‹ Application de la Méthode Biochimique à une nouvelle étude des Préparations galéniques de la Racine de GentianeChapitre 11 sur 46 · LÉ EE · texte numérisé non relu

LÉ EE

Gentiamarine. — La gentiamarine est un glucoside amorphe qui a été découvert par Tanrer, en 1905, à côté de la gentiopicrine.

Elle est douée d'une amertume beaucoup plus désagréable que la gentiopicrine.

Son pouvoir rotatoire oscille entre «1, = — 90° et «y = — 80°.

Elle ne possède pas de fonction lactone.

Elle est hydrolysée par l'émulsine. Tanrer lui attribue la formule :

C16H220 10 ou la formule :

Son indice de réduction enzymolytique doit être environ de 250, soit un peu plus du double de l'indice de la gentiopicrine.

Selon M. G. Tanrer, les extraits obtenus avec les plantes fraîches renferment sensiblement autant de glucoside amorphe que de gentiopicrine.

D’après les expériences de cet auteur, on doit penser que la gentiamarine provient de l’altération dela gentiopicrine sous l'influence des ferments que contient la racine de Gentiane.

Ce glucoside amorphe existe-t-il dans la racine avant tout traitement ?

J'ai eu l’occasion, au cours de ce travail, de faire sur la racine de Gentiane fraîche de nombreux essais par la méthode biochimique. Il est recommandé dans cette méthode defaire tomber la plante à essayer dans l’alcool bouillant au fur et à mesure qu’on la coupe, de façon à éviter totalement l’action des ferments. Tous mes essais ont été faits en suivant strictement ces indications. Les extraits alcooliques obtenus ont été épuisés par l’éther acétique qui dissout, selon M. G. Tanrer, la gentiopicrine et la gentiamarine. En faisant agir l'émulsine sur de tels extraits éthéro-acétiques, ii doit donc y avoir hydrolyse de ces deux glucosides, et on doit obtenir un indice de réduction bien supérieur à 111, environ de 180 (moyenne entre 111 et 250). Or, l'indice de réduction le plus fort que l’on ait obtenu est

113: la conclusion qui s’impose est que ces liquides ne renfermaient que de la gentiopicrine.

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Peut-être, la présence de glucosideamorphe dans les extraits éthéro-acétiques de M. G. Tanrer est-elle due au mode de traitement qu'il fait subir aux racines fraîches pour obtenirl'extrait alcoolique :

« De la racine de Gentiane, fraîche et mondée, est découpée, pilée grossièrement et jetée aussitôt dans 3 fois son poids d’alcool à 85°. On porte à l’ébullition, puis on retire le feu (1) ».

Il est évident que pendant le broyage de la racine, et même pendant le séjour de la pulpe dans l'alcool froid, qui ne tue les ferments que très lentement et ne les empêche pas d'agir, ces derniers ont transformé une certaine quantité de gentiopicrine en produit amorphe. M. G. Tanner a d’ailleurs réalisé, nr vitro, la même expérience en faisant agir les ferments de la Gentiane sur la gentiopicrine.

On doit donc penser que si cet auteur avait fait tomber la racine de Gentiane dans l'alcool bouillant au furet à mesure qu'il lacoupaitentranches, comme l'indiquent MM.BourquEeLor et Hérissey dans leur preparation de la gentiopicrine, il aurait obtenu uniquement le glucoside cristallisé.

Gentiine. — La gentiine est un glucoside cristallisé découvert par M. G. Tanrer, en 1905. Elle existe en très faible quantité, environ 1 pour 100 dela gentiopicrine. M. G. Tanrer l’a retirée des éthers acétiques d’où ce dernier glucoside avait crs-

tallisé.

La gentiine est à peu près insoluble dans l’eau. Elle n’est

pas hydrolysée par l’'émulsine. Sous l'influence de l'acide sulfurique à 4 pour 100 elle est hydrolysée en gentiénine, glucose et xylose, d'après l'équation :

C25H%3014L 2 H20 — CSH1206 + C5H1005 + Cl4H1005 gentiine glucose xylose gentiénine

C’est le premier glucoside connu qui donne du xylose dans ses produits de dédoublement.

(1) G. TANRET. — Loc. cit., p. 13.

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