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éprouva pendant quelques jours. D'abord très fortes le premier jour, elles cessèrent bientôt complètement; on pouvait croire le malade guéri; il était dans un calme profond. Tout à coup, au milieu de ce calme une douleur vive se fait sentir dans le bas ventre, suivie des symptômes d'une péritonite intense et de mort en i8 heures, w
Les deux phases de l'affection, phase appendiculaire et phase péritonéale, se trouvent nettement indiquées. Mêlier ne se trompe pas d'ailleurs sur l'interprétation des accidents.
(( J'explique, dit-il, ainsi les divers accidents et leur succession. Des matières fécales se sont accumulées dans l'appendice Cfecal; cet appendice dilaté petit à petit s'est enflammé par une sorte d'engouement, puis gangrené et enlin déchiré. Les premiers accidents, c'est-à-dire les coliques, tenaient probablement à la distension et à l'inflammation de l'appendice. Sa rupture aura donné lieu à l'épanchement, qui lui-même paraîi; être la cause de la péritonite. »
Tout en signalant la rareté apparente de ces affections de l'appendice, il ajoute : « Remarquez toutefois que les cinq observations qui font le sujet de ce mémoire ont été recueillies dans un intervalle de temps assez court, et deux d'entre elles par le même médecin ; ce qui porterait à croire que si ces affections n'ont pas été plus souvent Mêiier a bien vu observées, c'est qu'on n'a pas donné assez d'atten- ^'^'^j"'"^^^^'^*^ tion à l'appendice, organe réputé peu important, des lésions et dont, à l'ouverture des cadavres, on néglige de 3PP*^"dicuiaire3, constater les lésions, »
11 a soin d'ailleurs d'indiquer que ces inflammations de l'appendice doivent être distinguées de l'accumulation des matières fécales dans le csecum et le gros intestin en général, affection beaucoup plus commune qu'on ne pense, surtout chez la femme. Cette accumulation stercorale donne lieu à des accidents tout différents des lésions de l'appendice, accidents que, par analogie avec ce qui se passe dans la rétention d'urine, il propose de décrire sous le nom de fièvre stercorale.
Enfin, non seulement Môlier a exactement vu et expliqué les causes, les caractères et les conséquences de l'appendicite ; mais il a encore pressenti et indiqué la possibilité du traitement chirurgical. Il a pressenti (( S'il était possiblc, dit-il, d'établir d'une ma-
^^chirurc^icai"' i^^èrc certaine le diagnostic de ces affections, on concevrait la possibilité d'en débarrasser les malades au moyen d'une opération. On arrivera peutêtre un jour à ce résultats »
Ainsi Mêlier avait vu et bien vu le rôle prépondérant des lésions appendiculaires dans les inflammations de la fosse iliaque droite, et cela à l'exclusion du prétendu engorgement fécal du csecum. 11 n'y avait qu'à suivre la voie si bien indiquée et tracée par lui pour en arriver rapidement au point où la question a été menée aujourd'hui, mais après avoir dévié pendant cinquante ans de son point de départ.
Le mémoire de Ménière paru l'année suivante,
1. Mêlier. Mémoire et observations sur quelques maladies de l'appendice csecal. Jourii. gën. de méd., de chir. et de pharm., 1827, C, p. 517.
l'idée que les lésions occupent le tissu cellulaire de la fosse iliaque, plus tard le mémoire d'Albers, firent perdre complètement de vue le travail de Mêlier. On ne vit et on ne voulut voir que le Déviation caecum ; on créa au csecum une pathologie et même ^^ ^^ question, une physiologie spéciales; et l'appendice continua à être réputé « un organe peu important, et dont, à l'ouverture des cadavres, on néglige de constater les lésions )) .
De temps à autre cependant paraissait un mémoire, sous le titre de perforation spontanée de l appendice, ajoutant quelques faits nouveaux aux observations de Louyer-Villermay et de Mêlier, la thèse de IJodart, celle de FavTe, le travail de Forget, celui de Leudet*. Mais tous ces auteurs tendent à séparer les conséquences de ces perforations des lésions et des symptômes attribués à la typhlite. Ils ne voient dans la perforation qu'un accident toujours mortel, cause de péritonite généralisée.
Et c'est ainsi que peu à peu s'établit l'opinion, qui compte encore aujourd'hui des partisans, mais qui en comptera désormais de moins en moins, à savoir que les formes graves et mortelles de la typhlite sont dues à une perforation de l'appendice, les formes bénignes et curables, à une inflammation du csecum et du tissu cellulaire qui l'avoisine.
1. BoDART. Th. Paris, 1844. — Favre. Th. Paris, 1851. — Forget. De la péritonite par perforation de l'appendice iléo- ... .
cœcal. Gaz. mécl. de Strasbourg, 1853. — Leudet. Arch. gén. de méd., 1859:
S. — L'appendicite des Aiiiéricaiiiï!$.
Mémoire de Reg. Fitz.
Importance prépondérante
Ce sont les chirurgiens et les médecins des États- Unis qui ont replacé la question sur le terrain où l'avait posée Métier, et qui par leurs opérations précoces ont démontré que dans tous les cas, graves ou bénins, l'appendice est toujours le siège primitif de la lésion.
Le mémoire capital sur cette matière est le travail de Reginald Fitz, de Boston, publié en 1886 dans le American journal of médical sciences. Dans ce travail, Fitz réunit 209 cas de typhlite et de pèrityphlite et 257 cas d'appendicite perforante. Il montra que les symptômes sont les mêmes dans les deux ordres de faits. Il étudia avec soin les conséquences de la perforation. Il établit que la péritonite n'est pas toujours généralisée; qu'elle peut se circonscrire sous forme d'une collection purulente enkystée. Il donna les caractères de la tumeur formée par cette péritonite localisée, les modes divers d'évacuation du pus, les complications qui peuvent survenir si la maladie est laissée à ellemême. Il insista sur la fréquence des scybales comme cause de la perforation appendiculaire. Il conclut enfin en faveur de l'intervention chirurgicale précoce ^
Il est juste de dire que la plupart de ces faits avaient été signalés déjà antérieurement en Europe.
1. Reg. Fitz. Perfor. inflammation of the vermiform appendix. American Journ. of med. sciences, oct. 1886, p. 521.
Dès 1879, Biermer disait que « la pérityplilite est de l'appendice toujours la suite d'une perforation appendiculaire ^"enTurop? causée par une concrétion stercorale ^) . Matterstock, en 1880, relevait la fréquence des concrétions dans l'éliologie de ces perforations. AYith, au congrès de Copenhague, déclarait que les lésions de l'appendice peuvent déterminer trois variétés de péritonite : une péritonite généralisée, une péritonite circonscrite, et une péritonite adhésive. Il avançait même que les typhlites terminées par résolution ne sont pas autre chose que des péritonites appendiculaires adhésives. Nous-même, en 1882, insistant sur le rôle pathogénique des scybales, nous avions montré que le corps étranger ne perfore pas l'appendice à la manière d'un agent traumatique, mais qu'en étranglant la circulation des parois du canal, il favorise l'inflammation microbienne de ces parois et par suite leur gangrène et leur ulcération.
Mais tout en ne méconnaissant plus l'importance du rôle de l'appendice, on n'en continuait pas moins à admettre, à côté des inflammations perforantes de cet organe, des inflammations csecales et péri- Ccecales avant leur orioine dans le csecum même.
Dans un second travail, complément et conclusion du premier, Fitz en 1 888 n'hésita pas à affirmer que les états décrits sous les noms de typhlite, de péri ou de paratyphlite, de péritonite appendiculaire, d'abcès pérityphlitique, n'étaient que des phases ou des variétés d'une même affection, l'inflammation de l'appendice vermiforme ou appendicite *.