‹ Appendicite et pérityphliteChapitre 27 sur 52 · W.-H. Rassom. Royal med. and surg. Society, 10 nov · texte numérisé non relu

W.-H. Rassom. Royal med. and surg. Society, 10 nov

actinomycosique.

86 APPENDICITE ET PÉUITYPIILITE.

profonde montre dans la région du cœcum une niasse solide Yolumineuse, très sensible à la pression. Au bout de six semaines, il se produit une thrombose de la veine iliaque interne droite. L'ne ponction aspiratrice faite dans la région située on arrière du caecum ne donne aucun résultat.

Quatre mois après le début de la maladie, une petite tumeur apparaît au-devant de l'épine iliaque antérosupérieure, et deuxjours après, cette tumeur s'ouvre et donne issue à un peu de pus fétide. On élargit l'ouverture par laquelle s"écoule une once de pus fécaloïde. Dix jours après, contre-ouverture dans la région lombaire, qui donne encore issue à du pus fétide et fécaloïde, à des gaz, à des masses membraneuses, à de petits amas de matières fécales.

Six mois après le début de l'affection, on pratique une large incision et on introduit dans le foyer un large drain. Il ne s'écoule que peu de pus pendant et après cette opération. Ce n'est que deux ou trois jours plus tard qu'on trouve enfin dans le liquide fécaloïde des sphères ou colonies d'actinomycètes. L'opération ne produisit d'ailleurs aucune amélioration. Le malade succomba le huitième mois de la maladie.

L'autopsie ne montra rien d'important à noter en dehors de l'abdomen. Il n'y avait pas de péritonite généralisée. L'appendice vermiforme apparaissait tortueux et englobé dans des adhérences. En arrière du cascum existait un abcès à parois irrégulières avec de nombreux prolongements se continuant jusqu'aux incisions cutanées, s'étendant en

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dedans jusqu'à la colonne vertébrale, remontant jusqu'au voisinage du rein et descendant jusqu'au ligament de Poupart.

Près de l'appendice, le tronc iliaque et la veine iliaque externe étaient compris dans le tissu gangrené. La veine cave et la veine iliaque gauche avec ses affluents étaient obstruées par des caillots plus récents.

Le Ccecum, ouvert, montrait sa membrane muqueuse intacte et normale, et ne communiquait pas avec la cavité de l'abcès. L'appendice était très déformé, contourné ; il était dilaté au voisinage de l'ouverture dans le caecum ; sa surface interne était irrégulièrement érodée, avec deux ou trois perforations conduisant dans le foyer purulent. Quelques grains d'actinomycètes furent trouvés en lavant ces parties, mais on n'en découvrit aucun in siiu, ni sur les coupes des parois indurées de l'abcès, ni dans les caillots veineux des iliaques. Par contre, le contenu purulent d'un abcès métastatique du foie aussi bien que les parois de cet abcès montraient des granulations mycoriques.

5" Convalescence des maladies aiguës. — L'appen- Convalescence dicite se produit parfois dans la convalescence des maladies aiguës ; on l'a signalée à la suite de la fièvre typhoïde; nous l'avons vue chez une vieille femme dans la convalescence d'une pneumonie. Nous ne croyons pas à une influence directe de la maladie aiguë sur le développement de l'appendicite, mais à une simple action prédisposante- Un traumatisme, une fracture, une blessure, peuvent avoir les mêmes conséquences en condamnant le blessé à

des maladies.

Repos

et immobilité

prolongés.

Fréquence des récidives.

Fréquence dans la première moitié de la vie.

un repos et à une immobilité prolongés, contraires à ses habitudes.

Dans ces conditions, l'atonie du gros intestin est la règle, et le dérangement des fonctions intestinales provoque des troubles digestifs ou oblige à l'emploi de purgatifs répétés, qui sont la véritable cause de l'appendicite. Peut-être aussi le relâchement des parois appendiculaires favorise-t-il, dans une certaine mesure, la pénétration des concrétions fécales.

¥ Récidives. — L'existence d'une crise antérieure d'appendicite est une des causes prédisposantes les plus nettes. On doit penser, ou bien que le corps étranger reste enclavé dans l'appendice, constituant par sa présence une épine inflammatoire toujours prête à provoquer de nouveaux accidents ; ou bien que, la scybale déplacée, les lésions déterminées par une première poussée plilegmasique persistent à l'état subaigu, se réveillant de temps à autre sous l'action d'une des causes déterminantes que nous allons dire; ou bien, enfin, que le passage du corps étranger laisse le canal dilaté et élargi et que cet élargissement facilite dès lors l'entrée de nouvelles concrétions.

5° Age. — La fréquence de l'appendicite dans la première moitié de la vie est telle qu'elle autorise à faire de l'âge une des causes prédisposantes de l'affection. Toutes les statistiques concordent sur ce détail.

Seule, la statistique d'Einhorn aboutit à une conclusion diamétralement opposée; ce qui prouve, entre parenthèses, qu'on peut tout obtenir des

LES CAUSES

statistiques. D'après Einhorn, la pérityplilite atteindrait plus particulièrement les personnes âgées, et la prédisposition à la maladie s'accentuerait à partir de 60 ans. Il faut ajouter que le relevé d'Einhorn est fait uniquement de cas mortels et d'autopsies ^

La plus ancienne statistique, celle de Bamberger, donne, pour 75 cas, les chiffres suivants :

Au-dessous de 2 ans 2 cas.

De 15 à 20 ans 20 —

De 20 à 50 ans 52 —

De 50 à 40 ans i) —

De 40 à 50 ans o —

Au delà de 50 ans 5 —

Paulier, sur 49 observations, trouve 51 cas de 10 à 50 ans; Maurin, sur 69, compte 54 cas entre 10 et 25 ans.

La statistique la plus étendue est celle de Reg. Fitz. Sur 228 cas d'appendicite, l'auteur américain indique les proportions suivantes :

De 20 mois à 10 ans

. 22 cas

De 10 à 20 ans. .

De 20 à 50 ans . .

De 50 à 40 ans . .

De 40 à 50 ans . .

De 50 à 60 ans. .

De 60 à 70 ans. .

De 70 à 70 ans. .

On voit que le relevé de Fitz donne au-dessous 1. EixHORN. Munchener med. Woch., 1891, p.' 121 et 140.

chez l'enfanl.

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de 50 ans à peu près la même proportion d'appendicites que celui de Bamberger, 76 pour 100, au lieu de 72 pour 100. Entre 50 et 40 ans, le chiffre tombe à ib pour 100. Au delà de 40 ans, l'affection peut être considérée comme une rareté. Le maximum de fréquence paraît être de 10 à 20 ans, c'est-à-dire pendant l'adolescence.

Frcquence Dans l'enfance proprement dite, l'opinion com-

mune est que l'appendicite est rare. C'est peut-être vrai pour la première, mais non pour la seconde enfance. La statistique de Fitz indique une proportion de 10 pour 100. Matterstock, sur 72 cas d'appendicite infantile, donne les chiffres suivants' : 2 au-dessous de 2 ans; 10 entre 2 et 5 ans: 25 entre 5 et 10 ans; 55 entre 10 et 15 ans.

Le cas le plus précoce d'appendicite est, d'après Fenger*, celui d'un enfant de sept semaines, à l'autopsie duquel on trouva une péritonite diffuse et l'appendice dilaté et rempli de concrétions fécales dures, solides et adhérentes. Silbermann a vu un cas de péritonite consécutive à une pérityphlite chez un enfant à la dernière période de la lactation. Matterstock rapporte un exemple d'appendicite chez un enfant de 7 mois, et un autre chez un enfant de 20 mois. Monks en a publié un cas remarquable chez un petit garçon de 15 mois; l'appendice fixé dans le scrotum et enflammé donna lieu à un abcès intra-scrotal dont le pus fut retiré par aspiration ; l'appendice fut ensuite excisé deux semaines plustard sans autre incident-. Enfin,

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