‹ Appendicite et pérityphliteChapitre 41 sur 52 · Kirkbride. Times and Register, oct · texte numérisé non relu

Kirkbride. Times and Register, oct

LES ERREURS DE DIAGiNOSTIC.

cune évacuation. Le cinquième jour, le malade vomit à plusieurs reprises. Le diagnostic d'appendicite, avec obstruction intestinale, parut évident au médecin traitant, à un deuxième confrère et à un chirurgien appelé en consultation. Une opération fut décidée.

Mais la famille s'y refusant, c'est alors que le D"" Kirkbride fut appelé, le septième jour. La température était de 57°, 5, la respiration à 56, le pouls à 150. Le malade vomissait tout ce qu'il prenait et avait même eu des vomissements fécaloïdes. Après une injection hypodermique de morphine, puis de strychnine, un lavement purgatif, suivi de plusieurs doses de sulfate de magnésie, administrées d'heure en heure, amena une débâcle, après quoi l'enfant s'endormit tranquillement.

A pariir de ce moment, la fièvre typhoïde reprit son cours régulier, avec la courbe ordinaire de la température et l'éruption de taches rosées caractéristiques.

B. Aspect cachectique. — Bien que l'appendicite subaiguë puisse donner lieu à l'erreur, quand la suppuration se fait insidieusement et sourdement avec accompagnement d'une fièvre rémittente à exaspérations vespérales, c'est surtout l'appendicite chronique à rechutes qui peut être prise pour une péritonite tuberculeuse. Nous connaissons un malade qui, ayant eu déjà deux crises d'appendicite aiguë, présenta à la troisième de tels symptômes de cachexie intestinale avec amaigrissement extrême, légère fièvre hectique, etc., que le médecin n'hésita pas à diagnostiquer une tuberculose en-

L'appenJicite

à rechutes peut

être prise

pour

une péritonite

tuberculeuse.

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léro-péritonéale ; et si profonde était sa confiance en ce diagnostic qu'il trouva même, à un moment, des craquements secs au sommet de l'un des poumons. Le malade finit par se remettre au bout de de cinq à six mois. Il s'est marié, a des enfants, jouit d'une santé parfaite, et depuis douze ans n'a jamais eu le moindre symptôme qui pût faire croire à l'existence d'une tuberculose pulmonaire ou péritonéale.

L'appendicite à rechutes, surtout quand elle est en rapport avec la pt^rsistance au voisinage de l'appendice d'un petit clapier purulent, source d'infection putride, peut en effet reproduire une symptomatologie qui ne diffère guère de celle de la péritonite tuberculeuse chronique. C'est le même aspect général, avec amaigrissement, teint terreux du visage, faciès abdominal; les mêmes accès fébriles à intermittences vespérales, les mêmes alternatives de diarrhée et de constipation avec ballonnement du ventre, les mêmes poussées aiguës avec nausées et vomissements. Un examen minutieux, un interrogatoire attentif, une observation prolongée du sujet, sont nécessaires pour arriver à se prononcer; et encore parfois est-il impossible de le faire avec certitude.

iJappoits Q'est qu'en effet les deux choses, tuberculose et

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avec la appendicite, peuvent coexister, et le lait n est pas tuberculose. al)solument rare. Il convient à ce point de vue de distinguer trois catégories de cas :

1° L'appendicite se produit par le mécanisme ordinaire, appendicite traumatique ou stercorale, chez un tuberculeux, à une période quelconque de

sa tuberculose, sans qu'il y ait à proprement parler de lésion tuberculeuse de l'intestin.

2° L'appendicite est due à la propagation d'une entéro-colite tuberculeuse à la muqueuse appendiculaire, avec ulcération spécifique de cette muqueuse, et fmalement perforation au niveau de l'ulcération. Ces cas sont exceptionnels et, jusqu'à présent, très peud' observations de ce genre ont été publiées.

5" L'appendice n'est plus en cause; les lésions siègent dans le caecum même ; c'est bien exactement une typhlile tuberculeuse. L'inflammation TypWite

,.11 , tuberculeuse.

ulcéreuse de la muqueuse a pour conséquence un épaississement des parois caecales avec péritonite granuleuse limitée à la région, le tout formant une tumeur plus ou moins nettement délimitable dans la fosse iliaque droite. Celte tumeur, jointe à la durée de la maladie et à l'état cachectique du sujet, fait du reste plutôt penser à un cancer du caecum qu'à une appendicite. Billroth a présenté à la Société impériale de médecine de Vienne un cas de ce genre, ayant donné lieu à des accidents d'obstruction; c'est le diagnostic du cancer qui avait été porté'. La même impression ressort des observations communiquées à la Société anatomique par MM. Pilliet, Hartmann et Broca^ Dans un des cas de Pilliet, l'autopsie a montré le caecum réduit à une sorte d'ampoule, du volume d'une petite

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