I. Observation de PAGNIEZ, PLICHET, LOUTSCH et MARCHAND
M... (Emilio), âgé de trente sept ans, entre à l’hôpital Saint- Antoine, le 14 février 1930, avec une ascite considérable. Ce malade, depuis le mois de septembre précédent, a ressenti quelques malaises, quelques troubles digestifs peu importants ; mais ce n’est que dans le courant de janvier qu’il a remarqué une augmentation de volume de son abdomen. II y a quinze jours, on l’a ponctionné en ville, et on a retiré environ dix litres de liquide. Celui-ci s'est reformé rapidement, ce qui motive l’entrée à l’hôpital.
On est en présence d’un malade fatigué, émacié, subictérique, dont l’abdomen volumineux et les membres inférieurs œdémaciés font contraste avec un thorax très amaïgri. L’ombilic est saillant ; il y a, à son niveau, une véritable poche de la grosseur d’une balle de tennis qui est remplie soit de liquide, soit d’anses intestinales que l’on fait du reste facilement rentrer dans l’abdomen à travers un anneau qui admet presque deux doigts. L’ascite a tous les caractères d’une ascite libre et sa quantité empêche la palpation du foie et de la rate. On remarque encore une circulation collatérale péri- et susombilicale très développée.
En dehors d’urines rares, chargées en urates, ne contenant ni sucre, ni albumine, il n’y a pas de signes d'insuffisance hépatique, en particulier ni hémorragies, ni pétéchies.
Tension 12/8. Pas d’hémorroïdes. Aucun signe nerveux. Poids 82 kilos. Le malade avoue, sans difficulté, qu'il a fait des excès de boisson et que, malgré les avertissements reçus l’année dernière au cours d’un ictère apyrétique qui rétrocéda en quinze jours, il continua de boire. Dès le lendemain de son entrée, on ponctionne le malade et on retire quinze litres d’une ascite jaune citrin. Le foie, devenu accessible à la palpation, apparaît petit. Le poids passe de 82 kilos à 67 kilos 800. Puis
on établit un traitement par ie régime, par des diurétiques et. des injections d'extrait hépatique. Une certaine diurèse s’établit, l'’œdème des membres inférieurs régresse et le poids descend jusqu'à 64 kg. Goo. Mais à la fin du mois de février, le malade reprend peu à peu du poids; l’ascite qui n'avait pas complètement disparu, devient plus importante, Le 17 mars, il pèse 72 kilos. On le ponctionne de nouveau, et l’on retire huit litres.
À ce moment, est institué le traitement par la diathermie à raison de trois séances par semaine : diathermie transabdominale par plaque lombaire et plaque antérieure dans la région
hépatique. Durée : vingt minutes. Intensité : un ampère et demi (J.-H. Marchand).
Dès la quatrième séance, l’ascite cesse d'augmenter, puis commence à diminuer. Le poids qui est suivi régulièrement par pesée tous les deux jours dessine une courbe descendante, en même temps que l'état général commence à s'améliorer. Après quinze séances de diathermie le traitement est suspendu (voir fig. t).
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