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Le 11 juin, trois semaines après la fin du traitement, l’ascite tend à réapparaïître; une nouvelle série de diathermie est commencée. Comme la première fois, la courbe du poids reste ascendante pendant les premières séances. À partir de la cinquième et alors que le malade pèse 71 kilos, la courbe du poids s’infléchit, et à la douzième séance, le malade ne pèse plus que 66 kilos sans avoir suivi aucun autre traitement que la diathermie (voir fig. 2).
Depuis trois mois, sans aucun traitement, sans autre régime que celui des convalescents de l'hôpital, en supprimant bien entendu toute absorption d’alcool, le poids du malade oscille
entre 64 et 66 kilos. La paroi abdominale toute plissée avec une poche flasque au niveau de l’ombilic témoigne de l'importance qu'a eue l’ascite. Celle-ci d’ailleurs ne paraît pas complètement disparue, alors que les œdèmes des jambes sont, depuis longtemps résorbés. Mais l’état général du malade est excellent. I] est véritablement transformé. Il circule, il songe à reprendre son métier et à retourner en Italie.
Les auteurs concluent de cette observation
« Nous ne croyons pas que la diathermie ait encore été utilisée dans le traitement des ascites cirrhotiques. Le résultat que nous a fourni cette tentative nous paraît très encourageant, car l’action sur la résorption a certainement été ici très importante ainsi qu’en témoigne l’étude de la courbe du poids régulièrement relevé tous les deux jours. On y voit nettement l'influence de la diathermie qui, les deux fois, à partir de la quatrième séance, infléchit la courbe jusque-là ascendante vers une baisse qui s’accuse ensuite. En même temps que se résorbait l’ascite, l’état général s’améliorait considérablement et il est aujourd’hui très satisfaisant. Quelque heureux qu'ait été l'effet obtenu, il ne nous vient naturellement pas à l'esprit de parler de guérison de cette cirrhose. C’est toutefois un résultat assez remarquable, nous semble-t-il, que d’avoir enregistré cette rémission.
Nous avions déjà, il y a quelques années, fait un essai analogue et obtenu dans un cas d’ascite à répétition l'arrêt momentané de la reproduction du liquide. Mais l’effet ne s'était pas maintenu comme dans le cas présent et nous avions dû renoncer au traitement retenant seulement de cette première tentative l’indication d’une action probable ».
IT. Observation de HUET et BLANCSTEIN.
En janvier 1930, une malade âgée de trente-huit ans est envoyée par le docteur Blancstein au docteur Huet pour examen radiologique des poumons. Cette malade avait, en effet, tous les caractères d’une tuberculeuse avec début de péritonite,
puisque d’une part elle présentait une atteinte profonde de son état général avec asthénie marquée, amaigrissement de vingt kilos, sueurs profondes, anorexie, et d'autre part, un état local des plus alarmants : ventre un peu ballonné avec un très léger degré d’ascite. L'examen radioscopique des poumons fut négatif et la seule chose que j'ai cru devoir signaler alors était l’existence d’une hépatomégalie très marquée sans splénomégalie, hépatomégalie solitaire du type de celles que l’on rencontre au cours des cirrhoses éthyliques. Je perdis la malade de vue pendant quelques mois, pendant lesquels son état s’aggrava singulièrement.
L’ascite ayant augmenté brutalement contraignit le docteur Blancstein à la ponctionner coup sur coup, et à évacuer successivement dix, quinze et vingt litres de liquide à chaque ponction. La malade s’affaiblissait, devenait cachectique au point qu’on l’envoya à la campagne où on lui fit une première ponction. Puis devant la répétition rapide du liquide, on la renvoya chez elle avec le pronostic le plus pessimiste. Le docteur Blancstein essayant alors de la ponctionner ne ramena qu’une très faible quantité d’un liquide hémorragique qui fit suspendre l'intervention. C’est alors que devant l'échec de toutes les thérapeutiques médicales instituées, la malade n’urinant presque plus. 750 c.c. par jour, ayant de l’œdème des jambes, ne réagissant ni au Diurène, ni au Néptal, son médecin ayant lu les travaux de Pagniez sur la diathermothérapie, me pria de tenter cette thérapeutique en désespoir de cause. En mars, elle avait alors un tour de taille de 130 cm., une ascite considérable, un ventre tendu avec un ombilic déplissé et faisant hernie, une circulation collatérale importante. Je lui fis une première série de vingt séances de diathermie transabdominale avec une large plaque indifférente dans le dos de 30 X 40 cm., et une plaque plus petite sur la région hépatique de 24 X 30 cm. Dès la dixième séance, la malade se sentait mieux. Elle urinait quotidiennement un litre et demi et parfois deux litres, l’œdème des jambes disparaissait, elle dormait sans narcotique, le tour de taille tombait à cent-vingt
centimètres. À la fin de la première série de vingt séances, l'amélioration était tout à fait nette, l’ascite diminuaiït. Puis la malade commença à se lever. elle s’alimenta. Après une interruption d'un mois en mai, nous reprenons uñe nouvelle série de vingt séances de diathermie. Nouvelle amélioration le tour de taille tombe à cent-dix centimètres, la diurèse devient de plus en plus abondante, la malade urine chaque jour de deux à trois litres; elle mange normalement et reprend du poids. À la fin de la série, elle n’a plus que cent cinq centimètres de tour de taille. Après un mois d'interruption, nous faisons une nouvelle série de vingt séances de diathermie qui entraîne la guérison de cette malade.
Nous la revoyons après les vacances. Elle est transformée. Son état est redevenu normal. Sa taille a repris des dimensions normales. Son abdomen ne semble pas avoir été capable de contenir une telle quantité de liquide. Elle a engraissé de vingt-sept kilos. Elle à repris une vie tout à fait normale. Nous pouvons donc la considérer comme guérie, ce qui prouve l'efficacité de la diathermie sur les poussées congestives de la cirrhose hypertrophique entraînant une ascite considérable.
ITT. Observations du Docteur MARCHAND.
A) La première observation date d'octobre 1925 à février 1926. IT s’agit d’une femme présentant depuis 1918 une ascite ponctionnée à plusieurs reprises. À son entrée à l’hôpital, elle présentait un gros foie, une rate percutable sur quatre travers de doigts ; il existait, en outre, une albuminurie, mais pas de signes d'insuffisance hépatique. L’ascite est ponctionnée ; on retire treize litres de liquide, et comme le montre le graphique 1, le liquide se reproduit rapidement puisqu’en un mois la malade a regagné son poids primitif de 79 kg. 500.
Une deuxième ponction le ramène à 67 kilos et immédiatement l’ascite se reproduit à tel point qu’en moins de six
semaines, le poids a dépassé 80 kilos. malgré une série de
a en
douze séances de diathermie commencée dix jours après la ponction.
Cette série ne semble donc avoir en rien influencé la reproduction du liquide et la malade subit une troisième ponction, et rentre en salle vingt jours plus tard, ne pesant que 70 kg. L'ascite nous parut donc augmenter plus lentement. Nous remettons immédiatement la malade au traitement diathermique. Son poids monte en cinq semaines à 76 kilos. Il y a donc manifestement un ralentissement dans la production du liquide. Une nouvelle ponction ramène le poids à 65 kilos. La malade sort de l'hôpital le 22 février 1926 pour partir à la campagne; nous la revoyons le 12 avril 1926, soit sept semaines après; son poids est de 74 kilos. La diathermie a donc chez cette malade ralenti la formation de l’ascite.
B) Il s’agit d’une malade entrée le 11 octobre 1930 à l’hôpital, et présentant une ascite depuis une vingtaine de jours. Un peu de subictère des conjonctives, mais pas de grands signes d'insuffisance hépatique. Pas de troubles digestifs; léger œdème malléollaire. Foie à limite supérieure remontée à deux travers de doigts au-dessus des mamelons ; cependant le foie n’est que refoulé ainsi que le montre la percussion faite quelques jours plus tard, après la ponction. La rate est percutable. :
Chez cette malade, l’ascite se reproduit très rapidement (fig. 2), et, malgré les séances de diathermie on est obligé en un mois et demi de pratiquer trois ponctions, retirant chaque fois une douzaine de litres de liquide. Et, subitement, un mois après l'application du traitement diathermique, le 9 janvier 1931, la malade se met à uriner abondamment (six litres par jour) et son poids tombe brusquement de 76 à 63 kilos.
Depuis cette époque. l’état général s’est maintenu excellent. Il persiste une légère matité dans les flancs sans sensation de flot. Rate de dimensions normales. Matité du foie extrêmement
réduite. Cet état persiste malgré l'absence de tout traitement et des écarts de régime.
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« En résumé, conclut l’auteur, une observation dans laquelle Je traitement diathermique a ralenti la formation de l’ascite. Un autre où la résorption de l’ascite a suivi les applications diathermiques, mais ne s’est déclarée qu'un mois après la fin du traitement.
Est-on en droit d'attribuer ce succès au traitement électrique? ».