est par suite en droit de penser que toute appendicite n"a pas nécessairement une évolution bruyante et qu'on peut observer des formes légères et transitoires, dont les signes sont peu marqués et le plus souvent sans doute méconnus, et qu'on range, sans préciser davantage, sous la dénomination vague de douleurs ou de névralgies abdominales, de coliques intestinales, etc.
Mais cette fréquence des lésions appendiculaires conduit encore à une autre conclusion qui n'est pas sans importance au point de vue pratique. Uien ne prouve que ces lésions soient seulement en rapport avec des appendicites légères ; il se peut, comme dans les trois cas de Ferguson, où l'existence clinique d'une appendicite avec perforation a été constatée dans les antécédents des sujets, que des symptômes sérieux aient été observés pendant la vie. On aurait ainsi la preuve anatomique que des formes graves d'appendicite peuvent guérir spontanément, ce que démontre d'ailleurs non moins formellement l'observation clinique, — et par suite une nouvelle justification de la réserve que beaucoup recommandent dans l'intervention chirur£:icale.