‹ Appendicite et pérityphliteChapitre 47 sur 52 · Roux. Rev. méd. de la Suisse romande, avril · texte numérisé non relu

Roux. Rev. méd. de la Suisse romande, avril

simplement fibrineiise: la fièvre est tombée, l'état général va s'améliorant chaque jour. Si au contraire la péritonite estsuppurée, la détente est incomplète; la fièvre persiste, non plus élevée et continue comme dans les premiers jours, mais irrégulière, normale le matin, montant seulement à 58*^,6, 59 le soir, s'accompagnant d'un malaise général, d'une agitation, qui peuvent se calmer dans la matinée, mais qui reprennent dans la soirée ou la nuit. Aussi convient-il de suivre de près les malades, de les examiner plusieurs fois par jour, non seulement pour noter ces variations de l'état fébrile, mais pour apprécier les modifications présentées par les phénomènes locaux, l'augmentation de la tumeur, la tendance possible à l'extension de la péritonite.

Passé le huitième jour, on doit penser que ces symptômes d'aggravation sont en rapport avec la présence d'un épanchement purulent, et dans les formes franchement aiguës, on ne tarde pas en effet à voir la température remonter de nouveau vers le dixième et douzième jour, et cette nouvelle ascension ne permet pas de douter de la suppuration.

Mais il ne faut pas oublier que la purulence peut Cas obscurs. exister sans grand mouvement fébrile, et même chez des malades absolument apyrétiques, que les signes de péritonite peuvent être à peine marqués, qu'il existe en un mot des cas à évolution anormale répondant aux formes que nous avons classées sous le nom d'appendicite subaiguë. Il est bien rare ici que le diagnostic puisse être fait de bonne heure; aucune règle d'ailleurs ne pourrait être

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formulée; on se fondera siu'lout, pour admettre l'existence d'une collection de pus, d'une part, sur la constatation d'un empâtement profond plus ou moins bien dessiné, de l'autre, sur le mauvais état général du sujet, sur son aspect cachectique, sur la tendance aux accès fébriles intermittents ou rémiltenls, etc.

Tant que l'appendicite s'est appelée typhlite, tant qu'on a cru que les lésions siégeaient dans le ccecum, le traitement est resté presque exclusivement médical. Et il ne pouvait en être autrement; on ne pouvait évidemment songer à inciser le gros intestin. Le chirurgien n'intervenait que la main forcée pour ainsi dire, quand le pus collecté, après des ravages» internes plus ou moins étendus, venait pointer sous la peau en quelque partie de la paroi abdominale, c'est-à-dire le plus souvent trop tard, pour sauver le malade.

Déjà cependant, il y a 35 ans, un chirurgien incision précoce américain, le docteur Lewis, de New-York pré- recoinniandce conisait l'incision précoce ^ Réunissant 47 cas de pérityphlite suppurée, traités par les moyens ordinaires, il ne relevait qu'une guérison. 11 en concluait avec logique que ces moyens étaient insuflisants, qu'il ne fallait pas attendre que le pus vînt se collecter sous la main pour intervenir, et qu'on devait lui donner issue dès qu'on pouvait en soupçonner la présence dans la fosse iliaque.

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