Bryant. Biit, med. journ., 1884, II
l'appendice adhérait à l'artère iliaque interne et s'était ouvert dans cette artère^
C. La pyléphlébite est encore une des consé- Pyiéphiébite. quences possibles de l'abcès péri-appendiculaire-. Reg. Fitz en a relevé 11 cas sur ses 257 observations d'appendicite. Cette pyléphlébite peut donner lieu à des accidents qui changent complètement l'aspect de la maladie et au milieu desquels l'appendicite disparaît oubliée et méconnue. Des extrémités des veines mésaraïques thrombosées, des embolies suppurées se portent dans le foie où elles donnent lieu à des abcès plus ou moins considérables. On a vu, dans des cas de ce genre, un abcès hépatique volumineux, consécutif à une pyléphlébite d'origine appendiculaire, perforer le diaphragme, produire une péricardite et une pleurésie purulente, qui ellemême se terminait par vomique en s'ouvrant dans les bronches.
1. PowELi.. New Orléans med and. surg. journ., 1855, XI, 468. — Barlow. Lancet, 1855.
2. Ge.ndrox. Étude sur la pyléphlébite suppurative. Th. Pains, 1885. Cet auteur rapporte 5 cas de pyléphlébite consécutive à une perforation appendiculaire. Leudet, dans son mémoire de 1859, avait signalé cette complication delà pérityphlite.
LES CAUSES
L'anatomie pathologique montre que, dans l'immense majorité des cas, la cause vraie de l'appendicite, en. tant qu'affection isolée et indépendante, est la présence d'un corps étranger dans la cavité du diverticule. Quand ce corps étranger vient du dehors, épingle, arête de poisson, noyaux de fruit, l'étiologie doit se borner à constater le fait ; l'appendicite est une simple lésion accidentelle, traumatique, qu'il n'est pas plus possible de prévoir qu'un autre traumatisme quelconque, et qu'il est bien inutile de chercher à interpréter par d'autres considérations pathogéniques. Quand le corps étranger est autochtone, quand il est représenté par une scybale, appendicite ster cor aie, on peut se proposer de rechercher les conditions qui mettent en jeu l'action de cette cause essentielle. Nous avons donc à étudier : 1° les causes qui favorisent la formation de la scybale; 2° les causes qui déterminent sa pénétration dans l'appendice et provoquent les accidents.
LES CAUSES. 81
14* — Causes prédisposantes.
Il n'est pas facile de préciser dans quelles circonstances et sous quelles influences se forment les scybales ; il nous faut donc étendre le sens de ce titre, causes prédisposantes, et comprendre sous cette dénomination non seulement les causes qui favorisent la formation des concrétions fécales, mais encore, d'une manière générale, les conditions dans lesquelles s'observe le plus souvent l'appendicite.
1° Atonie du gros intestin. — La cause la plus Rôle de raionie habituelle invoquée par les auteurs est la consti- intestinale. pation. Cependant sur 209 cas, publiés sous le nom de typhlite et de pérityphlite, et dépouillés par Reg. Fitz, on ne trouve la constipation indiquée dans les antécédents du sujet que 58 fois; et sur 257 cas d'appendicite perforante mortelle, on ne la voit notée que 15 fois. C'est peu pour justifier l'unanimité des auteurs à regarder la constipation comme cause prédisposante de l'affection.
Constipation spéciale en tout cas; car la constipation est, on peut le dire, l'état habituel de la femme , et cependant l'appendicite est quatre fois plus fréquente chez l'homme que chez la femme; d'autre part, la constipation est la règle chez le vieillard, et toutes les statistiques attestent que l'appendicite est une exception passé 40 ans.
D'un autre côté, le même relevé de Fitz montre
Comment il faut
interpréter la constipation ou la diarrhée.
Importance
de la
colite chronique.
que sur les 466 cas, 26 fois les sujets étaient atteints de diarrhée et non de constipation.
Il ne faut donc pas dire, à notre avis, que la constipation ou la diarrhée favorise le développement de l'appendicite. Constipation et diarrhée sont de nature particulière; elles sont les effets possibles, mais non certains, d'un trouble fonctionnel du gros intestin qui se rattache à ces états mal définis qu'on nomme atonie intestinale, colite membraneuse, colite muqueuse. Ce mauvais fonctionnement du gros intestin, caractérisé à la fois par une sécrétion défectueuse de la muqueuse et par des contractions insuffisantes, paresseuses ou inégales de la couche musculaire, se traduit plutôt par des douleurs sourdes du ventre, par une tension anormale de l'abdomen, par des selles irrégulières, tantôt glaireuses, tantôt sèches, que par une constipation ou une diarrhée proprement dites.
Je crois que cette colite chronique est la cause la plus ordinaire des concrétions fécales. Les matières mal liées se déposent en petits amas dans les culs-de-sac et les hernies de la muqueuse, s'y dessèchent et s'y concrètent en boulettes par le mécanisme que nous avons indiqué plus haut.
On objectera que les observations ne mentionnent pas ces troubles intestinaux. Mais comment s'en étonner? Ces troubles sont trop peu accusés d'ordinaire pour être regardés comme une maladie, et le sujet ne songe guère à en parler au médecin, sauf quand ils aboutissent à une véritable et opiniâtre constipation ou à des crises de diarrhée gênantes. ' On objectera encore que l'autopsie révèle d'ordi-
LES CAUSES
naire l'intégrité de la muqueuse du gros intestin. Mais il s'agit de lésions superficielles, catarrliales, qui ne sauraient laisser plus de traces appréciables à l'œil nu qu'une bronchite simple ou un coryza.
Ces formes atténuées de colite glaireuse ne sont pas rares chez les jeunes gens ; elles s'observent surtout dans l'enfance, et sont bien connues des médecins des hôpitaux d'enfants. Dans un travail récent, Jules Simon n'a pas manqué de signaler ces troubles intestinaux préparatoires et d'indiquer leur rôle dans l'étiologie de l'appendicite dujeuneâge^
2^ Régime alimentaire et maladies antérieures. — C'est par l'inlermédiaire de cette colite atonique que s'explique l'influence du régime ou des maladies antérieures sur le développement de l'appendicite. Pour le régime, on a dit que les gros mangeurs sont prédisposés à cette affection ; de même une alimentation indigeste, ou trop épicée, trop azotée, crée la même susceptibilité. C'est ainsi qu'on explique la fréquence de l'appendicite chez les Anglais et les Américains. Mais ces vices de régime sont les causes les plus ordinaires de l'irritation chronique du gros intestin.
Quant aux' maladies antérieures, fièvre typhoïde, fièvres éruptives (Leudet), dysenterie, qu'on regarde comme favorisant l'appendicite, leur rôle doit s'interpréter par les lésions qu'elles ont pu créer et laisser après elles sur la muqueuse du côlon, ces lésions entretenant la tendance à la distension ato-
Influcnce du régime.
Maladies antérieures.